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Pardonner...

Publié le 10 janvier 2009 par Antigone

...tyrannie ou libération ? par Sylvie Tenenbaum

pardonner

"PARDON ! EXCUSEZ-MOI ! EXCUSE-TOI D'ABORD ! Vous voudrez bien me pardonner, n'est-ce pas ? Je vous demande bien pardon, mais vous avez tort ! Je ne voulais pas..., je ne savais pas..., je vous en prie, pardonnez-moi ! Non, je ne pourrai jamais te pardonner, jamais tu m'entends ? ...Allez, viens me demander pardon, viens... Formule de politesse ou non, le "pardon" est sur les lèvres presque à chaque instant. Pour autant, sait-on toujours bien ce qu'il signifie, selon les contextes, les personnes concernées."

Pour cette nouvelles édition de "Masse critique", j'avais envie de lire autre chose, et cet essai psychologique me tentait depuis quelques temps déjà, j'ai donc sauté sur l'occasion.

La problématique en est la suivante : faut-il obligatoirement pardonner pour faire la paix avec son passé ?
Sylvie Tenenbaum est claire et remet en cause pas mal de poncifs, pour elle le pardon n'est en aucun cas un acte thérapeutique, le pardon fait partie des notions éthiques et religieuses. Promettre la guérison, qu'elle que soit la souffrance ressentie, par le "pardon" est un leurre, un coup de baguette magique illusoire. Le seul pardon nécessaire est celui accordé à soi-même, qui est une réhabilitation.

Si ce thème vous intéresse, sachez que ce livre traite en première partie du pardon dans les différentes religions puis essentiellement du pardon en thérapie. Sylvie Tenenbaum nous livre ici de poignants témoignages d'adultes en souffrance, ayant subi enfants la pression de parents nuisibles. Elle nous questionne sur nos illusions souvent source de culpabilité, en particulier le mythe de la famille parfaite.

"Assumer ses émotions et toutes les déclinaisons du refus de se soumettre aux mauvais traitements subis et aux lois parentales est un signe de bonne santé mentale. Parmi ces lois (règles, codes) de la famille, celle qui "oblige" à aimer ses parents de façon inconditionnelle, "sans jamais leur désobéir ni assumer soi-même sa propre éclosion, conduit avec les meilleurs intentions aux portes de l'enfer". C'est pourquoi l'enfant grandi ne peut toujours pas se conduire en adulte autonome et responsable tant qu'il ne s'est pas enfin donné le droit d'accéder à sa vérité intérieure [...]. Droit aussi de se rebeller contre l'obligation de céder constamment, de faire plaisir toujours et encore, quoi qu'il arrive. On ne dresse pas un enfant, on l'élève, on l'éduque, on l'aime et on le lui fait savoir, on le respecte : c'est un être humain."

"Faire tomber l'illusion que l'on est sur terre pour faire le bonheur des gens que l'on aime est indispensable : exceptés les parents vis-à-vis de leurs enfants (petits et adolescents), nulle personne au monde n'est responsable du bonheur des autres. Participer au bonheur des autres est possible, mais c'est tout ce que nous pouvons faire."

Une lecture libératrice et instructive, merci - encore une fois - à Babélio !

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