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Hommage à Stanley Kubrick - 2 -

Par Lautan

Propos de Martin Scorsese

La mort de Stanley Kubrick m'a causé un grand choc. Je suis intimement convaincu qu'il était l'un des seuls véritables maîtres modernes. Sa disparition constitue une perte incalculable pour le cinéma. Peu de cinéastes auront exercé autant d'influence que lui. Avec Dr Folamour, il a quasiment inventé un genre, celui de la comédie noire. Avec 2001, il a jeté, à lui seul, les bases du film de science-fiction moderne. Avec Orange Mécanique, il a pressenti l'esthétique punk. Avec Barry Lyndon, il est parvenu à créer quelque chose de si extraordinaire, si mystérieux et si profondément sensible que je me demande souvent si ce chef d'oeuvre a bien été perçu pour ce qu'il est. j'ai toujours eu le sentiment qu'avec chacun de ses films, Kubrick nous indiquait le cap, depuis les hauteurs où il avait accédé. Je crois que je ne suis pas le seul à avoir éprouvé cette impression. Chaque fois qu'il sortait un film - après des années de silence et de réflexion de plus en plus longues au fil du temps -, ce film constituait un événement majeur. On savait qu'on allait être surpris et apprendre quelque chose. Pour dire les choses simplement, on savait qu'on était entre les mains d'un maître, dont chaque film brillait tel un phare. j'ai visionné et disséqué ses films bien des fois, pendant toutes ces années. Pourtant, chaque fois que je revois 2001, Barry Lyndon ou Lolita, j'y découvre invariablement un niveau qui ne m'était pas encore apparu.

Avec chaque film, Kubrick se redéfinissait et redéfinissait le cinéma et l'étendue de ses possibilités. Je suis certain que tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin au cinéma ressentent cette immense perte...

Propos de John Milius

Stanley se moquait de l'heure. Il pouvait vous appeler en pleine nuit. Une fois, je lui ai dit: «Stanley, c'est le milieu de la nuit.» Il m'a répondu: «Tu es réveillé, non ?» Il ne parlait jamais moins d'une heure. Il avait tellement de choses dont il voulait discuter, il avait des théories sur tout. Il pensait que la plupart des films étaient des escroqueries et que les gens qui les tournaient étaient des escrocs. Il était fasciné par l'idée du film pur par opposition à la simple narration des histoires. Il estimait que les films souffraient d'avoir à raconter une histoire. C'est pourquoi vous avez à l'autre bout du spectre cinématographique quelque chose comme la fin de 2001.

Il était très sensible à la critique et au succès ou à l'échec de ses films. Il n'était pas très à l'aise avec Barry Lyndon. Il pensait que le public ne marcherait pas. Le film a ennuyé les gens. Je pense qu'après ce film il a cru que personne ne lui en laisserait tourner un autre. En fait, la seule chose qui l'a vraiment gêné, c'est que Barry Lyndon a été un échec commercial. Il a fait Shining contre cet échec.


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