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De Profundis : les graves sublimées

Publié le 11 janvier 2009 par Philippe Delaide

Le dernier album de Philippe Pierlotet le Ricercar Consort, De Profundis, vient un peu en échos au superbe De Aeternitate, sorti également chez Mirare il y a maintenant près de sept ans. A la voix de contre-ténor, poignante et expressive, de Carlos Mena (cf. note du 9 octobre 2006), se substitue celle de basse, plus austère et retenue de Stephan MacLeod.

Le répertoire reste de la même veine. A savoir une sélection de pièces sacrées de compositeurs allemands du XVIIème siècle qui ont indiscutablement influencé Jean-Sebastien Bach. Au sens de la lumière que Heinrich Schütz a apporté de son expérience italienne, et ce, malgré le contexte ravageur et meurtrier de la guerre de trente ans,  les contemorains choisis opposent vraiment la noirceur et les ténèbres. Le tout est accentué non seulement par le timbre de la voix de basse mais aussi pas un continuo incarné par le son velouté et profond du superbe orgue de Saint-Loup sur Thouet, lieu de l'enregistrement.  Le rôle prépondérant de l'orgue qui donne la respiration de ces œuvres se comprend aussi par le fait que ces compositeurs sont tous de grands organistes.

De Porfundis Ricercar Consort
Je trouve que cet orgue, admirablement interprété par Francis Jacob, joue un rôle prépondérant dans le climat restitué par des oeuvres.  Les compositeurs cette fois sélectionnés sont, non seulement le grand Friedrich Buxtehude mais aussi ses élèves dont le plus doué était Nikolaus Bruhns. Les deux motets de ce dernier (dont le De Profundis qui est à l'origine du titre du disque) et le lamento de Jean-Christoph Bach ("Wie bist du denn o Gott") sont les pièces les plus remarquable de l'album.

Avec une prise de son subtile et d'un réalisme saisissant, les violes de gambes (dont celle de Philippe Pierlot) et le violon piccolo de François Fernandez, déploient leur grain et leur timbre de toute beauté, avec un tempo qui s'étire pour ajouter à la voix du soliste toute la plasticité qui révèle le mystère des ces œuvres. Stephan MacLeod montre une très bonne tenue de voix et révèle une belle virtuosité lorsque les cordes tentent de le mener dans des dédales périlleux. Il est simplement à regretter le caractère peut-être un peu trop lisse de la voix, avec laquelle on attendait plus de pathos (ce que Carlos Mena réussit à merveille dans un tout autre registre).

Disque à écouter dans la nuit noire de l'hiver avec le plus grand recueillement.

Lien direct vers le site du label mirare pour plus de détails sur le disque et écouter un extrait.

De Profundis - Bach, Bruhns, Buxtehude, Tunder - Cicercar Consort - Direction Philippe Pierlot - Stephan MacLeod, basse - Label Mirare.


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