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Nick Drake - Bryter Layter (1970)

Publié le 06 mars 2009 par Oreilles
Pourquoi Bryter Layter plutôt que Five Leaves Left (1969) ou Pink Moon (1972) ?
Au delà de considérations purement subjectives, le deuxième Nick Drake est, à l'image de son titre, l'album le plus lumineux de son auteur. Ce qui permet au passage de tordre le clou à l'image d'Epinal d'un Nick Drake ténébreux, dépressif, déprimant et tutti quanti ! Bien sûr, l'homme est mort de l'absorption massive de barbituriques, mais à l'image d'une Marylin, le suicide n'a jamais été officialisé l! Oui, les textes de Five Leaves Left sont particulièrement sombres ! Evidemment que le spleen adolescent et à fleur de peau de l'artiste lui a sans douté été fatal, mais ça n'était pas Ian Curtis non plus !
Preuve en est cette ravissante madeleine soul qu'est "Poor Boy", où des choeurs féminins soulignent l'apitoiement auto-complaisant de l'artiste sur son mal-être ; il y a là en effet une distance qui sied mal à une personnalité supposée entière et sans concession. Alors, si le premier disque, magnifique recueil d'enluminures guitaristiques, était parfois d'une beauté étouffante, asphyxiante, car scrutant les tréfonds de l'âme de Drake, et abusant des gammes mineures, Brighter....lui, joue la carte du cool, de l'apaisement, introduisant davantage d'influences noires -et nous parlons ici de la musique ! ,
Ainsi , "At The Chime Of A City Clock", offre-t-elle ce feeling jazz qui sied bien à la folk de l'époque. La production de Joe Boyd souligne délicatement plus que ce qu'elle n'empèse ces monuments que sont "Hazey Jane" (Parts I&II), "One Of These Things First", ou encore le sublime "Northern Sky" qui convie aussi à la paix intérieure, ou tout au moins en entrouvre les portes ("I never held emotion in the palm of my hand (...) but now you're here, bright in my northern sky").
On note aussi pour la première fois - le procédé sera repris dans Pink Moon - la présence d'aériens instrumentaux ("Introduction", et les délicates parures de flûte ornant "Bryter Layter" et le mélancolique "Sunday") qui confèrent à l'oeuvre cette atmosphère éthérée, languide, du plus bel effet.Bryter Layter était paraît-il, le disque que Nick Drake aimait le moins ! Faut-il voir là une pudeur somme toute compréhensible d'un artiste ayant du mal à conjuguer noirceur et quiétude, qui n'assume pas ses penchants guillerets ? En tout cas, cette seule caractéristique suffit à rendre ledit album important à mes yeux. Il convient donc de redécouvrir l'oeuvre de Nick Drake de toute urgence, loin de la boboïsation, dont il fait parfois l'objet au travers des media qui le rédécouvrent, le citent à tout propos façon Velvet - avait-on vraiment besoin de "Pink Moon" en musique d'appoint d'un spot publicitaire ?Cette vulgarisation parfois outrancière tend à desservir l'oeuvre plus qu'à la magnifier, car en banalisant ainsi Nick Drake, en le plaçant au-dessus de tout après l'avoir si superbement ignoré, on enlève l'aspect culte, la richesse émotionelle de sa musique. Dont on aurait tort en plus, de faire le représentant ultime de la scène folk évoquée plus haut ! Car à la même époque, Fairport Convention, Richard Thompson, Duncan Brown, Incredible String Band, Pentangle, Steelye Span ou les moins connus Trees (relire à ce sujet la chronique de Françoise Hardy (1972) ou le récemment disparu et proche de Drake, John Martyn, ont eux aussi pondu moult disques remarquables.Dont Five Leaves Left, Bryter Layter et Pink Moon ne sont jamais que des représentants thématiques de lâge d'or de la folk anglaise! Même si comptant parmi les plus achevés !
en bref : un des innombrables classiques de la faste époque folk anglaise des seventies, rien de moins ! Un bijou de concision mélodique, de légèreté, de finesse , d'arrangements somptueux. Grand disque !


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"At The Chime of A City Clock"



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