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X 2466 de Jean Bollack

Par Florence Trocmé

X 2466 (30 12 2008)
Quand Valéry travaille sur un poème, ce sera pourvu, c’est à condition que ce ne soit pour lui qu’un exercice, une matière à réflexion. La “beauté”, qui est d’abord dans la matière traitée, devient ainsi un en soi, infiniment amendable. Rien de vécu, ni d’historique, rien que du rehaussé et de l’ajusté. L’objet proche est tenu le plus éloigné qu’il se peut. Bernard de Fallois, dans l’excellente postface à l’édition de Corona et Coronilla (Editions de Fallois, 2008) insiste sur le “métier” : « si les commentaires habituels déçoivent souvent, c’est qu’ils placent la beauté dans ce qui est exprimé plus que dans l’originalité de l’expression. Valéry nous a débarrassés de la paraphrase, et il a bien fait » (p. 212). Le comment s’est mu en un absolu. Représente-t-il la beauté, non moins absolue ? La cible, qui attire et qui anime, reste inatteignable. Le “sens” est ainsi remis en question, il est bien cette chose posée au loin, le motif et ce que le travail parvient à produire dans l’espace d’un en deçà, se confondant avec elle et n’y parvenant pas. Elle se dérobe en effet au discours.

©Jean Bollack

Contribution de Tristan Hordé

Sur les X de Jean Bollack, lire ici


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