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Wall Street le 9 novembre 1929

Par Bernard Vassor
Un article du journal l'Illustration : Une débacle financière à New York WALL STREET 1929 hauteur.jpg A gauche, le profil de la façade de Wall Street .......... Un krack financier qui n'était pas inattendu mais dont la violence soudaine a entraîné des répercussions considérable sur tous les marchés du monde vient de se produire à la bourse de New York. Il est la conséquence du mouvement excessif de hausse dont les valeurs américaines avaient été l"élévation à 6% du taux de l'escompte à Londres, que la Banque d'Angleterre décida il y a environ un mois. Cette mesure a en effet, entraîné d'importants retraits de capitaux britanniques à New York, d'autant que le krack Hatry**, sur le marché de Londres, avait, de son côté, créé de sérieuses perturbations. Mais la cause profonde est beaucoup plus lointaine : elle est dans la fièvre de spéculation qui depuis la fin de 1924 particulièrement s'est emparée du marché américain. Cependant, au printemps de l'année dernière, la Fédéral Reserve Bank avait entrevu le péril et tenté de le conjurer par une politique nouvelle qui consistait à rechercher et à raréfier l'argent mis à la disposition de la Bourse. Malgé cela, le mouvement ne fut pas enrayé et la vague de spéculation persista. Il est vrai que, pour ne pas entraver la prospérité économique, on avait limité au seul marché financier les mesures de restriction et de prudence, alors que le commerce et l'industrie continuaient à bénéficier de tous les abus de crédit. ...... Le réveil a été tragique. Il s'est traduit par une panique presque sans précédent à Wall Street, par des faillites, par des ruines sans nombre, par des suicides. Des entreprises qui jusque là, paraissaient d'une solidité à toute épreuve se sont effondrées, des milliardaires qui voguaient vers l'Europe avaient perdu toute leur fortune en y débarquant. Heure par heure, sur les paquebots de luxe, la T.S.F. les avait tenus au courant de la crise, et tous les radios (télégrammes) qu'ils avaient expédiés n'avaient point réussi à les sauver. De l'excès du mal, peut-être, naîtra peut-être un bien, non seulement pour les Etats-Unis, mais pour l'activité financière du monde, qui devra s'orienter dans une voie plus saine et retrouvera hors des illusions dangereuses de la spéculation, une prospérité moins brillante, mais plus solide.  * Note : je n'ai pas changé un seul mot de cet article de novembre 1929. **Clarence Hatry est l'inventeur du photomaton qui fit un mois avant, le 3 octobre, à Londres une faillite frauduleuse qui provoqua la nervosité des marchés boursiers à New York.

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