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Dauber n'est pas jouer

Par Loïs De Murphy

Peut-être la sauce du bourguignon a-t-elle trop réduit à la cuisson ? Probablement non à en juger par son beau-frère qui torche son assiette creuse au pain et lèche son couteau à viande, rustre et bruyant comme un bœuf de première catégorie. Sa sœur en reprend une troisième fois, deux pour elle et une pour le bébé plaide-t-elle en posant la main sur son nombril. Antoine dessert la table et se réfugie dans la cuisine où il respire par l'abdomen en s’agrippant à l’évier. Puis sans lâcher le rebord il se penche en avant, étire ses lombaires et visualise une image agréable en écoutant mentalement White Winds d’Andreas Wollenweider. Deux mois qu’il est hébergé par sa famille. L’agence pour l’emploi lui propose une formation de tailleur de pierre mais il voudrait entrer à l’école du cirque. L’attaque de panique va bientôt lui faire atteindre la petite mort après avoir vidé ses intestins. Soizic le rejoint un peu trop vite et le coup de poing qu’elle reçoit dans son gros ventre la jette en chien de fusil sur le carrelage. Le deuxième atteint son mari au bord de la mâchoire. En lui remettant un exemplaire signé de la déposition à la gendarmerie un peu plus tard, l’officier résumera la situation avec sagacité :

« Qui poche un œuf poche un bœuf. »


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