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24 : Redemption

Publié le 25 novembre 2008 par Tao

jack bauer est de retourJack Bauer est enfin de retour. Après une saison 6 ratée, une saison 7 reportée à cause de la grève, voici 24 rédemption, un téléfilm faisant la jonction entre les deux saisons et nous préparant ainsi à la saison 7. Deux histoires, deux visions différentes d’un problème mais une seule réalité. Alors est ce bien, est ce une nouvelle déception pour 24 ? Je répondrai comme j’ai répondu à mes amis à propos du dernier James Bond, c’est un téléfilm d’action efficace mais si vous cherchez du 24 pur et dur, il faudra attendre l’arrivée de la saison 7. Les fameux split screens sont d’ailleurs quasi absents (mais utilisé au bon moment). Ce téléfilm, c’est un peu 24 expurgé de tous ses tics, de tous ses gadgets. Sans doute une façon de revenir aux sources de l’action mais pas forcément aux sources de la série. Personnellement j’ai aimé, sans adorer. C’est un bon téléfilm mais si cela avait été une production complètement indépendante de la série télé, on n’en aurait pas beaucoup vu la différence.

Jack en Afrique : Après les événements de la saison 6, Jack a quitté les USA et a bourlingué un peu partout dans le monde pour le retrouver en Afrique où il travaille pour une ONG avec l’aide de son ami Carl Benton (Robert Carlyle). Il est question de seigneur de la guerre, d’une révolution en marche mais surtout d’enfants soldats pour lesquels Jack va se battre. Et c’est là dessus que le mot Rédemption prend tout son sens. En protégeant ses enfants et en se sacrifiant pour eux, Jack est en quelque sorte à la recherche d’une rédemption. Pour la première fois depuis longtemps, il ne défend pas seulement le drapeau ou le peuple américain dans ce qu’ils ont de plus d’abstraits. Il protége des enfants dont il connaît le visage et le prénom. Toute cette partie m’a fait énormément penser au film ” Blood diamond ” avec Leonardo Di Caprio. Et j’ai trouvé le sujet extrêmement fort sur une chaîne jugée souvent très conservatrice dans ses valeurs. On nous montre finalement une guerre dont tout le monde se fiche et en premier lieu les Américains. Ceux ci préparent d’ailleurs l’évacuation de l’ambassade et le président Daniels toujours au pouvoir refuse de s’engager dans ce conflit malgré les appels du président africain. Qui plus est, si les autorités US sur place incarnées par le personnage de Gil Bellows (Ally McBeal) font un geste pour sauver les enfants c’est avant tout pour permettre la capture de Jack Bauer. L’histoire n’est néanmoins pas un pamphlet contre l’Amérique loi de là. Il y a un trop plein de lyrisme dans les dialogues (notamment quand Jack parle du sacrifice fait par Carl) et de sentiments pro américains qui m’ont un peu dérangés. Ainsi, on caricature les casques bleus des Nations Unies comme des trouillards ne voulant pas prendre partie, là où le seul américain de la bande sauve tout le monde avec un simple fusil là où les rebelles ont des mitraillettes et des lances roquettes. D’ailleurs l’explosion au lance roquette m’a un peu fait rire pour la réaction de Jack en s’enfuyant. Et pour couronner le tout, on a l’anglais qui se sacrifie pour la cause laissant alors à l’américain le soin de conclure l’affaire. Bref c’est limite de la caricature géopolitique. Cela m’a pas mal gêné. Cela dit la mise en scène est excellente, c’est très rythmé, on retrouve le Jack Bauer que l’on connaît même si le téléfilm est clairement moins violent et davantage grand public que la série. On retrouve un certain engagement que l’on avait perdu il y a longtemps, c’est déjà cela.

Une femme à la présidence : 24 a toujours été en avance sur son temps. A l’heure où l’Amérique, la vraie, va accueillir son premier président noir le 20 janvier prochain, il est l’heure dans 24 d’avoir d’une femme à la présidence. D’ailleurs comme chaque passation de pouvoir se fait un 20 janvier, on en déduit que les événements se passent exactement à cette date là. Cette partie de l’épisode permet de faire clairement la transition entre la saison 6 et la saison 7. Daniels passe le pouvoir à Taylor et c’est un Daniels ferme mais résigné que l’on retrouve. Finalement il n’a pas changé. Durant la saison 6 il avait comploté afin d’obtenir le pouvoir suprême mais arrivé à la barre il n’a jamais su se montrer à la hauteur. Dépassé par sa lourde charge. Il le dit lui même il n’a jamais été combatif durant la campagne présidentielle et sans doute n’a t’il pas été un grand président. Daniels étant le vice président de Wayne Palmer, on peut en déduire qu’il est un démocrate, La présidente Taylor est donc en toute logique républicaine et j’avoue avoir bien aimé ce jeu de miroir quelque peu inversé. Car évidemment on s’attend à voir le changement venir des démocrates et non l’inverse. On ressent par contre dans le discours d’investiture un lyrisme et une foi en l’Amérique qui n’est pas sans rappeler les discours du vrai président Obama. A voir les premières photos, j’étais assez sceptique vis à vis de la président Taylor mais dès son entrée en fonction on la sent transcendée par ce nouveau rôle. Durant tout l’épisode, on le sent prête mais en situation d’attente et c’est réellement en prononçant son discours qu’elle m’a paru pleinement crédible. Et avec une femme au pouvoir, la série pourra peut être changer la donne car l’intrigue du président et son rôle dans la série n’a pas toujours été très passionnant et c’est peut être l’occasion de remodeler celui ci. Lui donner une part plus active. Par contre ce que l’on ne change pas c’est les intrigues de couloirs autour de la présidence et c’est là le gros point noir de ce téléfilm. Les manigances autour du fils de la présidente et de son ami sont d’un ennui mortel. On sent venir tous les rebondissements et comme par hasard Tom Lennox est impliqué dans cette sombre histoire. Au moins l’excellent Peter McNichols est toujours là mais bon, on le voit si peu que ça n’a pas beaucoup d’importance. Cette sous histoire permet surtout d’introduire le personnage de Jon Voight (le père d’Angelina Jolie) qui sera visiblement l’un des grands méchants de la saison 7. Il en impose par sa stature et il reste assez mystérieux pour que l’on soit intrigué par son personnage.

Bilan : Ce n’est pas mauvais et ce n’est pas extraordinaire non plus. La meilleure partie concerne clairement celle se passant en Afrique. Si on met de côté l’aspect très Rambo de l’action avec Jack seul face à tout le monde, le message renvoyé par cet épisode est très bon même si forcément mis à la sauce hollywoodienne. La partie à Washington vaut, elle, surtout pour le nouveau personnage de la présidente qui pourrait apporter du changement mais vu les complots vus et revus qui se trament déjà derrière son dos, on en doute un peu. Pour l’anecdote, le fils de la présidente est interprété par le frère de Blake Lively (l’héroïne de Gossip girl). C’est donc finalement un avant goût, une mise en bouche mais après des mois d’absence, attendre encore quelques semaines avant l’arrivée de la saison 7 de nous aurait pas tué. Donc le timing est un peu mal choisi. Ce téléfilm n’était donc vraiment indispensable mais il a le mérite d’être agréable à suivre et prouve finalement que la série peut si elle le veut se construire sous un autre format, même si en contrepartie on perd un peu (et même beaucoup diront certains) de ce qui fait toute la spécificité de 24. Il fallait peut être passer par cette rédemption pour retrouver la série en forme durant la saison 7. Rendez vous début 2009 pour le savoir.



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