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Clos de la Violette (Aix en Pce) et belles bouteilles.

Publié le 15 décembre 2008 par 20divin

Excellente soirée passée entre 4 amis, tous fidèles au poste dès qu’il s’agit de goûter de beaux flacons et de se réunir autour d’une belle table ;).

L’accueil chaleureux ainsi que le plaisir de se voir à nouveau ont vite effacé la méchante pluie froide qui sévissait hier soir en Pays Aixois.

L’organisation et le choix des vins servis à l’aveugle ont été le fait d’Anthony.

Il est à l’image des vins qu’il apprécie, d’une grande générosité à la limite du raisonnable.

Nous prenons place autour d’une table joliment dressée pour très vite démarrer notre “balade gourmande”.

Idoine au nom du menu qui nous sera servi, ce sera au final une “ballade des gens heureux”.

C’est un Champagne qui se présente dans une belle robe d’un or clair.

Les bulles très fines remontent rapidement au centre de la flûte.
La température de service est idéale, ce sera le cas pour tous les vins de la soirée.

Qu’il est agréable qu’un sommelier compétent, sympatique et professionnel participe à la réussite d’un repas-dégustation.

Le nez est ouvert et donne une impression de jeunesse.
L’attaque en bouche est puissante.
La classe est évidente avec une belle pureté aromatique.

Aux saveurs fruitées et de pain brioché va se dégager une impression de fraîcheur et une jeunesse insolente.

Nous partons tous sur 1996 qui reste pour moi un millésime référence , mais ma modeste expérience sur la Champagne ne me permet pas d’avancer un nom.

Tout comme Cristal 1996 bu en début d’année cette Grande Dame 1996 de la veuve Cliquot a devant- elle de nombreuses années pour continuer son évolution.

Très beau lancement pour le 1er Blanc sec qui arrive rapidement et qui accompagnera sur le 2ème service un excellent pressé de foie gras frais de canard aux trompettes de la mort et salade de radis noirs confits et figues fraîches.

La texture du foie gras est très réussie et le radis noir confit explosif en bouche.

La robe de ce vin commence à se parer d’une teinte de début d’évolution.
Le nez est d’une explosivité rare.

Puissant, enjôleur sur des notes de poires, de grillé et une pointe mentholée, c’est très parfumé et d’une grande concentration.

Cet aspect exubérant se retrouve dans une bouche large et sensuelle mais sans débordement, le tout restant d’une extrême suavité et d’une réelle finesse où la minéralité s’associe à la fraîcheur pour donner le ton final.

Il s’agit d’un Meursault “Les Rougeots” 2002 de JFCD (Jean-François Coche Dury).
Excellente en dégustation pure, au niveau de ce que j’en attendais en tout cas, l’accord avec le plat aura également bien fonctionné.

C’est au tour du 2ème blanc carafé depuis 1h30 de faire son apparition dans nos verres.

Nous dégusterons cette bouteille autour de Noix de Saint Jacques juste saisies, un tian de topinambours et sa poêlée de pissenlits. puis de Brochette enroulée de soles rôties aux endives laquées à l’huile d’amande et Fine julienne de champignons et épinards aux picholines.

La robe est de la même teinte que pour la précédente.

Le nez joue ici une partition plus axée sur l’extrême maturité des raisins, les fruits blancs très mûrs ( nuances oxydatives subtiles) le miel et les épices type curry.

C’est plus en retenue , plus en profondeur aussi.

Je penche pour un millésime solaire et me hasarde vers les grands crus , peut-être bâtard 2000 ou 2001.

La bouche surprend par son ampleur et sa droiture et semble véritablement s’inscrire dans la roche: l’impact minéral est brutal et le vin s’étire dans une finale laissant éclater une grande finesse.

Aux antipodes du style fluide et aguichant de Coche Dury, ce vin déborde d’énergie et impressionne par sa carrure.

Je n’ai pas reconnu le style Lafon, ayant bu il y à tout juste 15 jours un Charmes 2002, honte à moi.

Nous sommes ici sur “Les Perrières 2001″ et c’est encore une grande bouteille qui mériterait sans l’ombre d’un doute sur sa prestation ce soir d’être en Grand Cru.

Pour un succulent plat autour du “col vert” le 1er rouge lui aussi mis dans une carafe à l’esthétisme particulièrement réussi nous est présenté.

D’emblée, outre la belle robe aux reflets grenats c’est le nez magnifique bourguignon qui fait silence.

Le nez à l’unisson de la bouche est ouvert, c’est riche sans excès avec une belle concentration.

Les tannins et le bois sont fondus et possèdent un grain très fin, c’est diablement bon aujourd’hui et nous estimons son potentiel encore supérieur.

Ce millésime 1999 délivre en ce moment de splendides réussites.

Très belle réussite sur cette bouteille pour ce domaine Méo-Camuzet dont la production nous était que peu connue.

Le Richebourg doit être une petite merveille ainsi que les meilleures cuvées des lieux-dits de Vosnes-romanées 1er Crus.

N’en ayant aucune en cave je vais me mettre en quête ;).

Le dernier rouge arrive alors avant l’assiette de fromage et brousse de vache avec sa marmelade de myrtilles (succulente) , la meilleure portion de brousse que j’ai goutée à ce jour.

Le roquefort “petite cave” est d’une belle puissance et de bonne facture il n’égale toutefois pas mon préféré le roquefort Carles, extraordinaire pour sa texture et son goût.

Pour en revenir au dernier seigneur rouge qui attend son heure depuis notre arrivée, il se pare d’une robe foncée, opaque au centre.

Profond,sûr de sa race, son nez l’est assurément.
Les arômes qui en jaillissent nous font voyager vers le rhône nord, patrie de la reine Syrah.

C’est très corsé,sur des notes de café, de fruits et de poivre noir.
La bouche reste fluide avec un équilibre parfait, bien jeune le potentiel est encore très important sur ce vin.

La présence en finale d’une acidité encore assez élevé m’oriente vers une côte rotie typé landonne.
il n’en est rien et c’est bien un Hermitage Chave 2001 qui se présente très jeune.
Les 3H de carafe n’étaient pas de trop.
Nous terminons cette dégustation sur une nouvelle réussite pour Anthony.

Il reste néanmoins un plat, un excellent dessert : une nage glacée de fruit de la passion, avec son coeur mousseux de noix de coco et son sablé croquant.

Un vrai délice que nous ne pouvons pas laisser tout seul.

Préposé aux vins liquoreux qui restent mon péché mignon je choisis une bouteille après concertation avec le sommelier pour donner la réplique à ce dessert fruité.

Ce sera un Jurançon du domaine de Souch, la cuvée Marie Kattalyn 2004.
Le domaine travaille en bio-dynamie.

Mis en carafe et rafraîchit dans un sceau à glace, le précieux liquide est rapidement à bonne température.

La robe est d’un or chaleureux et va briller sur ce dessert inspiré.

Le nez sur la truffe blanche est aussi percutant qu’une charge d’un pack d’avant de sa région.
Gravitent autour le citron confit et les fruits exotiques qui se retrouvent sur le dessert.
La liqueur est importante mais reste d’une digestibilité étonnante, la bouche est ciselée par une acidité présente qui donne une vigueur et une nervosité qui lui sied parfaitement et laissera une bouche fraîche.

Belle découverte encore et très beau final pour ce repas qui fera date dans ma mémoire.
Je remercie toute l’équipe du Restaurant, le service était en tout point remarquable.
La disponibilité du sommelier et le service des vins efficaces sont à noter.

Le chef Jean-Marc Banzo a salué chaque table avant le service, je lui rends ce salut et le remercie pour sa cuisine inspirée et ses cuissons parfaites.

De gauche à droite sur la photo le Maître d’hôtel, Moi-même, Anthony, Stéphane, Benoît et pour finir le Sommelier qui a officié ce soir-là.


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