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Monstres contre Aliens 3D de Rob Letterman et Conrad Vernon

Par Geouf

Résumé: Le jour de son mariage, la pauvre Susan est infectée par une météorite et se met soudainement à grandir de façon exponentielle. Capturée par l’armée, elle est enfermée dans la zone 51, en compagnie d’autres « monstres » : Bob, une gelée bleue vivante, le Docteur Cafard, un scientifique fou qui a été transformé en cafard suite à une expérience malheureuse, le maillon manquant, un homme-poisson, et Insectosaure, un gigantesque mille-pattes. Lorsqu’un robot géant d’origine extraterrestre attaque la Terre, l’armée décide d’envoyer cette équipe pas comme les autres contrer la menace…

La sortie d’un nouveau long-métrage d’animation estampillé Dreamworks est de moins en moins un événement, tant le studio, qui avait réussi à faire illusion avec les deux premiers Shrek, semble s’enfoncer peu à peu dans la médiocrité et la facilité. Seul le très fun Kung Fu Panda avait quelque peu redoré le blason de la firme de Spielberg, au milieu des calamiteux Madagascar 1 et 2 et autre Shrek 3. Il était donc possible d’espérer que Monstres contre Aliens proposerait un divertissement correct, d’autant que la bande-annonce laissait augurer du meilleur. Mais bien entendu, c’était sans compter la propension du studio à réutiliser sans cesse les mêmes ficelles éculées…

Comme tous les films d’animation Dreamworks, Monstres contre Aliens souffre principalement d’un humour référentiel trop basique pour remporter l’adhésion. Outre le fait que le film sera totalement dépassé d’ici quelques années (et je ne parle pas du côté technique, mais bien de la teneur des gags), on a la désagréable impression en le voyant que les auteurs essayent d’en faire trop. L’exemple le plus flagrant de ce ratage peut être trouvé en début de film, lorsque le président des Etats-Unis décide de tenter un premier contact avec le robot extraterrestre. Il joue donc le thème de Rencontres du troisième Type sur un synthétiseur (premier bon gag, logique et fin), puis tente le salut vulcain (encore un bon gag) et devant le manque de réaction du robot, il joue alors le thème du Flic de Beverly Hills ! Et voila que le fragile équilibre comique bâtit grâce aux deux premiers gags s’effondre à cause d’une surenchère stupide et totalement illogique (la blague du « je tente tous les saluts extraterrestres que je connais » se transforme en « je joue avec mon synthé », ce qui n’a plus rien à voir). Et le pire, c’est que le réalisateur insiste sur cette blague vaseuse, la rendant encore plus lourde qu’elle ne l’est déjà, surtout lorsque les soldats se mettent à danser. Ce syndrome est présent tout au long du film, les auteurs donnant l’impression de toujours passer à côté du bon gag pour tomber dans la blague pourrie et facile : le code d’autodestruction du vaisseau alien qui doit être rentré avec un tapis de danse, la bataille entre Susan et le chef alien qui se réduit à un « j’essaie de te mettre les doigts dans les yeux » (combien de fois on a déjà vu ce gag à l’écran ?), etc. Mais plus grave que le fait de ne faire rire que les gosses de moins de 10 ans, ces gags lourdauds cassent aussi totalement le rythme de l’histoire et empêchent de réellement rentrer dans le film en nous ramenant au statut de simple spectateur.

Toutefois, le film n’est pas totalement mauvais, et propose notamment quelques morceaux de bravoures impressionnants, comme ce combat sur le Golden Gate de San Francisco. Le seul défaut de ces scènes d’action, c’est que le film arrive après Les Indestructibles, qui avait placé la barre très haute en termes de virtuosité. Du coup, même si le rythme est enlevé, on s’ennuie un peu, la faute notamment à des personnages peu charismatiques (et peu développés). Le seul personnage un tant soit peu intéressant du film est celui de Bob, la gelée bleue sans cervelle. Incarné par un Seth Rogen au sommet de sa forme, Bob est le vecteur de la plupart des vrais éclats de rire du film. Sa bêtise et ses répliques à côté de la plaque font mouche quasiment à tous les coups et il éclipse sans problème les autres personnages du film, bien fades en comparaison. Un petit mot sur la 3D pour terminer, qui malheureusement n’apporte que peu au film. En dehors des éternels « objets qui sautent à la figure », l’outil 3D n’est quasiment jamais exploité pour renforcer l’immersion, le film souffrant d’un manque de profondeur flagrant. Après le très sympathique Volt, qui lui intégrait la 3D pour dynamiser ses scènes d’action, Monstres contre Aliens fait pâle figure une fois de plus.

Ni totalement mauvais, ni vraiment bon, cette nouvelle cuvée de Dreamworks n’est malheureusement qu’un produit de consommation courante, vite vu et vite oublié, et légèrement agaçant sur les bords…

Note : 5/10

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