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Edouard II de Christopher Marlowe

Par Sylvie

Théâtre de Paris-Vilette -jusqu'au 31 janvier 2009
Edouard II de Christopher Marlowe
Évènement suffisamment exceptionnel pour le souligner : la mise en scène d'une pièce de Marlowe à Paris, ce contemporain de Shakespeare, qui mourut dans une rixe à 29 ans, après avoir signé des pièces baroques et sulfureuses.
Sa dernière pièce, Edouard II, retrace le règne de l'un des rois d'Angleterre des plus iconoclastes qui soit : son amour passionné pour Gaveston, son favori et la lutte sanglante qui s'en suivit avec Isabelle de Valois, sa femme, l'amant de celle-ci, Mortimer, et les barons du royaume. Le roi finira en martyr, acculé à l'abdication par ses pairs et sa famille. 
Soulignons d'abord l'intérêt historique d'une telle pièce (il s'agit de l'histoire véridique du règne d'Edouard II) : une royauté que l'on peut bafouer, faire abdiquer et tuer. Duels sanglants, machinations diverses donnent à note très noire à ce théâtre. Les français ont certes guillotiné un roi, les anglais en ont assassiné plusieurs !

D'un point de vue artistique, soulignons la modernité absolue d'une telle pièce. Profondément baroque, elle met en scène un roi bouffon et profondément tragique, submergé par sa passion homosexuelle pour ses deux favoris, Gaveston et Spencer. On rit d'abord d'un tel aveuglement passionnel puis finalement, le roi gagne en sympathie ; car cette pièce met en scène d'abord le conflit éternel entre l'amour, la passion et le pouvoir ; alors d'Edouard vit pleinement son amour, son entourage familial et les barons montrent au grand jour leur versatilité et leurs malversations pour servir leur propre ambition. Edouard est le personnage tragique par excellence voué à un amour passionnel ; quant à Mortimer, il incarne l'intérêt personnel, l'ambition démesurée. D'une côté l'amour fou, de l'autre côté, la machination, le calcul.
Edouard II est un personnage dual, bouffon et tragique, outrancier et amoureux fou.
Enfin, du point de vue de l'écriture, soulignons un langage cru, moins philosophique de Shakespeare, plus tourné vers l'action. Mais au bout du compte, la noirceur de l'image du pouvoir est la même.


A voir.


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