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Anvil! The Story of Anvil

Publié le 13 avril 2009 par Epicure
Anvil

En déambulant au centre-ville de Toronto en fin de semaine, j’ai remarqué qu’un megaplex de cinéma présentait le documentaire Anvil! The Story of Anvil, que je n’espérais jamais voir en salle vu son statut de film indépendant.

Two for Anvil please, ma’am. Titeur 4? Tankiou.

Anvil est une formation heavy metal canadienne qui a shaké les fondations du genre au début des années 80 avec l’album Metal on Metal. À l’époque, des groupes similaires tels Megadeth, Slayer et Metallica faisaient encore leurs dents et le style de metal agressif que pratiquait Anvil allait leur paver la voie. Malheureusement, le groupe fondé par Steve “Lips” Kudlow (chanteur et guitariste) et Robb Reiner (batteur) n’a jamais obtenu le succès qui lui revenait. Mal conseillé, mal épaulé, malchanceux, Anvil a sombré dans l’anonymat total.

Le film nous montre où Kudlow et Reiner en sont aujourd’hui, 25 ans après Metal on Metal. On apprend avec surprise qu’Anvil a sorti dix autres albums depuis, n’abandonnant jamais l’idée de percer un jour. Les gars ont 51 ans aujourd’hui. Ils travaillent le jour et jouent dans les bars le soir devant une poignée de vieux fans dont le t-shirt usé de leur groupe préféré commence à épouser royalement la forme du bedon.

Kudlow a en banque quelques chansons qui devraient enfin permettre à Anvil de joindre les plus grands. Il réussit même à obtenir les services d’un top producteur. Le problème, c’est qu’il en coûtera 25 000$ pour réaliser l’album. Cassé comme un clou, Kudlow se trouve un emploi supplémentaire dans une firme de télémarketing. Il ne “toffe” que huit heures. Sa soeur, le coeur brisé de n’avoir jamais vu son petit frère réaliser son rêve, accepte finalement de lui avancer l’argent. Anvil enregistrera finalement son 13e album!

Il y a un peu de This Is Spinal Tap et de Some Kind Of Monster dans ce film où le loufoque, le pathétique et le dramatique se succèdent sans arrêt. Mais l’ingrédient qui distingue ce film des deux autres et le rend encore plus riche est la tendresse. Kudlow et Reiner sont touchants de candeur et de sincérité. Ce sont deux maudits bons gars qui ont vu l’Occasion avec un grand O leur filer entre les doigts et qui refusent de s’avouer vaincus. On pousse avec eux malgré tout, en espérant presque qu’une fin hollywoodienne nous annonce que le nouvel album aura vendu 250 000 copies et qu’Anvil partira prochainement en tournée avec Metallica.

On devine sans trop de peine le dénouement mais cela ne gâche absolument pas le plaisir que l’on prend à voir l’histoire d’Anvil. Prenez le film comme une Musicographie dont on aurait égaré les 10 dernières minutes, juste là où le groupe commence à remonter la pente après l’enfer de la drogue.


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