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Plus comique que bitter

Par Aaapoum Bapoum

Un post polémique sur AAAPOUM. Bah ouais les enfants, ça faisait trop longtemps.

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 « Il parait que les noirs en ont une plus grosse que les blancs. »  J’ai toujours volontiers pardonné le racisme idiot de cette blague si tant est que, pour une fois, il est surtout flatteur. Mais je le pardonnerai désormais d’autant plus que, dans le cas de « l’Exposition Bittercomix sur la bande dessinée Sud-Africaine » qui se déroule au CIBDI d’Angoulême dans le cadre de l’édition du festival 2009, ce que je croyais hier n’être qu’une vulgaire galéjade se trouve, à ma grande surprise, aujourd’hui entérinée par des faits concrets. Les noirs –ceux qui dessinent- en ont une bien plus grosse que les blancs –qui les exposent, sans courage, censurant tout ce qui peut être censuré.

Alors autant dénoncer cette mascarade : ce que vous verrez d’affiché dans cette soi-disant « Exposition sur la bande dessinée Sud- Africaine » n’est en rien représentatif, ni de leur art, ni de leur message, encore moins de leur courant de pensée. Tout restera bien planqué à la cave, loin des regards effarouchés, quand bien même cela a couté une fortune en frais de transport et en assurance pour leur faire traverser le globe, quand bien même ces pseudo centres et musées n'ont pas si souvent l’occasion de  parler d'une bande dessinée qui mêle intimement  soubresauts de l’Histoire et ambition de s'y confronter. [i]

Ce que vous verrez d’affiché -et encore le plus souvent en partie masqué par des cadres noirs- n’est que le moins représentatif de ce courant de bande dessinée. [ii]C'est-à-dire précisément ce qui est le plus-à-même de ne pas choquer l’âme puritaine des responsables de cet odieux bâtiment qui ose, quel mensonge éhonté, encore prétendre qu’il défend la bande dessinée.

Que faire alors, sinon le dénoncer. La direction du Festival d’Angoulême, le commissaire d’exposition, les éditeurs et les auteurs… tous déplorent vivement la décision du directeur du CNBDI, maître tout puissant de son domaine capable de faire capoter en moins d’une semaine une exposition passionnante parce qu’il a peur des grosses bites qui font peur aux enfants.

Je propose que l’on renomme le CIBDI en CIBDJ, que l’acronyme s’accorde un peu plus avec la réalité. Je propose d’accueillir les immondices que ces fonctionnaires de l’art n’ont pas eu les couilles de soutenir, même en photocopies couleurs sur nos murs crado de librairie d'occasion. Invitation lancée. Et amis bon vivants, boycottez cette mascarade.

Amitiés et désolation.

S; du AAABLOG



[i] Trois planches et deux agrandissements ont été caviardés. En soi, ce n'est pas grand chose par rapport à la totalité de l'expo. Sauf que ce thème est constitutif et central, et que la sélection du festival et du commissaire s’était faite intelligemment, évitant les mises-en-scène outrancières sans pour autant purger l’exposition de toute sexualité. Allons y gaiement et manifestons pour le port du string par David, ou que l'on colle un timide triangle en papier sur L’Origine du monde.

[ii] Dernières nouvelles du Front (national) : la direction du CIBDI a finalement exigé de retirer les planches, malgré le scotch noir... de pire en pire


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