Magazine Culture

La journée de la jupe ou Isabelle Adjani magnifiée par Jean Paul Lilienfeld

Publié le 05 décembre 2008 par Damien Ravot
Isabelle Adjani avait disparu des écrans depuis quelques années et ses fans espéraient ...
Jean Paul Lilienfeld est LE réalisateur qui a réussi à la faire revenir sous son meilleur jour et par son métier d'actrice et non de people.
Le film "La journée de la jupe" pourrait passer pour un produit dérivé de la dernière palme d'Or à Cannes sauf que le projet de Jean Paul Lilienfeld est antérieur au projet du film récompensé à Cannes et beaucoup plus profond car ce n'est pas un reportage filmé mais bien un film même si parfois on pourrait se croire au théâtre puisque l'essentiel est dans les mots et les rapports entre les personnages.
Enfin un film où l'action ne sert pas à meubler pour la pub ou pour justifier le budget. Enfin un film où les gens sont des humains vrais et non des super héros ou des gens sans trop d'aspérités ou au contraire des cratères lunaires qui les rendent peu crédibles.
La journée de la jupe ne parle pas de mode (bien que ce film ait de grandes chances d'être LE truc dont il faudra parler pour être à la mode dans les cocktails parisiens et ça commence déjà dans le PaRisLAND). La journée de la jupe ne parle pas d' Isabelle Adjani comme les films de Depardieu parlent de Depardieu.
La journée de la jupe parle d'un lycée de banlieue et de ce qui pourrait s'y passer le jour où un(e) prof pètera un câble.
La journée de la jupe décrit un Beslan ou un Columbine à la française, c'est à dire quelque chose sans beaucoup de violence physique mais avec le poids des mots, des habitudes et des non-dits.
Sans avoir recours aux moyens de "La Haine", Jean Paul Lilienfeld dans La journée de la jupe arrive à construire une atmosphère tellement glauque et pesante qu'à la fin de l'avant-première, les gens pleurent ou sont soulagés de retrouver la froide et insidieuse pluie parisienne, les bisous entre amis du show biz et  la tranquilité bourgeoise d'avoir leurs enfants dans une école privée ou même de ne pas avoir d'enfants.
La journée de la jupe passera sur Arte et ne sortira pas au cinéma car les producteurs de cinéma n'aiment pas parler des problèmes de la société qui les nourrit; on ne sait jamais ce qui peut se passer quand on met le doigt dans les situations dont la propagande officielle assure qu'elles sont maîtrisées.. or qu'est-ce que le cinéma des cinémas en France sinon un faire valoir des gouvernants ....
L'effort de Jean Paul Lilienfeld et d' Arte sera maintenant que le film soit vu non seulement par les intellos qui en feront des truismes utiles pour en parler dans la presse mais aussi par les gens de banlieue, par les profs, par les gens de province qui ne connaissent pas ces situations.
Si ceci arrive, Jean Paul Lilienfeld, Isabelle Adjani, Denis Podalydes ne seront plus seulement des acteurs et un réalisateur de films mais des acteurs de la société française.
La performance de Jean Paul Lilienfeld a ceci d'extraordinaire que jusqu'à présent ses films étaient d'une toute autre sorte. 4 garçons plein d'avenir (avec Olivier Brocheriou qui apparaît aussi dans La journée de la jupe) par exemple augurait plutôt d'un réalisateur à la Max Pecas :-)). Cela montre qu'il y a encore de vrais créateurs et pas seulement des marketeurs dans le cinéma.

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Damien Ravot 69 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossiers Paperblog

Magazines