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Un rapport sévère pour l’école primaire

Publié le 27 août 2007 par Willy
Un rapport sévère pour l’école primaire Reuters Le Haut Conseil de l’éducation remet aujourd’hui à Nicolas Sarkozy un texte sur l’enseignement avant le collège. Une charge qui ne propose pas de solutions. Par VÉRONIQUE SOULÉ - http://www.liberation.fr/ L’école primaire française n’est plus à la hauteur. Elle fonctionne toujours bien avec les bons élèves. Mais elle se révèle incapable de faire progresser les élèves en difficulté, souvent issus de milieux défavorisés, qui suivent mal dès le CP et ne rattraperont pas. Le rapport du Haut Conseil de l’éducation (HCE), présenté aujourd’hui au président Nicolas Sarkozy, porte un jugement sévère sur l’école primaire, ce qui ne devrait guère améliorer l’image ternie des enseignants. «Chaque année quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent du CM2 avec de graves lacunes, est il écrit en introduction du rapport. Près de 200 000 d’entre eux ont des acquis fragiles et insuffisants en lecture, écriture et calcul, et plus de 100 000 ne maîtrisent pas les compétences de base dans ces domaines». Les auteurs reprennent ici un chiffre déjà connu, que l’on retrouve tout au long du collège, ces 15 % d’élèves qui se traînent de classe en classe et dont les lacunes sont trop importantes pour pouvoir être comblées. Mais ils ajoutent une catégorie intermédiaire, avant les bons élèves estimés à 60 % du total : les 200 000 écoliers fragiles - soit 25 % - qui auront du mal à suivre au collège mais iront vaille que vaille jusqu’au brevet. Maternelle.  Au delà du constat particulièrement sombre, les membres du HCE, la plupart issus des hautes sphères de l’Education, ne fournissent pas d’explications claires à cet échec. Ils donnent vaguement des pistes, critiquant le redoublement précoce, «inefficace et contraire à l’égalité des chances», ou encore le manque de formation spécifique des enseignants de maternelle. Ils regrettent aussi que les cycles établissant une liaison entre la grande section de maternelle et le CP n’aient pas toujours été mis en place. L’autre grande nouveauté est la mise en cause de la maternelle, une spécificité nationale dont les Français étaient jusqu’ici si fiers. L’enseignement en grande section devient trop scolaire : «Bien que les particularités de l’école maternelle soient affirmées dans les programmes, dans la réalité les méthodes d’apprentissage et d’évaluation pratiquées en grande section s’alignent très souvent sur celles de l’école élémentaire.» Le HCE estime même que la responsabilité de la maternelle dans l’échec scolaire ne peut plus être éludée. «Le mythe de la maternelle française tient-il encore ? s’interroge un de ses membres, la maternelle, pas plus que la primaire ne lisse les disparités sociales. Du coup cela dédouane un peu le collège, accusé de ne pas donner leur chances à tous.» Cet expert ne cache pas qu’on a voulu déplacer le projecteur du collège au primaire, qui a aussi sa part. Prompt à critiquer, le rapport ne fait aucune proposition. «La commande était de dresser un bilan, souligne l’un des auteurs. Aux hommes politiques maintenant d’en tirer les conséquences». Le Président ne devrait pas faire de propositions aujourd’hui mais plutôt des commentaires sur le travail du HCE. Le texte, qui souligne la tendance à la baisse du nombre d’élèves par classe, sans résultats pour autant, ne devrait pas lui plaire. Rentrée.  Le chef de l’Etat devrait recevoir jeudi 6 septembre, à sa demande, le principal syndicat du primaire, le SNUipp, outré par la vision qu’il juge trop unilatérale du HCE. «Le rapport noircit le primaire, estime Gilles Moindrot, du syndicat. Il n’y a rien de positif, nulle part il ne fait état des réussites qu’il y a eues, comme la scolarisation des enfants handicapés, qui a grimpé, ou encore la baisse du taux de redoublement de 40 à 20 % ces quinze dernières années. En outre, toutes les études auxquelles le rapport se réfère sont déjà connues.» A la veille de la rentrée, le syndicat voudrait redresser la barre et afficher son dynamisme, alors que l’image de l’enseignant n’en finit pas de s’éroder. Sur le même sujet     La copie du HCE La rentrée en quelques chiffres Diagnostic Revenir aux vieilles méthodes «Ces attaques sont inquiétantes»

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