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Slumdog Millionaire de Danny Boyle (2009)

Publié le 13 avril 2009 par Diana
A l’heure où Slumdog Millionaire (2009), soutenu par ses 8 oscars, vient de franchir la barre de 2 millions d’entrées en France, voilà l’opportunité pour nous, de s’arrêter sur le dernier film de Danny Boyle.
Slumdog Millionaire est un film britannique entièrement tourné à Bombay, en Inde. Tiré du roman de l’indien Vikas Swarup : Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire, le film narre le parcours de Jamal, un « chien des bidonvilles » de Bombay ; depuis son enfance jusqu’à son accession à la dernière question du célèbre jeu télévisé Qui veut gagner des millions ; qui est en passe de bouleverser sa vie.
La structure narrative du film prétexte les questions posées au cours du jeu par l’animateur à Jamal, pour évoquer les différents événements de sa vie et comprendre comment il a pu réussir à atteindre ce stade du jeu (stade auquel même les plus brillants ingénieurs, chercheurs ou docteurs peinent à accéder).
En effet, dès l’ouverture du film, la question est posée : le jeune héros est-il intelligent ? Chanceux ? Tricheur ? Ou est-ce tout simplement son destin ? Une fois l’intrigue posée, on s’aperçoit rapidement que celle-ci n’est en fait qu’accessoire en contraste avec la vie de Jamal, tant son parcours décrit par Boyle, semble chaotique et brutal. Au travers du personnage principal : Jamal, de son frère : Salim (inexistant dans le roman) et de son amie de toujours : Latika ; le récit tente, avec une certaine fluidité, d’évoquer les différentes facettes de l’Inde.
Bon nombre de facettes du pays y sont évoquées : la misère sociale (quand elle n’est pas humaine) du quotidien d’orphelins livrés à eux-mêmes dans des bidonvilles, la prostitution, le trafic humain, la délinquance, la religion (conflits éternels hindous-musulmans), le cinéma « bollwoodien » (l’autre religion du pays), le tourisme, etc…
Mais la réussite du film réside dans le fait que Danny Boyle ait su garder un ton accessible, servi par un scénario riche, la narration, espacée tant dans le lieu que dans le temps, reste dense.
De plus, Boyle sait saisir les ressources locales, sa caméra filme les paysages avec un jeu de caméras et de couleurs remarquables, une musique captivante du génial AR. Rahaman (2 oscars), quelques touches d’humour et des clins d’œil au « Bollywood » notamment avec le générique de fin qui soulignent l’optimisme propre à ce pays ; Ici, personne ne se plaint, tout le monde vit sans recul, un peu comme dans le film tout est excessif, la réalité est aussi violente et cruelle que le personnage principal est passionné et optimiste. En jonglant avec ces éléments et en faisant évoluer autour du triangle de personnages des intrigues renvoyant aux liens familiaux ou amoureux, le cinéaste reste toujours au premier degré et arrive ainsi à rester universel et divertissant.
C’est peut-être en cela que le film a déçu certains critiques, Danny Boyle, qui a débuté sa carrière avec des films tels que Petis meurtres entre amis ou Trainspotting semble avoir occulté volontairement le cynisme qu’il pouvait avoir en lui pour offrir dans Slumdog, un spectacle grand public, manichéen (les méchants sont très méchants !) et moral. Car assurément, ce film reste moral, dans le sens où (sans dévoiler le dénouement du film) il se termine dans l’ordre des choses, à l’image des destinées respectives des deux frères ; comme si cela était écrit ;
Et c’est en cela que le film peut paraître déroutant, car après avoir réussi à nous faire évader dans un autre monde pendant près de 2 heures, on s’aperçoit en réalité que, souligné par le final chanté et chorégraphié, ce n’est que du cinéma (mais du bon cinéma).
Cassius

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