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Anthologie permanente : Friedrich Hölderlin

Par Florence Trocmé

Fantaisie du soir (extrait)

[…]

Et moi, où vais-je donc ? Les mortels vivent
   De travail et salaire ; alternant peine et paix
      Tout pour eux est gaieté ; pourquoi en mon seul coeur
         L’aiguillon ne veut-il jamais dormir  ?

Le printemps a fleuri dans le ciel du soir ;
   Les roses fleurissent, innombrables, et le monde doré
      Semble apaisé ; ô prenez-moi là-bas,
         Nuages pourpres ! et que là-haut,

Dans les airs et la lumière, amour et douleur se dissolvent ! –
   Hélas, comme effrayé par ma folle supplique, le charme
      S’enfuit ; tout devient sombre, et me voici
         Sous le ciel, comme toujours, solitaire.

[…]

Abendphantasie

[…]
Wohin denn ich ? Es leben die Sterblichen
   Von Lohn und Arbeit ; wechselnd in Müh und Ruh
      Ist alles freudig ; warum schläft denn
         Nimmer nur mir in der Brust der Stachel ?

Am Abendhimmel blühet ein Frühling auf ;
   Unzählig blühn die Rosen, und ruhig scheint
      Die goldne Welt ; o dorthin nimmt mich,
         Purpurne Wolken ! und möge droben

In Licht und Luft zerrinnen mir Lieb und Leid ! –
   Doch, wie verscheucht von törichter Bitte, flieht
      Der Zauber ; dunkel wirds, und einsam,
         Unter dem Himmel, wie immer, bin ich. –

[…]

Friedrich Hölderlin, in Anthologie bilingue de la poésie allemande, sous la direction de Philippe Jaccottet ; les poèmes de Hölderlin y sont traduits par Jean-Pierre Lefebvre, Philippe Jaccottet, Robert Rovini, François Fédier, Gustave Roud. Bibliothèque de la Pléiade, 1993, pp. 462 et 463

Note bio-bibliographique de Friedrich Hölderlin

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