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Christian Marchal, par Marie Lebrun

Par Deslivres.fr
Autant est-il très vif pour rendre compte d'un livre, autant rédiger quelques lignes le concernant le laisse coi.
Christian.

J'ai donc accepté de témoigner à visage couvert et la voix déformée.
Sa table de nuit ressemble à un gros cube chargé de livres. Au sol, un gros bouquin sur Bob Dylan chevauche des nouvelles de Sciascia.
Dumas est vautré sur un livre intitulé Les Jésuites, lequel est adossé à Salman Rushdie.
Au-dessous, écrasé par l'autobiographie d'Evguénia Guinzboroug et ses témoignages sur les camps d'URSS, un livre sur Churchill (on voit son visage sur la couverture), lequel jette un regard torve sur les commissaires alcooliques anonymes des polars le jouxtant.
Il les aime ses commissaires : le Dave Robicheaux de  James Lee Burke en tête, Le Montalbano de Camilleri, mais plus que tout, plus que  la douceur angevine, le voleur Dortmunder de Westlake.
Je vois Christian qui pouffe de rire dans son lit.
Il a des lubies, ce lecteur, et il leur est fidèle. Jadis il s'est fortement intéressé à l'histoire des virus en lisant un livre de Mirko Grmek. Alors on n'est guère étonné de le retrouver dix ans plus tard avec Vérole, cancer et cie de Lambert dans ses mains. Il est aussi passionné d'histoire, les Cathares, les années 70, l'époque romaine... Fou de mythes, il s'émeut encore de la mort d'Hector.
Mais le spectacle le plus étonnant, c'est lorsqu'il ressort Cent ans de solitude et qu'il récite «Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia …. » qu'il connaît par coeur. Ce sont les rares moments où il est sérieux. La relecture est cyclique chez lui. Un lustre et il  relit. Dumas par exemple. Je l'ai vu relire une série de Zola. Peut-être les faibles fois où son moral tourné vers le rire a vacillé. Voilà pourquoi pas loin de lui traînent Perec et Queneau. Les jeux littéraires l'enchantent et il les pratique, jubilation.
Et puis, il a ses petits jardins secrets, des livres qu'il lit en cachette. Je suis tombée sur l'un d'entre eux, sans fouiller : La crise, pourquoi en est-on arrivé là ? Mais la pudeur me prend.

Christian Marchal habite à Douvres-la Délivrande et dans sa voiture il écoute en boucle les Rolling Stones et rit du sourire de Shane Mc Gowan.

 

Ses auteurs de chevet :

  • Georges Perec
  • Raymond Queneau
  • David Goodis
  • Italo Calvino
  • Léonardo Sciascia
  • Alexandre Dumas
  • James Lee Burke
  • John Steinbeck

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