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Milo De Angelis/Thème de l’adieu

Par Angèle Paoli
« Poésie d'un jour
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I

In te si radunano tutte le morti, tutti
i vetri spezzati, le pagine secche, gli squilibri
del pensiero, si radunano in te, colpevole
di tutte le morti, incompiuta e colpevole,
nella veglia di tutte le madri, nella tua
immobile. Si radunano lì, nelle tue
deboli mani. Sono morte le mele di questo mercato,
queste poesie tornano nella loro grammatica,
nella stanza d’albergo, nella baracca
di ció che non si unisce, anime senza sosta,
labbra invecchiate, scorza strappa al tronco.
Sono morte. Si ridunano lì. Hanno sbagliato,
Hanno sbagliato l’operazione.


Milo De Angelis, Vedremo domenica, Tema dell’Addio, 2005, in Poesie, Oscar Poesia del Novecento, Oscar Mondadori, Milano, 2008, pp. 243-244.


En toi s’assemblent toutes les morts, tous
les carreaux brisés, les pages sèches, les déséquilibres
de la pensée, se rassemblent en toi, coupable
de toutes les morts, inachevée et coupable,
dans la veille de toutes les mères, dans la tienne
immobile. Elles se rassemblent là, dans tes
faibles mains. Les pommes de ce marché sont mortes,
ces poèmes retournent à leur grammaire,
dans la chambre d’hôtel, dans la baraque
de ce qui ne se réunit pas, âmes sans pause,
lèvres vieillies, écorce arrachée au tronc.
Elles sont mortes. Elles se rassemblent là. Ils ont raté,
ils ont raté l’opération.

Traduction d’Angèle Paoli



II

Il luogo era immobile, la parola scura. Era quello
il luogo stabilito. Addio memoria di notti
lucenti, addio grande sorriso. Il luogo era lì.
Respirare fu un buio di persiane, uno stare primitivo.
Silenzio e deserto si scambiavano volto e noi
parlavamo a una lampada. Il luogo era quello. I tram
passavano radi. Venere ritornava nella sua baracca.
Dalla gola guerriera si staccavano episodi. Non abbiamo
detto più niente. Il luogo era quello. Era lì
che stavi morendo.


Milo De Angelis, Vedremo domenica, op. cit., page 244.


Le lieu était immobile, la parole sombre. C’était ce lieu-là
le lieu décidé. Adieu mémoire de nuits
lumineuses, adieu grand sourire. Le lieu était là.
Respirer fut une obscurité de persiennes, un mode d’être primitif.
Silence et désert échangeaient leur visage et nous
nous parlions à une lampe. C’était ce lieu-là. Les trams
passaient rares. Vénus retournait dans sa baraque.
De la gueule guerrière se détachaient des épisodes. Nous n’avons
plus rien dit. C’était ce lieu-là. C’était là
que tu étais en train de mourir.

Traduction d’Angèle Paoli



III

Eri l’ultima
donna della vita, eri il temporale
e la quiete, il luogo
dove la luce è insanguinata
e il sangue fiorisce : pochi minuti,
pochi metri, sempre lì,
nel cemento che parla, nella città
degli amanti, nel silenzio
dei lavandini, il bacio
avenne
e noi non abbiamo
voluto più uscire.

Si muore così, all’ingresso
di una scuola, un cerchio perfetto.


Milo De Angelis, Scena muta, op. cit., page 248.


Tu étais la dernière
femme de la vie, tu étais l’orage
et le calme, le lieu
où la lumière s’ensanglante
et où le sang fleurit : quelques minutes,
quelques mètres, toujours là,
dans le ciment qui parle, dans la ville
des amants, dans le silence
des lavabos, le baiser
eut lieu
et nous n’avons plus voulu sortir.

On meurt ainsi, à l’entrée
d’une école, un cercle parfait.

Traduction d’Angèle Paoli


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