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Le "Banquet" Henri Rousseau, au Bateau-Lavoir, le portrait d'Yadwrigha.....

Par Bernard Vassor

Par Bernard Vassor

Le Bateau-Lavoir Construit sur les ruines d'une guinguette : "Le Poirier sans Pareil", après l'achat, lors de la confiscation des biens du domaine des Dames de Montmartre. La construction, consistait à l'installation dans les branches d'un arbre, de quelques chaises autour de tables. Le tout, arbre compris s'éffondra en 1830 en raison du morceau de gruyère qu'était devenu le sous-sol pour l'ouvertures de galeries servant à extraire le gypse. En 1867 un propiétaire du nom de Thibouville, fit construire, sans autorisation, sur des plans de l'architecte Vasseur des ateliers d'artiste. L'endroit fut occupé par un marchand de fourrures canadien, c'est pour cela qu'il prit le nom de "La Maison du Trappeur" encore en usage en 1900.. C'était un enchevètrement de verrières de poutres de rondins de bois, où la fantaisie de l'architecte avait créé de mystérieuses oubliettes qui donnait une allure déglinguée aux ateliers. Dès 1887, ce fut un reoaire d'anarchistes, jusqu'à ce que une descente de police ne disperse toce petit monde. Ce sont ensuite les symbolistes qui envahirent lmes lieux. Gauguin, à son premier retour de polynésie y rendit visite à M&auffra et Pacco Durio. C'est ce Durrio qui attira les artistes espagnols sans le sou, tel Canals en 1901, et un certain Pablo Ruiz  en 1904. L'entrée du 13 rue Ravignan donnait dans le dernier étage de la maison. Un escalier permettait de descendre trois étages pour déboucher rue Garreau, ce qui fait qu'il pouvait prétendre habiter à la fois le deuxième étage, et le premier sous-sol. Yadwrigha, "l'institutrice polonaise" Ce tableau fut découvert par Picasso rue des Martyrs, en face du cirque Médrano chez un marchand de literie et matelas "le Père Soulié" ....... Rien ne fut vraiment prémédité dans ce banquet. Il n'y eut aucun débordement, ni scandale public. Si cette fête prit de telles proportions, c'est en raison de la qualité des convives dans la maison du 13 rue Ravignan qui fut appelée d'abord "la Ferme", ensuite "La Maison du Trappeur" (quand Picasso y emménagea) "le Bateau-Lavoir", enfin "l'immeuble au chiqué" en raison de tournages cinématographiques. Jamais une compagnie ne voulut assurer contre l'incendie ce hangar de ferme soutenu par des poutres de bois imposantes. Transformé en atelier d'artistes, l'endroit fut d'abord occupé par Maxime Mauffra (qui y reçut Paul Gauguin), puis par André Salmon, Picasso, Van Dongen, Max Jacob.

La compagne de Picasso à l’époque, Fernande Olivier nous en donne un aperçu :

"le "Bateau" abrita des peintres, des sculpteurs, des littérateurs, des humoristes, des acteurs,  des blanchisseuses, des couturières et des marchandes des quatre saisons. Glacière l'hiver, étuve l'été, les locataires s'y rencontraient à l'unique fontaine, un broc à la main." 

...... La salle où le festin eut lieu, était l'atelier de Picasso. Les murs avaient été dégarnis de tous les ornements habituels, seuls des masques nègres restaient accrochés. Tout cela pour mettre en valeur le grand portrait de "l'institutrice polonaise" (d'après ce qu'en disait Rousseau). On avait décoré l'endroit de guirlandes et de lampions, et sur des trétaux, une grande planche faisait office de table sur laquelle un service de table le plus hétéroclite était posé. Parmi les nombreux invités, on comptait des collectionneurs américains, plus la fine fleur des artistes montmartrois : Georges Braque, Marie Laurencin, Guillaume Apolinaire, Max Jacob, tout ce petit monde était en galante compagnie. La soirée avait débutée au bar Fauvet, rue des Abbesses, pour une mise en bouche apéritive. Les conversations commencèrent à être animées, et les rires des femmes fusaient. Une heure plus tard, tout ce petit monde monta la rue Ravignan pour se rendre chez Picasso. Des ateliers voisins avaient été réquisitionnés pour servir de vestiaires. Le maître de maison, suivant un protocole connu de lui seul, plaça les convives. Au milieu du tumulte, trois coups frappés  à la porte firent planer un silence total. Quelqu'un ouvrit la porte...c'était le Douanier, coiffé de son chapeau mou, son violon dans la main droite. Il regarda autour de lui, son visage s'illumina quant il vit les lampions que l'on venait d'allumer pour lui. On attendit le dîner commandé par Picasso à un traiteur. On attendit, une heure, puis deux, en vain. Soudain Picasso, se frappant le front, se souvint qu'il s"était trompé de date dans la commande !!! Les convives se mirent alors en quête de trouver dans le quartier épiceries et marchands de vin pour se restaurer et boire leur comptant. On ouvrit nombre de boites de sardines et de conserves, on avait pas oublié les bouteilles de vin. Pablo d'ailleurs en avait prévu une cinquantaine pour étancher la soif de tout ce petit monde. Maurice Cremnitz se leva, et chanta une chanson à la gloire de Rousseau dont le refrain était : "C'est la peinture de ce Rousseau Qui dompte la nature Avec son magique pinceau"  Soudain, un coup violent fut donné à la porte. C'était le barman du café Fauvet, qui venait annoncer qu'une des dames de l'assemblée, venait d'être retrouvée assise sur le tottoir de son établissement. Cette dame qui était sortie prendre le frais, était tombée, avait roulé tout au long de la rue Ravignan jusqu'au bar. A ce moment on entendit des cris venant du vestiaire. Un des invités quelque peu barbouillé, avait confondu la porte du vestiaire avec un autre endroit, d'où la colère de ses convives les plus proches..... Le douanier prit son violon, qui fit danser les dames. On ignore comment se termina cette fête, mais ce que l'on sait, c'est que le traiteur livra un dîner deux jours plus tard, Pablo Ruiz ayant oublié de le décommander. Classé monument historique par André Malraux en 1969, le Bateau sombra dans un incendie en 1970.

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