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AFGHANISTAN et maintenant qu'allons nous faire?

Publié le 03 novembre 2008 par Gilles74

Le  vote  de  nos parlementaires  de l'Assemblée  National  est  sans  appel.   Les  socialistes  eux-mêmes  admettaient  qu'un  retrait immédiat  ne  pouvait  être  envisagé  et  ce  malgré  un  vote  protestataire.   En  revanche  les  questions  posées  par  Monsieur Ayrault  devront être  reprises  et  surtout  obtenir  des  réponses  claires dans  un   très  court  avenir.   Sans  reprendre  la  fiche  publiée  sur  ce  blog (liens  ci  dessous)  concernant  les  réponses  aux  pourquoi  et  comment  rester  sur  ce  théâtre  d'opérations,  la  lecture  de  certains  blogs  révèle  des  faits  qui  ne  sont  pas  ou  partielement   connus   du  grand  public.   En  effet  pourquoi  sommes  nous  engagés  dans  ce  pays?    Quelles  sont  les  véritables  motivations qui  ont  conduit  les  USA  et  l'ONU à  engager  cette  guerre  de  "libération"?   La  destruction  des  bases  arrières  d'al quaïda  devenait  la  raison  majeure  de  cet  engagement  légitimé  par notre  conception occidentale  de  riposte  légitime  face  à une  agression   sans  précédent  aux  USA  en 2001.   Motif  qui  donnera  tout  son  sens  à la  résolution  de l'ONU  et  donc  à l'engagement  des  forces  de l'ONU  doublées  d'une  seconde  force  indépendante  sous  contrôle opérationel direct du  pentagone  Américain.   La  tentative  de  déstabilisation  orchestrée   par  les  USA  en  Géorgie  il y a  quelques  semaines  doivent  nous  amener  lucidement  à  saisir  d'autres  raisons "légitimes ou  pragmatiques "  de  l'engagement  de  l'occident  dans  cette  Asie  centrale  si difficile  à  comprendre  et  jamais  pacifiée   depuis  l'invasion  d'Alexandre  le  Grand  il  y a plus  de 2300  ans.   Certes  nous  sommes  contraints  maintenant  que  nous  y  sommes  à  rester  dans  ce  pays.   La   stratégie  c'est  à  dire  l'objectif  politico-  militaire  doit  être  entièrement  repensée  et  non  se limiter  à  une  vision étriquée  qui repose  sur  l'émotion occidentale  et  cette  notion  des  droits  de l'homme  souvent  prétexte  à dissimuler  d'autres  motifs  moins  avouables.   L'article   de Thierry  Meissan publié  sur  " réseau Voltaire"  donne  une  amorce  de  réponse  très  éloignée  de  la  perception  simpliste  ou  volontairement  simplifiée  qui a  présidé  au  consensus   depuis 2001.   Moins  de 1%  des  Français se  disaient  concernés  par  les  affaires  internationales  et  la  politique  étrangère   lors  de la  campagne  de l'élection  présidentielle.   Comme  le  disait  Marx  "on  ne  réfléchit  qu'avec  le  ventre  plein",  leurs  priorités  étaient  donc  ailleurs.    Pour  comprendre  il  faut  disposer  des  éléments    et  si possible  de l'ensemble  des  données  au  risque   alors même  avec  une  bonne  capacité  de jugement  de  se  tromper  à  coup  sûr.     article   Réseau Voltaire lien : http://www.voltairenet.org/fr

   

"Acculée en Afghanistan, l’OTAN organise un attentat au Pakistan

« L’attentat d’Islamabad, c’est le 11-Septembre du Pakistan »
par Thierry Meyssan*

Le slogan comparant l’attentat d’Islamabad et le 11-Septembre est plus réaliste qu’il n’y paraît. Ce carnage non-revendiqué sert en effet exclusivement les intérêts de l’OTAN : l’Alliance atlantique doit prendre le contrôle de toute urgence de la passe pakistanaise de Khybar pour approvisionner ses troupes en Afghanistan. Dans le cas où l’Alliance ne parviendrait qu’à rétablir partiellement sa logistique, Washington envisage de sacrifier les troupes alliées.

22 septembre 2008
Depuis
Beyrouth (Liban)

http://robocup555.blogs.nouvelobs.com/media/00/02/18929934.jpg
Un attentat d’une violence sans précédent dans le pays a ravagé l’hôtel Marriott d’Islamabad, le 21 septembre 2008. Un camion piégé, contenant une puissance explosive estimée à au moins 600 kg de TNT et diverses munitions, a creusé un vaste cratère, tué plus de 60 personnes et blessé plus de 226 autres. Commentant l’évènement à la télévision, le rédacteur en chef du Daily Times a déclaré : « C’est le 11-Septembre du Pakistan ». Ce cri a été repris par l’ensemble des agences de presse occidentales. Bien qu’il n’ait pas été revendiqué, l’attentat a été attribué par les autorités à la mouvance Al-Qaida. En réaction, le président Zardari a annoncé qu’il ne renoncerait pas et intensifierait sa lutte contre le terrorisme.
Replacés dans leur contexte, ces évènements n’ont malheureusement rien de surprenant.
Dans la foulée de l’effondrement de l’Union soviétique et de l’indépendance des États d’Asie centrale, les grandes compagnies pétrolières occidentales ont multiplié les plans pour exploiter les hydrocarbures du Bassin Caspien. La firme californienne UNOCAL a porté deux vastes projets. Le premier (dit BTC) devait relier la Caspienne à la Mer noire en passant par l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie, notamment avec l’aide du britannique BP ;

le second devait relier la Caspienne à l’Océan indien via le Turkmenistan, l’Afghanistan et le Pakistan, principalement avec l’aide du saoudien Delta Oil.
Si le BTC a été construit sans grande difficulté, il n’en fut pas de même pour le pipe-line trans-afghan. UNOCAL se heurta au chaos régnant dans le pays et se rapprocha de la Maison-Blanche pour obtenir la stabilisation de cette région. La firme engagea Henry Kissinger comme consultant, et confia la direction du projet aux ambassadeurs John J. Maresca, Robert B. Oakley et à deux experts Zalmay Khalilzad et Hamid Karzaï. Washington acheta l’aide des talibans, qui contrôlaient la majeure partie du pays. Pour ce faire, le département d’État leur accorda une subvention de 43 millions de dollars en mai 2001. Avec l’accord du G8 (sommet de Gênes, 20-22 juillet 2001), des négociations multilatérales furent alors ouvertes à Berlin avec l’Émirat islamique bien que celui-ci ne soit pas reconnu par la communauté internationale. Cependant, les talibans émirent de nouvelles exigences et elles échouèrent.
Les États-Unis et le Royaume-Uni planifièrent alors une invasion de l’Afghanistan. Fin août 2001, ils concentrèrent leurs forces navales en mer d’Oman et acheminèrent 40 000 hommes en Égypte. Le 9 septembre 2001, le leader tadjik pro-russe Shah Massoud fut assassiné, mais la nouvelle fut gardée secrète. Le 11 septembre 2001, le président Bush accusa les talibans d’être impliqués dans les attentats qui venaient de survenir à New York et Washington et leur adressa un ultimatum. Puis, les Anglo-Saxons renversèrent les talibans et prirent le contrôle du pays lors de l’opération « Liberté immuable » [1].
7 ans plus tard, le pipe-line n’est toujours pas construit et le pays est toujours en proie au chaos. UNOCAL a été absorbé par Chevron avec la bénédiction de Condoleezza Rice ; John J. Maresca est devenu le patron du Business Humanitarian Forum qui s’occupe activement de la culture du pavot en Afghanistan à des fins médicinales (sic) ; Robert B. Oakley est chargé de proposer un plan de réorganisation des institutions militaires ; Zalmay Khalilzad est devenu ambassadeur des États-Unis à l’ONU ; Hamid Karzaï a fait usage de sa double nationalité pour devenir président de l’Afghanistan transformée en narco-État.
Le Pentagone, absorbé par le bourbier irakien, a largement délégué l’occupation militaire de l’Afghanistan à ses alliés de l’OTAN. Pour approvisionner ses troupes, l’Alliance atlantique a signé un protocole avec l’Organisation du Traité de sécurité collective (sommet de Bucarest, 4 avril 2008). La logistique est acheminée via la Russie, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. Commentant cette étrange facilitée accordée à l’OTAN, le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a rappelé l’importance de la coopération internationale contre le terrorisme ; plus direct, l’ambassadeur Zamil Kabulov a déclaré à Vremya Novostei que l’intérêt de Moscou était de voir les Occidentaux s’embourber et mourir en Afghanistan.
Or le 8 août 2008, les États-Unis et Israël ont lancé les troupes géorgiennes à l’attaque des populations russes d’Ossétie du Sud. En riposte, l’armée russe a bombardé les deux aéroports militaires israéliens en Géorgie et le pipe-line BTC. Puis, le président Medvedev a réunit l’Organisation du Traité de sécurité collective qui a abrogé le protocole le liant à l’OTAN. Enfin, les médias publics russes ont soudain remis en cause le lien supposé entre les attentats du 11 septembre 2001 et la colonisation de l’Afghanistan par l’OTAN.

Ce retournement est d’autant plus grave pour l’OTAN qu’elle essuie défaite sur défaite. 54 % du territoire afghan est aux mains des insurgés. Pour leur faire face, le général David McKiernan exige l’envoi de trois brigades supplémentaires (soit 15 000 hommes, qui devraient être prélevés sur le contingent irakien). Mais il n’est évidemment plus question d’envoyer des renforts alors que les 47 600 hommes déjà présents ne sont plus approvisionnés et sont donc en très grand danger.
Pour rétablir sa chaîne logistique, l’Alliance doit impérativement trouver d’urgence une voie d’acheminement. Aucune solution satisfaisante ne peut être effective à brève échéance. Cherchant d’abord à sauver en priorité les GI’s pris au piège, le secrétaire à la Défense Robert Gates a multiplié les considérations ampoulées sur le manque de coordination entre l’ISAF, les Forces spéciales US et l’armée afghane, pour proposer en définitive de modifier la chaîne de commande. Toutes les troupes, y compris alliées, seraient placées directement sous l’autorité du CENTCOM. En d’autres termes, les Alliés n’auraient plus leur mot à dire et le Pentagone pourrait servir les troupes anglo-saxonnes (US, UK, Canada et Australie) et laisser les autres se débrouiller tous seuls (Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, etc.).
L’Afghanistan étant fermé à l’Est par une haute barrière montagneuse, le seul corridor d’approvisionnement est la passe de Khyber, située en territoire pakistanais. Elle était utilisée uniquement pour le ravitaillement des troupes en carburant. Lors du week-end prolongé de l’anniversaire de la naissance du prophète (23 avril 2008), une soixantaine de camions citerne se sont entassés au poste-frontière de Torkham. Les insurgés ont attaqué le camion central au RPG et l’ensemble s’est enflammé en un gigantesque brasier. Depuis, les convois ne se déplacent que sous bonne escorte.

Pour sécuriser la passe de Khyber, le Pentagone a bombardé des cibles suspectes en territoire pakistanais, le 3 septembre. L’ultra pro-US Ali Asif Zardari a été élu président du Pakistan, le 5 septembre. Le chef d’état-major interarmes US, l’amiral Mike Müllen, a effectué une visite surprise au Pakistan, le 15 septembre. Il a exigé que le Pakistan cède le contrôle de la passe de Khyber aux États-Unis.

Le 21 septembre, le président Zardari a prononcé son discours d’investiture devant le Parlement. Il s’est engagé à soutenir les efforts du Pentagone contre les « terroristes » afghans. À l’issue de la cérémonie, les membres du gouvernement et les parlementaires ont été invités à l’iftar (rupture du jeûne de ramadan) à la résidence du Premier ministre. La plupart d’entre eux étaient furieux à la fois parce que le nouveau président n’avait pas confirmé son engagement de rétablir les juges de la Cour suprême et par ce qu’il avait laissé entendre qu’il abandonnerait la souveraineté sur la passe de Khyber. Au cours de la réception, un camion piégé a frappé le l’hôtel Marriott où l’iftar (rupture du jeun, ndl) avait initialement été prévu. Cet attentat ne pouvait être compris par les parlementaires que comme un avertissement de l’OTAN qui n’hésiterait pas à les éliminer s’ils s’opposaient à ses projets. Au plan médiatique, cet attentat justifie la prise de contrôle US d’une portion de territoire pakistanais, comme ceux du 11-Septembre avaient justifié l’invasion de l’Afghanistan.

Intervenant à la télévision, Najam Sethi, le rédacteur en chef du quotidien libéral Daily Times, s’est exclamé : « C’est le 11-Septembre du Pakistan ». M. Sethi est un journaliste connu pour son alignement sur Washington dont il a soutenu toutes les incohérences. Ainsi a-t-il approuvé le coup d’État militaire du Général Musharraf en 1999 au nom de l’« ordre » et défend-il aujourd’hui le nouveau pion US, Ali Asif Zardari, au nom de la « démocratie » cette fois. Il a fondé le Daily Times avec des capitaux états-uniens, début 2002.
Quoi qu’il en soit, cet attentat marque l’extension de la guerre d’Afghanistan au Pakistan et remet en cause l’équilibre régional.
Thierry Meyssan in Réseau Voltaire"


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