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"Picasso et les Maîtres" (2/3)

Publié le 27 janvier 2009 par Myriam

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Progressivement, sous l'influence du cubisme, Picasso va s'éloigner de cette facture classique et affirmer son propre style. Avec Braque, Picasso expérimente la déconstruction de l'objet, l'objet n'est plus un mais il devient multiple, et pourtant visible en un seul regard sous toutes ses facettes. Et non seulement les objets vont suivre cette déformation et cet enrichissement, mais également les visages et les corps vont connaître le même processus.

Picasso - Grand nu au fauteuil rouge, 1929
Et cela va nous amener à des rencontres que nous ne soupçonnons pas. Ainsi en est-il pour le "Grand nu au fauteuil rouge", peint en 1929 (huile sur toile, collection musée national Picasso, Paris) qui  dialogue à la fois avec "Madame Moitessier" d'Ingres (1856, the National Gallery, Londres, à gauche) présent au côté de l'œuvre à l'exposition, et avec l''"Odalisque au tambourin" de Matisse (1925-1926, the William S. Pacey Collection, MoMA, New-York, à droite), tableau qui ne figure pas à l'exposition.

Picasso s'est approprié les différents éléments de ces deux toiles en les réinterprétant pour faire une œuvre qui lui est propre : le fauteuil rouge, l'importance de la robe dans le tableau d'Ingres, le jeux des couleurs (blanc, rouge, vert et une pointe de jaune), le prisme déformant des miroirs, et l'évocation des odalisques chères à Matisse qui est reprise par la puissance du trait noir silhouettant à lui seul la femme, qui se tient dans la même position que chez Matisse, avec le bras au dessus de la tête. Autant chez Ingres, on sent la tranquillité, voire une certaine suffisance que rien n'altère, chez Matisse, une certaine nonchalance et volupté, autant chez Picasso, on sent dans la déformation et l'étirement du corps de la femme une grande souffrance. Nous sommes littéralement interpellés ...

Et d'autres portraits encore dans cette exposition vont nous interpeller par leur expressivité et la violence de leurs couleurs, comme "Mousquetaire et Cupidon", 1969 (Museum Ludwig, Cologne) ou comme cette "Tête d'homme", peinte en 1971 (collection particulière), qui personnellement me fait penser à la tête du Christ.

Picasso - Tête d'homme, 1971
"Vêtu d'habits rouge et or, portant fraise, cape, bottes et chapeau à plumet, ce personnage de mascarade arbore la panoplie d'une virilité exubérante : moustache, barbe, pipe, sabre ou épée. Ce héros baroque surgit alors que Picasso étudie les Hommes au casque, au faucon, au bâton dont Rembrandt et Vélasquez peuplent eux aussi leurs toiles. « Cartes de tarots », comme les intitulait André Malraux, ces figures forment une longue suite de Portraits virils, comme autant de confrontations identitaires où l'artiste vient refléter son propre visage, ses propres hantises" à la fin de sa vie (extrait de kawa.fr).

Et laissons la parole à Picasso ! "Quelques années plus tard, visitant une exposition de dessins d’enfants, il remarqua : « quand j’avais leur âge, je dessinais comme Raphaël, mais il m’a fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme eux. »

Mais, il reste encore d'autres rencontres surprenantes ... à suivre ...


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