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Les Bantous de la Capitale à l'Olympia

Publié le 13 avril 2009 par Gangoueus @lareus
Note d’avertissement
A mes amies et amis qui me rendent régulièrement visite, je tenais à introduire cet article en soulignant qu’en ce mois d’avril, je n’ai pas changé la ligne éditoriale de ce blog. Certes, mes impressions de lecteur du mois tardent à prendre forme pour des raisons liées à mon environnement de lecture. Je tiens à m'en excuser. Je vais donc faire le nécessaire pour circonscrire cette panne, mais sachez que mes commentaires de lectures restent le moteur de l’activité chez Gangoueus, complétés de quelques chroniques mondaines ou de coups de gueule sur des sujets qui me tiennent à cœur tournant autour de la culture.

Jean-Serge Essous et les Bantous de la capitale


Organisation africaine pour ne pas dire congolaise
Il me fallait cette petite entrée en matière pour poursuivre sereinement cet article lié à ma modeste couverture du concert événement des Bantous de la Capitale à l’Olympia Coquatrix de Paris. En effet, j’ai été aimablement convié à couvrir ce concert pour un journal d’Outre-Rhin. Les Bantous de la Capitale. L’évocation simple de ce nom a fait ressurgir des profondeurs de ma mémoire, des mélodies, des rythmes langoureux de ce groupe qui a fait danser l’Afrique entière du temps des indépendances et a accompagné plusieurs générations de congolais dans leur cheminement et inspiré la plupart des tenants de la rumba congolaise d’aujourd’hui sur les deux rives du grand fleuve. Entre nous, je ne pensais pas que ce groupe jouait encore… J’ai néanmoins été contrarié par les organisateurs et l’amateurisme dont ils ont fait preuve pour gérer les invités… Juste un chiffre pour que vous puissiez saisir la frustration de votre blogueur journaliste préféré : 1h45. C’est le temps qu’il m’a fallu attendre pour rentrer dans la salle mythique. Le temps de discuter avec un ami blogueur, d’observer le public coquet composé principalement de congolais mais également d’européens. Ce monde de dandys arrivant à son rythme, souvent de la génération de mes parents, mais également constitué de nombreux jeunes, semblait emballé à souffler les 50 bougies avec les papys de la rumba congolaise. Etrange situation où les retardataires munis de leur billet, toisaient le sourire en coin, avec la démarche chaloupée, les invités abandonnés à leur triste sort. Désabusé par les agents de sécurité du site qui me rassuraient, goguenards, que ce genre de situation n’arrivait jamais sur d’autres concerts… Enfin, tout n’est pas sombre, j’ai quand même pendant cette période trouble, serré la pince du grand Manu Dibango venu voir son ancien collègue de l’Africa Team de Grand Kallé.
Le show des Bantous de la capitale
J’ai loupé la première partie. Ce n’est pas grave. Un sympathique journaliste d’Afrik.com a hâté mon entrée dans la salle. Les ancêtres de la musique congolaise étaient déjà lancés. Une émotion m’a tout de suite saisi. Bon sang, je réalisais la portée de l’événement. Quel fabuleux hommage pour les 50 ans de ce groupe qui a participé à l’histoire la musique africaine que de pouvoir jouer dans cet antre de la musique mondiale. Mais encore faut-il se montrer à la hauteur de l’événement. Et c’est surement la leçon que laissera ce groupe qui a su se renouveler et qui a joué ses classiques avec maestria tel que « Isabelle », « Comité Bantu », « Masuwa », « Mama Alphonsine » et bien d’autres. L’aspect technique du concert a été d’une qualité telle qu’on en oubliait les grésillements avec lesquels on avait grandi et le côté vieillot de certaines mélodies que j’avais toujours écouté sur Radio Congo ou sur le tourne-disque de mes parents. En fait, le public a eu droit une version remastérisée de tous les classiques des Bantous de la Capitale, avec une sonorisation démente, un Ricky Siméon déchaîné à batterie assurant la cadence de cette rumba congolaise originelle accompagné de son compère Vieux Massengo « Tam-Tam » au dit instrument. La défense selon Kabako Lambert était solide, à l’instar du duo Blanc-Desailly durant la coupe du monde de football 98. Les ailiers ont également livré un récital de très bonne facture au niveau des guitares solo et basse… Les ingrédients d’un bon plat livré chaud et à temps au public de l’Olympia. Que dire des voix limpides du trio d’attaquants Kabako-Mangani-MBemba ? Du travail de pros qui effacent le mécontentement cumulé pendant 1h45 pour vous entraîner à faire le pas de danse parce que vous passer décidemment un sacré moment. L’entrée sur scène du patriarche Jean-Serge Essous a été la cerise sur le gâteau. Ses compères Ganga Edo, Nino Malapet, Celestin Nkouka n’étaient malheureusement pas de la partie. Mais comme on avait affaire à des gentlemen, le public a eu droit à des excuses de l’orchestre des Bantous de la Capitale.


Le public enthousiaste (Photo Gangoueus)


Que dire pour conclure ?
D’abord, le sentiment d’avoir participé à un événement unique, dans une place unique, où l’occasion m’était donné d’avoir la définition exacte de la rumba congolaise. Puis, l’impression d’être au contact avec une génération qui va disparaitre et enfin, de la nostalgie à l’endroit d’une part de Congo perdue ou qui risque de se perdre. Oui, je suis élogieux concernant ce spectacle à la hauteur de ce qu’a longtemps représenté les Bantous de la Capitale : un phare pour la musique africaine.

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