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« Tribune médiatique, schizophrénie et "collaboration" »

Publié le 23 mars 2009 par Raoul Sabas

Le 23 mars 2009
 

Objet :

« Tribune médiatique, schizophrénie et "collaboration" »


Monsieur Franz-Olivier Giesbert

France 5

10, rue Horace Vernet

92785 Issy-les-Moulineaux cedex 9

Fax : 01 56 22 95 31

[A l'attention d'Yves Calvi de France 5 ainsi que de Claude Imbert, Bernard-Henri Lévy, Catherine Golliau, Christophe Ono-dit-Biot, Emilie Lanez, François Dufay, Malek Chebel, Mireille Duteil et Violaine de Montclos du Point]

Monsieur,

La tribune médiatique offerte à Karim Zéribi, lors de l'émission, Chez FOG, du 14 courant, me donne une excellente occasion, non seulement de vous rappeler l'abondant courrier adressé à l'hebdomadaire Le Point, à votre intention, entre le 10 mai 2005 et le 13 mai 2006, mais également de dénoncer, une fois de plus, les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, auxquels vous prêtez votre concours sur des plateaux télévisés, comme déjà exposé dans mes lettres des 10 mai,10 juin, 24 juin et 16 décembre 2005 ainsi que dans celles des 5 janvier et 13 mai 2006.

En effet, dans ce courrier toujours sans réponse à ce jour - et pour cause ! -, je n'ai eu de cesse d'attirer votre attention sur la manipulation et la tromperie de l'opinion, auxquelles vous collaborez tout en refusant obstinément de débattre, à l'exemple de la quasi-totalité des soi-disant « élites » de l'époque, tous milieux confondus [Médias, responsables politiques, intelligentsia (prétendus intellectuels ou pseudo-philosophes) et nombre d'associations « droits-de-l'hommiste » moralisatrices à sens unique et adeptes du poids, deux mesures.], dont les noms figurent dans le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites.

Certes, c'est votre droit le plus légitime de servir la soupe télévisuelle à Karim Zéribi ou à qui bon vous semble, comme le permet votre situation privilégiée dans les médias, mais à condition toutefois de ne pas bâillonner la voix de LA Vérité éternelle absolue, autrement dit de la dissimuler, sciemment et soigneusement, aux téléspectateurs de France 5 aujourd'hui et de France 3 hier, en faisant preuve, de surcroît, de « schizophrénie » avérée, à savoir celle de votre double casquette sur laquelle je reviendrai.

Pour avoir eu le tort d'annoncer au monde LA Vérité éternelle absolue, celle-ci est à l'origine de l'empoisonnement de Socrate, de la crucifixion du Christ, de l'envoi au bûcher de Giordano Bruno et de l'excommunication de Spinoza, entre autres, car les puissants censeurs superstitieux de toutes les époques craignent rien moins que la Parole publique de ses grands diseurs, puisque trop dérangeante pour leurs intérêts de toutes sortes, et c'est pourquoi il faut les réduire au silence - par tous les moyens !

Cependant, je n'entends pas reprendre ici la totalité de l'argumentation antérieure visant à établir la distinction fondamentale entre le penser superstitieux et le véritable penser spirituel, unique source de LA Vérité absolue. Le penser superstitieux est le penser relatif de notre entendement pratique, lequel nous sert à vivre et à nous orienter dans notre monde des choses - et nullement à philosopher ! Il se manifeste, lorsque le contenu pensé dans et sur (à propos de) notre monde est fictivement érigé en absolu, c'est-à-dire mensongèrement élevé au rang de réalité ou Vérité absolue. Si je ne développe pas à nouveau, c'est parce que l'essentiel sur cette question cruciale pour LA Vérité est plus qu'amplement exposé dans ma lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy, dont vous avez eu connaissance par mon courrier du 22 septembre dernier ayant pour objet, Foi et Raison, adressé en envoi recommandé avec accusé de réception à Claude Imbert, et dont vous étiez co-destinataire ainsi que d'autres collaborateurs du Point mentionnés ici en exergue.

Pour résumer d'une phrase, le penser superstitieux de l'époque, de toutes les époques, se caractérise, selon la formule du philosophe juif allemand Constantin Brunner (1862-1937), héritier spirituel notamment de Spinoza, par l' « absolutisation du relatif », à laquelle vous n'échappez pas, et n'échapperez pas, aussi longtemps que vous cautionnerez les mensonges et les « croyances au miracle » du monde, faute de les dénoncer dans leurs divers modes d'expression [Religion, métaphysique (Matérialisme et Idéalisme), idéologie et moralisme]

Jusqu'ici je suis bien obligé de constater que ni vous ni les prétendues élites de l'époque, pourtant porteuses d'opinions mensongères, n'ont pas eu davantage de courage que d'honnêteté intellectuelle pour réfuter mes arguments - précisément faute d'éléments valables à opposer sur le fond, sauf à vous ou à quiconque, évidemment, d'apporter la preuve du contraire ! Toutefois, il est encore temps d'avancer vos objections intellectuellement et philosophiquement étayées, à défaut de quoi je suis autorisé à penser que la voix de LA Vérité éternelle absolue est imparable « sur le fond ». C'est pourquoi il ne reste plus aux « justiciers de l'Idéal », c'est-à-dire aux adeptes du « politiquement correct » d'aujourd'hui, qu'à faire taire les porte-parole de l'Absolu par des moyens expéditifs, comme on peut encore en juger, ici et maintenant,  au nom des prétendus Bien et Mal absolus, de l'Idéal en somme, bien qu'il nous demeure, à jamais, inconnaissable « en soi » !

Après ce long préambule, j'en viens à l'invitation « contre nature » faite à Karim Zéribi, socialiste bon teint, pour établir votre double casquette. Je suis bien placé, en effet, en ma qualité de lecteur du Point, pour juger la teneur idéologique de votre hebdomadaire en général, et celle de vos chroniques en particulier, sans craindre d'être contredit par des électeurs de gauche.

En clair, si la ligne éditoriale du Point privilégie la Raison au détriment de la Foi, ce dont je vous félicite car c'est déjà un grand pas vers LA Vérité, c'est exactement le contraire pour les gens de gauche en général, et pour Karim Zéribi en particulier - d'où ma dénonciation de votre double casquette sournoise ! Je doute fort par ailleurs que votre patron milliardaire apprécierait, si vous confortiez sur son hebdomadaire les opinions que vous cautionnez sur France 5 en servant la soupe à un socialiste boulimique de postes et d'honneurs, en l'occurrence Karim Zéribi, mais qui n'en ment pas moins que les autres - sauf un responsable de haut niveau, toutefois, dont je tais le nom pour ne pas lui nuire, mais dont le précieux contenu de la lettre, accréditant les mensonges et les « croyances au miracle » du parti socialiste, est à votre disposition !

Je suis, d'ailleurs, également bien placé, comme l'atteste l'abondant courrier adressé vainement, depuis des années, aux « Grandes Gueules » de RMC Info en général, et à l'intéressé en particulier, pour juger leurs interventions contradictoires, dont je tiens un florilège à votre disposition, à l'aune de leur penser superstitieux. LA Vérité absolue, en effet, est exempte de contradictions et d'incohérence, ce qui permet à Spinoza d'écrire qu'elle contient « en  soi » sa certitude du Vrai. En effet, le Vrai, à savoir ce qui est « absolument vrai », pourrait-il être LA Vérité absolue, dès lors qu'il comporte contradictions, incohérence et d'autres vérités « relatives » face à lui ? Ma réponse est NON, puisque l'Absolu est UN, c'est-à-dire Unique - sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de démontrer le contraire !

C'est pourquoi les soi-disant « Grandes Gueules » de RMC Info, à commencer par Karim Zéribi, font également partie de ces faiseurs d'opinion mensongers d'aujourd'hui, mais aussi d'hier et de demain, que je n'hésite pas à traiter ouvertement, preuves à l'appui, de « moralisateurs, lâches, racistes et faux-culs », puisque donneurs de leçons de morale aux Autres sans avoir osé avancer jusqu'ici le moindre argument pour leur défense, et a fortiori sans être pour autant plus « irréprochable » que quiconque !

Leurs vérités « relatives », bien que contradictoires et sans aucune cohérence, leur servent, tout comme à la quasi-totalité des médias de gauche, à la gauche politicienne et aux associations droits-de-l'hommiste du même bord, pourtant soigneusement et nommément dénoncés par mes soins en raison de leurs mensonges, à juger moralement les Autres : en clair, ceux qui pensent différemment. Eux, les « vertueux » autoproclamés n'agissent, en toutes circonstances évidemment, qu'en conformité au Bien absolu - dommage qu'il ne soit  qu'une fiction pour l'éternité dans un monde où tout est relatif, ainsi que je l'ai si souvent démontré ! Cette fiction ne les dispense pas pour autant de leurs condamnations moralisatrices pour « délit d'opinion » en particulier - un délit vieux comme le monde, ainsi que l'attestent les condamnations millénaires évoquées ! C'est pourquoi j'accepte d'autant moins, sur un plan intellectuel et philosophique - et nullement moral -, votre comportement schizophrénique : à droite, le jour, et de gauche la nuit.

Pour terminer sur la question du « délit d'opinion », je vous dis « CHICHE ! », ainsi qu'à tous les faiseurs d'opinion contemporains nommément dénoncés. Puisque l'époque s'autorise à juger et à condamner des personnes pour délit d'opinion (cf. Olivier-Pétré-Grenouilleau, entre autres) au nom du passé de la France, c'est-à-dire d'évènements révolus de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles, tout en prétendant exprimer LA Vérité absolue, je vous mets au défi, ainsi que tous les soi-disant « penseurs » professionnels médiatisés d'aujourd'hui, de refaire le procès de Spinoza, sur un plan strictement philosophique, afin d'établir si son excommunication, prononcée par les messieurs du Mahamad, était, ou non, une atteinte à LA Vérité éternelle absolue sous couvert de « délit d'opinion » - le jour, où le monde en sera là, les menteurs auront du souci à se faire, mais je ne crois plus aux miracles, ni même à l'honnêteté intellectuelle de ceux qui font l'opinion !

Compte tenu de ce qui précède, si je parle de « collaboration » à votre propos, ce n'est pas pour dénoncer le fait qu'un homme de droite dialogue avec un politicien de gauche, d'autant que lui-même a flirté avec l'extrême gauche dans une autre vie, car je serais même plutôt partisan de voir cette concertation apaisée devenir la règle, réalité quotidienne, au Parlement et dans les autres institutions de la République en lieu et place des habituelles batailles de chiffonniers sur fondement mensonger.


En réalité, vous n'avez pas parlé, « sur le fond », des idées de Karim Zéribi, vous lui avez seulement servi la soupe dans sa boulimie insatiable de postes et d'honneurs, le conduisant, à l'allure d'un TGV, de simple contrôleur à la SNCF à la présidence de la Régie des transports marseillais, bientôt à la députation européenne, au point même de parler de l' « ambitieux Zéribi », et de lui avoir soufflé une idée, à laquelle il ne pense pas seulement le matin en se rasant, car il ne doute de rien - il aurait d'ailleurs bien tort de se gêner, dès lors que les faiseurs d'opinion d'aujourd'hui se préoccupent de tout sauf d'analyser les idées sur le fond - sinon il y a longtemps qu'ils auraient compris ce que « Superstition » veut dire !

En conséquence, votre « collaboration », comme il en va de celle de toutes les soi-disant élites dénoncées, réside très précisément en votre participation active dans la diffusion publique des mensonges et des « croyances au miracle » du monde, tout au moins aussi longtemps que vous refuserez d'en « débattre sur le fond ». J'entends par-là accepter le seul et unique véritable débat d'idées, qui consiste à confronter les croyances superstitieuses de toutes sortes (religieuses et spiritualistes, puisque leur Dieu est identique, scientistes, idéologiques et moralistes) à LA Vérité éternelle absolue - mais ce n'est pas demain la veille !

Je ne dénonce pas seulement les croyances superstitieuses de notre époque, mais bien celles de toutes les époques, y compris celles à venir dans des siècles, voire dans des millénaires : des croyances au miracle, que LA Vérité absolue suffira toujours à invalider, comme nous pouvons en juger à l'aune des millénaires passés, mais je ne doute pas que la crédulité humaine perdure jusqu'à la fin des temps. Cependant, la moindre des choses  pour des faiseurs publics d'opinion serait d'avoir le courage et l'honnêteté intellectuelle de confronter leurs points de vue « relatifs et partisans » à LA Vérité absolue, car cautionner des « miracles » n'est qu'une preuve générale de la « débilité intellectuelle » de l'époque, telle qu'elle se manifeste notamment dans la superstition idéologique et moraliste.

En effet, pour ce qui concerne la superstition idéologique, que sont d'autre que des vœux pieux les « croyances au miracle » exprimées aujourd'hui par de sempiternelles formules creuses, telles que « Il faut moraliser le capitalisme » ; « Il faut réguler l'économie financière » ; « Il faut humaniser les prisons », etc., etc. ? Sauf à vous-même ou à quiconque, évidemment, de relever le défi lancé aux soi-disant élites de l'époque de m'indiquer concrètement comment éradiquer, de manière universelle et définitive, les perpétuels maux de l'humanité, que je ne détaille pas ici mais dont vous avez autant conscience que moi, et d'instaurer, tout aussi universellement et définitivement : paix, justice, démocratie, liberté, égalité et fraternité, entre autre, sur la planète entière - rien d'étonnant à ce que j'attende leurs propositions depuis des années, mais par contre leur lâcheté et leur malhonnêteté intellectuelle sont inacceptables !

Quant à la superstition moraliste, dans la société universelle d'aujourd'hui, des individus pas plus irréprochables que les autres, mais assurément plus hypocrites, se croient autorisés à faire culpabiliser leurs contemporains. Mais d'où tirent-ils donc leur légitimité à faire la morale, puisqu'ils ne sont pas plus d'extraction divine qu'eux ? A ce sujet, je me borne à vous rappeler que pour faire la morale aux Autres, il faudrait commencer par être soi-même irréprochable. Or, il n'y a pas, il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais, d'individus ni de groupes d'individus, « TOUS » critères d'appartenance confondus, réellement irréprochables. Face à l'Idéal, en effet, chacun est forcément coupable, coupable de « crime de lèse-Idéal », et c'est pourquoi les censeurs communautaristes d'aujourd'hui, au nom d'un passé révolu, feraient bien de s'en inspirer - la France, en effet, se portait bien mieux avant leurs jugements moralisateurs superstitieux et hypocrites !

Pour conclure, je vous renvoie, non seulement à ma correspondance antérieure toujours à votre disposition, mais surtout à ma lettre du 18 septembre dernier à Nicolas Sarkozy - théoriquement encore en votre possession sauf mépris total de LA Vérité ! -, afin de me faire part de vos éventuelles objections intellectuellement et philosophiquement étayées, établissant la fausseté de mes accusations contre les mensonges et les « croyances au miracle » du penser superstitieux dans ses divers modes d'expression. Á défaut, vous manifesteriez votre intention délibérée de continuer à les colporter, ce qui est pour le moins faire sciemment obstacle à LA Vérité, au lieu de la servir, comme le devrait tout journaliste intellectuellement honnête - or, chacun sert « sa » vérité partisane, pas « LA » Vérité !

Toutefois, dans l'éventualité d'une attitude intellectuellement honnête et courageuse de votre part, je vous remercie de votre attention et vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

  Annexe : Lettre du 18 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy


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