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Le Saint-Julien ... à Saint-Julien!

Par Eric Bernardin

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Je vous plante le décor. Nous sommes au restaurant le Saint-Julien dans la commune ... de Saint-Julien Beychevelle. A votre gauche, Jacques Depoizier, directeur du Château Léoville Las Cases où nous avions rendez-vous en fin de matinée. A votre droite, le chef Claude Broussard, un natif du Médoc revenu au pays après plus d'une décennie de restauration parisienne. Ces deux gaillards qui ont l'air de s'entendre à merveille vont nous offrir un repas alliant grandeur et simplicité. Tout ce que j'aime.

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Lorsque le chef aperçoit les bouteilles amenées par Jacques Depoizier, il pense à deux choses. D'abord à les carafer (excellente initiative!) puis aux plats qu'il va pouvoir nous servir avec.  Pour le Clos du Marquis 1998, il part sur un foie gras poché au vin rouge. Et sur le Las Cases 1990, une belle pièce de boeuf servie avec sa moelle. Avant même de manger, nous avons déjà les papilles qui frétillent!...

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Mais d'abord des mises en bouche : je vous passe le saumon fumé, bon, mais pas trop top avec le Clos du Marquis. Par contre l'émulsion de pommes de terre avec huile et julienne de truffe est à tomber avec le vin. Ce dernier, un peu sur la réserve au départ, devient causant, voire bavard (mais les bavards comme ça ne me dérange pas...). Autant dire qu'il est fin prêt lorsqu'arrive le chef avec son foie gras poché.

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Celui-ci nous présente d'abord le foie gras logé dans sa terrine, puis le découpe devant nous (ce qui se fait de plus en plus rarement). Il le répartit dans les assiettes, donne un bon tour de moulin à poivre, et nous le sert.

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Plus simple, c'est pas possible. Mais qu'est-ce que c'est bon! Le foie gras est très ferme tout en étant fondant en bouche, libérant des parfums incroyables. Un des meilleurs foie gras que j'ai jamais mangé! D'autant qu'entre lui et Clos du Marquis, c'est une véritable histoire d'amour! Le bouquet de ce vin très "early matured"  convient bien aux saveurs animales. Et les tannins un peu fermes au départ se sont assouplis afin d'épouser au mieux la texture du foie. On se régale!

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Le chef est de retour avec ce coup-ci la pièce de boeuf, découpée devant nous. Les assiettes remplies repartent ensuite en cuisine pour être réchauffée sous la salamandre. Un os à moelle, une sauce généreuse. Et les voilà de retour :

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Ca, c'est ce qu'on appelle de la cuisson parfaite! La viande est d'une tendreté incroyable, et la sauce est un pur régal. Heureusement que le Las Cases 1990 tient la route, parce que la vedette lui est sérieusement chahutée. Que dire de ce vin? Le nez d'un grand Pauillac à maturité (ça ne sert à rien de m'envoyer des commentaires me signaler que c'est un Saint-Julien : JE - LE -SAIS!) : un nez sur le havane, le cassis, les épices et des notes de sous-bois. Bouche ample, mature, avec des tannins parfaitement fondus et une rectitude impressionnante. Je n'en avais jamais bu, mais c'est bien ainsi que je l'imaginais ;o)
Nous n'aurons hélas pas droit au dessert : il est 13h55 et nous devons être à 14h00 à Latour. Nous remercions Jacques Depoizier de son accueil en promettant de nous revoir. Et repartons vers une autre aventure, avec des p'tites étoiles dans les yeux.



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