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Saturé par la nuit

Publié le 09 janvier 2009 par Menear
J'ai tendance à beaucoup rêver, je m'en sers souvent pour écrire, ça m'est arrivé plusieurs fois. Je retranscris souvent par écrit le contenu de mes rêves de la veille, ou du moins ce dont je me souviens. Parfois je passe des semaines sans rêver une ligne. Parfois tout se précipite.
C'est une question d'habitude : il suffit de noter une fois le contenu d'un rêve passé pour habituer le corps à la régurgitation des rêves suivants. Je ne rêve rien pendant des jours, puis quelques images apparaissent, je les rattrape au vol, les capte quelques part, souvent entre les pages du cahier jaune (anciennement bleu, anciennement vert). Les nuits suivantes plus chargées. Au réveil, je me souviens souvent de plus de bribes, je laisse moins de failles en suspend. Plus je retranscris, plus je cadre mon inconscient, plus je lui fournis une structure régulière pour lui permettre de conserver en lui la mémoire des rêves futurs.
C'est exactement ce qui arrive en ce moment. Un rêve attrapé en appelle un, puis deux, puis quatre autres. Désormais plusieurs par nuits, agrippés à moi dès le matin et qui ne me lâchent plus. Je m'efforce de les retranscrire, de les répertorier, cartographier quand je le peux. Parfois mes nuits saturent et, pire, les lendemains aussi. Pas le temps de tout reprendre, de tout garder. Pas même le temps de continuer Histamine ni de reprendre Coup de tête. Presque pas le temps de lire non plus, c'est dire. Juste : le temps de rien.
Me restent pourtant deux rêves non répertoriés, classés, organisés, fictionnalisés, à ce jour. Deux rêves en tête, coincés à l'envers du crâne. Je sais d'expérience que s'ils ne sont pas retranscris le jour suivant leur apparition, ce n'est plus la peine d'essayer de les garder quelque part : ils se défont progressivement, il n'en reste plus que des loques, des miasmes répandus n'importe comment, diffusés dans le reste de mes pensées-idées du moment, à moitié recouverts par d'autres qui viennent s'ajouter à la pile, plus récents. S'y mettre ce soir, donc, précisément. Forcé. Encore quelques heures de survie à l'envers, quelques heures pour les retourner sur l'écran et les y fixer, avant qu'ils ne commencent à se désagréger, lentement remplacés par d'autres, nouveaux, qu'il me faudra caser également une fois la nuit terminée. Et ainsi de suite.

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