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Rencontre avec Michel Ocelot, créateur de Kirikou

Par Anagbmf

Hier, Michel Ocelot donnait une leçon de cinéma gratuite dans l’auditorium des Beaux-Arts de Lille. Pour les non-lecteurs lents du bulbusse, Michel Ocelot est le réalisateur de Kirikou et la sorcière, entre autre, et pour citer son plus gros succès critique.

L’image qu’il me restait de l’homme avant hier soir, c’était cet homme distant dans l’interview qu’il accordait dans les bonus du DVD des triplettes de belleville, la leçon de cinéma, elle, était vraie et humaine, mis à part quelques chacals et vautours dans le public, comme d’habitude.
L’homme, qui voulait être alchimiste pour ne pas être banal et savoir se débrouiller avec les moyens du bord, s’approche, petit -enfin, pas très grand- vieilli mais se tenant droit. Il prend le micro et commence alors la leçon.
Quelques extraits de ses premiers films. Pour les 3 inventeurs, son tout premier film de 13 minutes, me semble-t-il, partait de la volonté de faire bouger des choses qui ne bougent pas à l’origine…Et puis, il faut savoir être honnête, n’est-ce pas? C’était un peu aussi pour les prix et les commandes…Il n’a reçu que les premiers.

Rencontre avec Michel Ocelot, créateur Kirikou

Rencontre avec Michel Ocelot, créateur Kirikou

Opinion personnelle, lorsque La Reine Cruelle est passée, les plans m’ont incroyablement fait penser à un Kirikou en papier, européen, et SF : je ne peux que vous le conseiller, ne tout cas.

Rencontre avec Michel Ocelot, créateur Kirikou

Rencontre avec Michel Ocelot, créateur Kirikou

En tout cas, Michel Ocelot semble être un homme profondément attaché à la tradition sans rechinier à mettre les deux pieds dans la modernité. Homme du bricolage qui ne dit pas non à la délégation, c’est ce qui l’a amené à voir sa vie changer. Humblement, il se met alors à nous parler de Kirikou. Selon ses dires, c’est un producteur qui un jour, alors qu’il était déjà à un âge avancé, a décidé de lui donner sa chance : commande d’un produit libre, traditionnel mais à consommer facilement. Des milliers de dessins aux couleurs créées par informatique sur les feuilles scannées, c’est un peu à ça que se résumer Kirkou : aucune 3D malgré ce qu’on en dit. Michel Ocelot se défend à propos du choix de l’informatique : personne ne colorise plus à la main : trop long, trop coûteux, trop méticuleux (poussière…) trop difficile, un peu, aussi. Mais ce qui l’a fatigué aussi, Michel, c’est de devoir courir entre 5 pays pour réaliser son rêve.
Voici donc que pour Azur et Asmar, le maître a décidé de se concentrer sur un seul pays. Donner sa chance au 3D, inspirant les informaticiens grâce à ses story-boards dessinés tout à fait méticuleux. Il nous parle longuement de Gabriel Yared, dont il semble être grand admirateur.

Michel Ocelot aime admirer. Aime voyager. Aime conter. Ecouter, beaucoup. Il laisse les vautours l’interrompre et les écoute de son regard grave. Il nous parle de ses projets. Il nous parle de Björk et du clip qu’il a réalisé pour elle (Earth Intruders). Björk, fouineuse professionnelle, est tombée amoureuse de Kirikou. Michel Ocelot, comme beaucoup, est tombé sous l’enchantement du défi : celui de plaire à la Reine du Nord. Que dire? Le héros du clip est le danseur expérimenté qui joue Kirikou à 20 ans, sur scène (grand dieu, quels mouvements!) ; le visage modélisé de Björk en 3D, du papier découpé, des gouttes de peinture diluées dans l’essence soufflées sur une surace d’eau, plus de l’encre de chine et du papier buvard. Une petite anecdote sur Björk : une belle robe de satin de couleurs vives, un gros manteau blanc et les points de la motion capture partout sur le visage, allant seule au restaurant, comme si de rien n’était. J’aime.
A propos des lyrics de la chanson, Björk les trouvais elle-même violents et incohérents (écrits sous le coup de l’émotion du Tsunami et de la noyade de magnifiques vallées d’Islande), alors qu’Ocelot apporte plutôt le contraire… Ils se sont alors amusés tous les deux à imaginer des onomatopées à la place de la signification des mots.

A propos de la comédie musicale, celle de Kirikou, il a su peser le pour et le contre. Au vu de ses explications, elle ne semble pas se confondre avec la masse de navets sur planches que l’on trouve ces temps-ci. Inspirée des marionettes japonaises, danseurs magnifiques qui s’essaient à la pluridisciplinarité…

Rencontre avec Michel Ocelot, créateur Kirikou

Arrivé au terme de ses explications, Michel Ocelot, visiblement fatigué mais enjoué, nous réclame des questions, toujours dans la soif d’écouter….”Causons”, dit-il.  Il explique alors ses trucs et astuces, ses rêves, ses projets : de nouveaux contes en silhouette, 10 petits contes pour tous, un spectacle plus adulte, un long métrage…

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Michel Ocelot


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