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Sashimi

Publié le 13 janvier 2009 par Menear
...deux aubes de suite (six heures trente-trois moins dix, c'est l'aube) le brouillard se lève sur un ciel-hématome, et le temps de descendre et de traverser un bout d'Essonne derrière vitres-buées, le voir virer rose, devenu cieux-sashimi arrivé Paris, saturés crus au dessus de Beaubourg, derrière mon épaule ; tous les matins même heure, je croise ce regard errant perdu derrière moi, qui me tend le numéro actuel de Macadam (ce mois-ci Souchon en une), même posture, même tenue, même chapeau, juste devant les portes avant place Carrée (les Halles), et moi de le dépasser sans rien dire (je finis de reboutonner mon manteau et change de chanson, dernière avant le boulot), chaque jour il est là, le matin, à la même heure : je me dis que chaque jour prendre une photo de lui, même distance, même angle, la masse de corps autour qui varie, la une de Macadam qui tourne selon les mois, son visage toujours le même, le même regard, je me dis que chaque jour prendre une photo de lui, oui, comme ça, ça aurait du sens, genre 17h34 à l'envers, avec inclus Macadam et chapeau ; aujourd'hui une voix dans le combiné-casque qui dit : le produit machin, y a marqué sur le site que c'est en rupture, vous en avez encore ? lui répondre que non, puis : ça veut dire que y en a plus ? voilà c'est ça, et : donc on peut pas commander ? tout à fait, tout à fait, et enfin : alors ça veut dire que je peux pas les avoir ? ; puis la voix d'un sourd, à qui il faut répéter plusieurs fois que c'est bien les prix TTC, TTC, les prix TTC, oui, tous les prix affichés sur le site sont en TTC, TTC, voilà voilà TTC, puis lui qui répond un : quittez pas, je vous amplifie, sans plus de succès dans l'échange ; je m'amuse avec le calendrier du blog : s'arranger pour que les jours colorés par les liens (jours où l'on poste) suivent toujours le même rythme, à savoir : trois jours postés, un jour repos, trois jours postés, un jour repos, trois jours postés, un jour repos, et ainsi de suite, pour des enchaînements dissonants visuellement et une carotte pour me forcer à écrire ; je m'amuse avec la chronologie du blog, billet de demain écrit la veille, donc aujourd'hui, entre deux heures de téléphone décroché et de commande reçue, son titre : autonomie de la fiction, ou comment comprendre comment fonctionne la fiction courte une bonne fois pour toute à la fin, rapport aux trucs qui me traversent la tête quand je m'endors ou bien quand je change de trottoir, le matin, pour éviter le verglas, entre hématome et sashimi, B.B. dans les gencives, et Novembre toute l'année par dessus le reste : le ciel est blanc, le ciel est blanc, cassé, etc...

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