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Lévi-Strauss et les Nambikwara

Publié le 26 novembre 2008 par Jcgbb

La disposition du coeur est une dimension de ce regard que l’ethnographe porte sur les cultures primitives. Là où un explorateur ne perçut que sauvagerie et agressivité chez les Nambikwara d’Amazonie, Lévi-Strauss discernait la joie et la tendresse. Preuve qu’il faut apprendre à reconnaître son semblable sous des traits étrangers.

La vie nambikwara se règle sur l’alternance de la saison pluvieuse et de la saison sèche, qui divisent l’année en parties à peu près égales et déterminent deux modes de survie, l’un sédentaire et agricole, l’autre nomade et de collecte. Les hommes s’illustrent dans le premier, les femmes et les enfants dans le second, les sexes et les âges régnant ainsi à tour de rôle, mais tous cruellement soumis à la nécessité naturelle.

La recherche et la préparation de la nourriture absorbent la plus grande part du temps et de l’énergie des indigènes, toujours pressés par le besoin. Ne connaissant ni le hamac ni la pirogue, ils dorment à même le sol, serrés parmi les cendres encore chaudes du foyer. Nus ils ne sont parés que de quelques colliers et bracelets. Imagine-t-on vie plus sauvage ?

Pourtant, malgré cette insertion dans le milieu naturel, on les voit adapter leurs flèches au type de proie et préparer le curare, poison destiné au gros gibier ou aux vengeances ; croire aux esprits malfaisants (dont font partie étoiles, montres et autres objets mystérieux), se raconter leurs origines mythiques, manifester un érotisme détaché de la reproduction, pudique à sa façon, plus sentimental que physique.

Grâce au regard bienveillant de Lévi-Strauss le semblable transparaît et se dissipe la confusion du naturel et du culturel.


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