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Quelques olives et un saint patron des séismes à Ascoli Piceno

Par Peggy Picot

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294 victimes, 24 000 personnes en attente de retrouver une vie, des secousses qui n'ont pas cessé, une existence qui bascule en 20 secondes, au milieu de la nuit: je n'ai pas grand chose à ajouter concernant le tremblement de terre survenu la semaine dernière à L'Aquila. Mais il se trouve que le week-end précédant la catastrophe, nous avons traversé les Abruzzes avec le ragazzo. A quelques kilomètres, il jouait avec son quartet jazz à Ascoli Piceno, une élégante ville des Marche.

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Une belle endormie à l'art de vivre plaisant. A l'ombre des terrasses de ses placettes Renaissance, on déguste les fameuses olives à l'Ascolana, de succulentes olives préparées avec une farce assez similaire à celle des tortellini, frites dans une panure fine (retrouvez mon humble version ici). Les habitants ne semblent pas s'en lasser.  Et je les comprends! Un cornet pour combler un petit creux, une belle assiette en antipasto,  à picorer à l'apéritif. Ils les servent avec de la crème frite (étonnant et indescriptible, imaginez de la crème pâtissière coupée en morceaux, roulée dans la panure puis cuite dans l'huile) et des lanières de courgettes frites. Certes, beaucoup de friture mais pour une fois, j'ai apprécié ces apéritifs, entre amis, arrosés de l'excellent vin rouge supérieur des Marche.

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Quelques bonnes adresses, piazza del Popolo: Meletti (pour prendre l'apéritif, goûter leur anisette ou déjeuner d'un plat de "campofilone al ragù", de fines pâtes coupées à "la chitarra"), Lorenz (pour ses cornets d'olives, les meilleures de la ville pour moi)...

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Les secousses ont été ressenties très fort ici à Ascoli. Heureusement, la ville et ses habitants n'ont subi aucun dommage. Ils s'en tirent avec quelques fissures et la peur de la "prossima volta". Depuis lundi, on ausculte chaque jour les bâtiments à risque, certains ont même dormi dans leur voiture suite aux répliques les plus puissantes. Selon nos amis, Alessia et Andrea, ils doivent leur salut à Sant' Emidio, saint patron de la cité qui protège Ascoli Piceno des tremblements de terre depuis le IVe siècle... Déjà en 1703, Ascoli avait été "miraculeusement" épargnée par le séisme de grande ampleur qui avait gravement touché la ville de l'Aquila (3000 morts). Des Saints plutôt qu'une Eglise obscurantiste, des lois humaines plutôt que l'ambition électoraliste de politiques populistes. Oui, j'aurais envie d'y croire.

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Si l'homme n'est qu'impuissant lorsque surviennent ces catastrophes naturelles, il n'a rien d'innocent quand il construit en toute conscience des édifices (simples habitations mais aussi maison des étudiants ou hôpital...) qui ne respectent pas les normes anti-sismiques, ignore les risques annoncés, préfère le profit facile à la responsabilité durable...

Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés


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