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DEPECHE MODE STORY : A broken frame

Publié le 10 mars 2009 par Devotionall


D'habitude on dit de A BROKEN FRAME : Un album de transition. Ceci car Depeche Mode, après quelques mois d'existence, se retrouve déjà sans son principal compositeur, et doit donc espérer en Martin L.Gore, un blondinet freluquet, pour prendre la relève, si possible avec succès. La tâche est loin d'être évidente et les journaux musicaux s'empressent d'enterrer les Mode sans tergiverser. Ces derniers ont bien recruté un bon musicien pour pouvoir se produire sur scène, mais le dénommé Alan Wilder n'a pas encore, en ce début 1982, le droit de citer dans la phase d'enregistrement des nouveaux morceaux. Le premier single de l'ère Gore s'appelle " See You ", une comptine pop mélancolique et romantique, " catchy " comme on dit en Grande Bretagne, mais loin d'avoir une profondeur réelle pour ambitionner une vraie crédibilité sur la scène pop nationale. See You, ça veut aussi dire " à plus, à la revoyure ", dans un certain sens ironique, comme une dédicace à Vince, parti sous d'autres cieux. Le single suivant sera bien pire : " The meaning of love " est un exercice baroque de pop guillerette qui est assez embarrassant à écouter aujourd'hui, comparé à ce qui va suivre. La bonne surprise survient quand personne ne l'attend, avec " Leave in silence ". Voilà un morceau qui n'a rien d'un tube, mid-tempo et brumeux, gluant comme un des ces matins de réveil d'après cuite. Mais surprenant car mûr et bien plus profond que ces cinq prédécesseurs, et capable malgré tout de trouver un public sans trop de difficultés. Un signe évident, et avant coureur, des prises de risque, des innovations qui distingueront le groupe de Basildon les années suivantes.

L'album renferme aussi d'autres titres finalement assez lents, tristes, loin de la pop insouciante du premier album. " Monument " est un petit exemple de désillusion mise en chanson, alors que " Nothing to fear " est un de ces instrus bizarroïdes dont les DM ont le secret. " Satellite " est à ce jour le seul titre construit sur un code reggae, transmuté et reconstruit à coups de synthés. " The sun & the rainfall " clôt le disque sur une autre note aigre douce, augurant que " les choses doivent changer, nous devons les réarranger ", comme le récite le texte de Martin Gore. Une conscience socialiste ( ou plutôt naïvement populiste ? ) semble sortir de l'ombre, lentement, mais surement. Un rappel à cette faucheuse dans un champ de blé qui orne la couverture, et qui fait aussi écho à la mort elle-même, son arme à la main, ou simplement au temps qui passe, et n'oublie personne ? A Broken Frame, une transition, donc. Ou plutôt, une graine, qui porte en son sein l'excellence de la production à venir, et qui sans tambour ni trompette, révolutionnera la musique pop et l'usage des synthés. Comme on le verra dès mercredi prochain. ( 6,5/10)


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