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La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao

Par Albrizzi
Avec l’accent sud-américain, Wilde se prononce Wao. Certes Oscar écrit, mais toute ressemblance avec l'auteur du Portrait de Dorian Gray s’évanouit là : Wao n’est ni anglais ni dandy. Dominicain émigré aux Etats-Unis, il est obèse et fan de SF (comprenez science-fiction). Un antihéros ? Les apparences sont parfois trompeuses. Diaz a remporté le prix Pulitzer pour ce premier roman, onze ans après un recueil de nouvelles, Los Boys, réédité chez 10/18. Avec une méchanceté amusée, l’auteur frappe de fukù (mauvais sort) son personnage. Sa vie défile sous la voix de Yunio, son colocataire à l’université, et de sa sœur Lola, sublime forte tête. Le récit de la mère, orpheline vendue à des Thénardier caribéens, et du grand-père, le docteur Abelard Luis Cabral persécuté par Trujillo, donne la pleine mesure du roman. Au rythme du spanglish, l’auteur fait battre le cœur d’un peuple anéanti par trente années de dictature. Rire ou pleurer ? L’erreur serait de faire l’impasse, car derrière ce titre grandiloquent et tendrement moqueur, se cache une œuvre irrésistible. Un des meilleurs romans de cette rentrée de janvier.
Paru dans le magazine Femmes (numéro de février 2009).
La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao, de Junot Diaz, traduit de l'anglais par (Etats-Unis) Laurence Viallet, 293 p., 22,90 euros.

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