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The Truman Chiot

Publié le 17 février 2009 par Boustoune

Quand on va voir un film dont le héros se nomme Volt, on s’attend forcément à voir des étincelles et à plonger dans une atmosphère électrique.
On est servis dès la première séquence, un magnifique hommage aux films de science-fiction et d’espionnage high-tech : un groupe de malfrats désireux de dominer le monde (comme c’est original !) à enlevé un savant renommé et cherche à lui extirper ses secrets. Comme il refuse de parler, les truands décident de kidnapper sa fille pour avoir un moyen de pression, une monnaie d’échange. Mais celle-ci est protégée par son chien, le fameux Volt, à qui le savant a apporté quelques améliorations cybernétiques, comme arrêter un véhicule à coup de tête, lancer des rayons lasers avec ses yeux ou transformer un aboiement en onde de choc… Pas une partie de plaisir pour les truands obligés de se lancer aux trousses du duo…

La course-poursuite est absolument vertigineuse, digne des meilleurs James Bond ou des célèbres morceaux de bravoure de Matrix reloaded et de Terminator 2 : le jugement dernier (d’ailleurs, l’un des bad guys – voix grave, veste en cuir et lunettes noires – ressemble fortement à Schwarzenegger). Ca explose, ça virevolte, ça tourbillonne, avec un sens du rythme et un art du montage parfaits. On est immédiatement et totalement immergés dans l’action. Et plus encore si on a la chance de le voir dans sa version en relief, la technologie 3D ayant rarement été aussi bien exploitée qu’ici.
Et puis soudain… « Coupez ! »

Changement de perspective : On se retrouve sur un plateau de tournage. Volt n’a rien d’un super-chien. C’est juste la star canine d’une série télévisée où il partage l’affiche avec sa maîtresse, une ado prénommée Penny. On s’attend alors à voir une satire du monde de la télévision et du cinéma, amorcée avec des personnages hauts en couleurs : un réalisateur investi d’une mission divine, une programmatrice obsédée par l’audimat, un agent insupportable… Encore raté ! Le film prend encore un autre cap.

Car Volt ignore tout de sa condition d’acteur. Tel Ed Harris manipulant Jim Carrey dans The Truman show, le réalisateur de la série télévisée a choisi de lui faire croire que tout ce qu’il vit est réel, afin de préserver sa spontanéité à l’écran et garantir le réalisme des scènes d’action. Volt est donc persuadé qu’il possède réellement des supers-pouvoirs et qu’il combat le mal 24 h/24… Une mission particulièrement prenante, qui l’empêche de s’épanouir comme les autres chiens.
Un jour, on le sépare de Penny pour les besoins du script (et de l’audimat). Certain qu’elle a été kidnappée par le gang de malfrats et son chef à l’œil vert, il s’échappe et finit par se retrouver… à New York. Poursuivant sa mission, Volt parcourt les rues de la ville à la recherche de pistes pouvant le mener à sa maîtresse. Mitaine, une chatte de gouttière, et Rhino, un hamster téléphile, vont l’accompagner dans son périple de New-York à Los Angeles et, en chemin, l’aider à comprendre sa vraie nature.

Car Volt, star malgré lui, c’est avant tout l’histoire d’un cabot qui apprend à devenir chien…
Oubliés les supers-pouvoirs, place à l’apprentissage des joies de la vie de toutou : comment jouer avec une baballe, comment enterrer un os, comment laisser dépasser sa tête par la vitre d’un train, et surtout, le plus important, comment faire les yeux de chien battu…
Bien que recélant encore de jolies scènes d’action – comme l’évasion du chenil de la SPA locale – le film de Byron Howard et Chris Williams glisse peu à peu vers le registre de l’émotion pure, et il est toujours aussi magique de constater à quel point des êtres pourtant virtuels parviennent à nous toucher autant.

C’est qu’ils sont touchants, ces personnages ! Tous ont été conçus avec beaucoup de soin, tant au niveau de la personnalité que de leur apparence. Volt, brave toutou complètement à l’ouest, est évidemment craquant, mais ses compagnons sont également réussis : Mitaine apporte une touche de classe féline et une sagesse que ne possèdent pas ses deux amis, et surtout pas Rhino, l’élément comique du trio, assez irrésistible dans sa cage circulaire.
Il faut dire que c’est John Lasseter qui dirige maintenant la branche animation de Disney. Le fondateur des studios Pixar, réalisateur des Toy Story, a produit ce film et son influence se ressent dans chaque plan, truffé de trouvailles visuelles, de petits détails soignés. Et comme les techniques de dessin numérique et d’animation ont encore progressé, on ne peut qu’être conquis.

Seuls bémols, mineurs : le film n’échappe pas totalement au côté naïf et sentimentaliste des productions Disney, et les chansons trop mièvres, mais heureusement rares…
Résumons un peu les qualités de Volt, star malgré lui :
Une histoire subtile, parfaitement menée, qui plaira aux petits comme aux grands : une caresse !
Des personnages attachants, drôles et émouvants : un sussucre !
Des références subtiles à d’autres œuvres cinématographiques : un nonosse !
Des techniques d’animation et d’effets visuels au top : une baballe en caoutchouc !
Un relief intelligent et sublime : allez, va chercher ! Va chercher la bonne note !
Bon chien ! Et bon film, surtout…
Note : ÉtoileÉtoileÉtoileÉtoileÉtoileÉtoile

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