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Frozen river

Publié le 12 janvier 2009 par Lorraine De Chezlo
de Courtney Hunt
Drame - 1h40Sortie salles France - 7 janvier 2009 avec Melissa Leo, Misty Hupham, Michael O'Keefe, ...Prix du Meilleur Film - Festival Sundance 2008

Dans l'Amérique glaciale de la frontière canadienne, Ray, mère de deux enfants, vit dans un préfabriqué de fortune en rêvant du mobil-home confortable qu'elle n'arrive pas à payer. Son mari, parti avec ses économies, ne donne pas de nouvelles. Alors qu'elle part à sa recherche, elle retrouve sa voiture, conduite par Lila, une amérindienne de la réserve Mohawk. Pour pouvoir récupérer sa voiture, elle va devoir participer avec Lila au trafic de clandestins, Asiatiques pour la plupart, qui tentent de rejoindre l'Eldorado américain. Dans sa voiture, elle transportera un ou plusieurs migrants et leur fera traverser la rivière gelée. Il y a les risques de fonte de la glace, et la surveillance des policiers...

Frozen River est classé comme un thriller. Je l'ai plutôt vu comme un drame, un film assez noir. Deux rôles de femme, la mère blanche Ray en galère, et la veuve Lila, également en galère, également mère, mais dont l'enfant a été "volé" par la belle-mère. Lila vit recluse dans sa caravane au milieu des neiges. Tout les oppose, dans cette région où la frontière canado-etats-unienne est aussi imposante que celle qui sépare les Blancs des Amérindiens. Ces derniers ont leur propre justice interne. La maternité les oppose également, puisque les enfants de Ray sont bien présents dans sa vie, alors que Lila souffre de la séparation d'avec son fils d'un an. La méfiance de Lila presque haineuse pour les "étrangers" à la réserve est grande. Alors quand leurs intérêts les forcent à faire équipe, c'est une relation difficile, chaotique, qui s'instaure entre Ray et Lila. Filmées avec beaucoup de tact, leurs (més)aventures prennent un tournant dramatique, et ce duo féminin endurci mais sensible dans ce monde de passeurs indélicats donne une tonalité humaine au film. A noter également la place des deux fils de Ray, deux jeunes acteurs qui remplissent leurs rôles à merveille.

Des femmes seules dans la précarité, des enfants à rassurer et aimer, le trafic hors-la-loi comme source de revenus, et la glace et la neige, qui les étouffent dans cette immensité incertaine. C'est beau, très bien rendu, réaliste et poignant.

Et puis ça complète aussi le roman Le premier qui pleure a perdu, de Sherman Alexie, lu récemment, sur les aspects sociaux de la vie des Amérindiens.

L'avis de Kilucru - Les Irréductibles

Deux femmes dans l'hiver de la pauvreté - LeMonde.fr


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