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Chéri

Publié le 12 avril 2009 par Va33

ChériQuand la passion n'a pas d'âge

Chéri
Chéri

Colette est un mythe. Une vie vécue au bout de la plume, celle de l’écritoire comme celle du cabaret. Une vie admirée, agitée, mais contrebalancée par l’image rassurante d’une mémère à chats.

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Quant à ses livres, notre cinéma les avait servis plutôt scolairement dans les années 50, sous l’oeil vigilant de la grande dame. La France est passée à côté de Colette. Le seul qui a su transposer l’alliance colettienne de légèreté et de profondeur était un étranger, un Américain, Vincente Minnelli, dans une flamboyante version de « Gigi ». Avec Stephen Frears, c’est encore un étranger, britannique cette fois, qui renouvelle cette performance.

Frears et Colette ? On peut s’étonner de l’attelage, même si le réalisateur anglais avait déjà démontré tout son savoir-faire sur un autre classique français, « Les liaisons dangereuses ». « Tout a l’air si futile et spirituel chez Colette, mais la tristesse se cache sous ce vernis, les sentiments sont suggérés. J’aime les écrans de fumée, ce qui n’est pas dit »,     explique Frears, avant d’avouer que « Chéri » fut le film le plus difficile de sa carrière, pourtant longue :     « Car il fallait sans cesse osciller entre le champagne, le brillant, et le sombre, le tragique. » Oscillation parfaite : « Chéri » est un film élégant, chatoyant, parfois drôle, en même temps qu’une méditation superbe sur le temps qui passe, l’orgueil exacerbé par l’amour, les affres de l’absence. Autre défi pour Frears : rendre aimables deux personnages peu jojo a priori. D’un côté, Chéri, jeune dandy creux et décadent, enfant gâté. De l’autre, Léa, cocotte sur le retour, qui brûle avec lui ses ultimes années de beauté glorieuse, avant de le laisser filer, faussement indifférente, vers un mariage arrangé. En suivant Chéri et Léa dans leurs douleurs d’animaux blessés qui tentent de se dissimuler leur amour, Frears les sauve et atteint le but de Colette : montrer que « ces gens-là », malgré leur milieu, peuvent aussi souffrir honnêtement, dignement. Pureté, émotion : le film va crescendo.

Bien sûr, toutes ces intentions seraient restées lettre morte sans le duo d’acteurs. Tête à claques veule et infantile, Rupert Friend finit par toucher. Quant à la revenante Michelle Pfeiffer, elle est simplement sublime !

Posté par va33 à 20:02 - Film - DVD - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : Michelle Pfeiffer, Stephen Frears 
 

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