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Comment avoir confiance ?

Publié le 11 janvier 2009 par Naissancenaturelle
Comment avoir confiance ?Vendredi 9 janvier.

Nous avions à nouveau rendez-vous aujourd'hui. Après l'échographie de lundi dernier et avant la rencontre avec la gynécologue de l'hôpital de Briançon lundi prochain, c'est la sage-femme qui nous recevait ce matin.

Ce rendez-vous n'a rien d'exceptionnel, il s'inscrit tout simplement dans le suivi de grossesse de Gabrielle. Mais au-delà de la vérification du bon déroulement de la maternité, cette rencontre est aussi l'occasion pour Gabrielle d'être rassurée, quelques jours seulement après que l'échographe ait suggéré que notre Salomé est un petit poids dont il conviendrait de surveiller l'évolution par une échographie supplémentaire. De mon côté, je souhaite surtout clarifier les choses avec A. par rapport à notre demande d'AVA2C aux professionnels de Briançon.

Nos arrivons chez elle et, comme d'habitude, l'accueil n'est pas franchement chaleureux. En même temps, il doit bien faire cinq degrés en dessous de zéro dehors et il n'est pas encore dix heures. De toutes façons, je ne m'inquiète pas. C'est notre troisième rencontre et les précédentes ont été suffisantes pour que je me rende compte que la glace se rompt vite entre elle et nous. Comme la fois précédente, il lui faut un petit moment pour relire ses notes et se remémorer notre parcours, nos demandes, le tout en écoutant Gabrielle lui raconter les  évolutions du dernier mois et demi.

Concernant les conclusions de l'échographie et le poids du bébé, elle ne s'inquiète pas plus que moi. D'autant que la hauteur utérine qu'elle mesure chez Gabrielle est supérieure à la moyenne. D'un commun accord, nous décidons qu'il est urgent... de ne rien faire. S'il doit y avoir un nouvel examen, ce n'est pas avant la mi-février, date avant laquelle nous la reverrons de toutes façons. Il sera bien assez temps, à ce moment-là, de décider si une nouvelle échographie s'impose en tenant compte des dernières observations.

Dans la foulée, Gabrielle lui annonce notre rendez-vous lundi prochain avec l'un des médecins de Briançon, le Dr G. Nous guettons sa réaction. Mais alors que nous nous attendions à ce qu'elle nous dise que c'est un peu tôt, dans la droite ligne du discours qu'elle avait tenu jusque là, elle nous répond sur la personnalité du médecin en question. « Elle est assez interventionniste... du genre à ouvrir un grand parapluie dès qu'il y a un problème. » Elle poursuit en nous indiquant qu'elle suit une femme enceinte de jumeaux que cette gynécologue a beaucoup stressé en lui parlant des nombreux risques qu'impliquait une naissance gémellaire. « En revanche, quand elle s'est occupé de ma fille, tout s'est très bien passé. » Et de conclure par la formule qui s'impose : « Si vous parvenez à la convaincre, elle, vous serez sur la bonne voie. » Ça a le mérite d'être clair !

Ce n'est pas cela qui va nous décourager et nous fourbissons déjà nos arguments pour lundi. Mais il faut bien envisager l'échec. Pas celui de l'AVA2C, mais celui de notre entreprise pour convaincre le personnel de Briançon de nous laisser le tenter. Pas besoin de demander à A. ce qu'elle envisage dans pareil cas, elle l'exprime d'elle-même comme une évidence : « Et s'ils ne sont pas d'accord, vous arriverez à la maternité à la dernière minute. » La encore, c'est clair. Ce n'est pourtant pas ce que nous souhaitons. En imposant ainsi nos choix à une équipe médicale récalcitrante, ne risquons-nous pas de braquer médecins et sages-femmes ? Et même si je ne doute pas qu'ils feront leur boulot du mieux possible, l'accouchement se déroulera dans des conditions bien éloignées de la sérénité et de la confiance que nous souhaitons instaurer.

Mais le pire serait que le corps médical accède à notre demande pour ne pas nous faire fuir tout en prenant (en imaginant ?) plus tard n'importe quel prétexte pour faire machine arrière. C'est ce qui m'inquiète le plus. Une situation batarde ou l'hypocrisie prendrait le pas sur l'écoute et la médicalisation de dernière minute reléguerait notre rêve de naissance respectée aux oubliettes. Mieux vaudrait encore une franche opposition. Non seulement je redoute ce cas de figure, mais je crains par dessus tout de ne pas savoir déceler cette tartufferie et d'être mis devant le fait accompli au moment de l'accouchement.

Je m'ouvre à A. de ces inquiétudes. Et ce qu'elle nous raconte, loin de me rassurer, vient nourrir mes craintes. Une autre de ses patientes a subi une césarienne à l'hôpital de Briançon au moment où elle commençait à pousser son bébé. Et ce alors même que l'obstétricien avait auparavant donné son accord pour laisser le travail se dérouler. Sans commentaire.

Alors que nous reste-t-il en cas de refus, franc ou déguisé, de la part des obstétriciens de Briançon ? L'ailleurs. Il nous faudra aller voir ailleurs pour trouver une équipe médicale qui accepte de nous assister dans notre démarche. Et cet ailleurs sera forcément loin pour nous qui habitons dans un département de montagne où seules deux maternités sont à moins d'une heure et demie de route. Nous avons déjà effectué quelques repérages et les maternités d'Angoulême et de Cognac ont retenu notre attention. Plusieurs membres de la famille de Gabrielle habite en effet alentour. A. semble penser que c'est une bonne idée. Pas forcément que Gabrielle aille accoucher à l'autre bout de la France, mais que nous évoquions cette possibilité devant le Dr G. si d'aventure elle devait se montrer réticente. « L'hôpital de Briançon a besoin de naissances, il est sur la sellette. » Et la perspective de "perdre" une naissance pourrait inciter l'équipe médicale de se montrer plus respectueuse de nos choix. Autrement dit, tout est bon pour arriver à nos fins, y compris les arguments qui n'ont pas grand chose à voir avec la sincérité et la force de conviction. Outre le fait que le procédé me gène un peu, cela repose la question de la confiance entre les professionnels de santé et nous. Si leur choix de nous accompagner est davantage dicté par une logique comptable que par leur conviction, à quelles relations pouvons-nous nous attendre ? D'un autre côté, si nous envisageons réellement d'aller voir ailleurs, pourquoi le cacher ?

Mais tout cela n'est que pure conjecture. Il faudra attendre lundi pour nous faire une première idée de la tournure que risquent de prendre les évènements. Le Dr G. s'opposera-t-elle à notre démarche ? Sera-t-elle plus conciliante si nous lui annonçons notre intention de nous orienter vers une autre maternité ? Si c'est le cas, il sera toujours temps de discuter entre nous du sentiment que nous inspire ce revirement.

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