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Lecture du futur : l'Australie face au numérique, l'hésitation

Publié le 14 avril 2009 par Actualitté
La révolution des ebooks... Tout le monde en parle aujourd'hui, mais en Australie, on estime qu'elle a commencé voilà 12 à 18 mois. Et les lecteurs qui l'accompagnent ont débuté à ce moment. Pour certains, si l'enthousiasme est aussi vif que pour les téléphones portables, alors on aura un taux de pénétration rapide, mais le prix des appareils reste encore cher.
Une rengaine
Le choix du téléphone portable pour la lecture d'ebooks s'est alors imposé et même si, comme le précise le directeur marketing de Random House, Brett Osmond « nul ne sait de quoi l'avenir sera fait », il est clair qu'il tournera autour du format électronique, ce futur.
Sven Birkerts est auteur, et pour lui, c'est le rapport essentiel de l'Homme à la lecture qui sera modifié avec cette transition violente, bien au-delà d'un remplacement d'un support de diffusion par un autre. Tout le processus créateur sera changé, pour les auteurs, et celui de la relation à l'imaginaire, pour le lecteur et l'écrivain, finalement.
Bob Stein, directeur de l'Institue for the Future of the Book (New York), le débat doit d'ailleurs être réorienté : « Si vous pensez le livre comme un objet fait de pages imprimées, alors il n'y a pas d'avenir pour les livres et la question est sans intérêt. » Pour lui, le livre est un véhicule à idées, qui voyagent dans le temps et l'espace, aussi, l'une des choses les plus difficiles « sera la résignation face à notre nostalgie ». Et d'ajouter : « J'aime les églises gothiques et je suis désolé que l'on n'en construise plus, mais c'est ainsi. »
L'Australie sur le pied de guerre
Belle image. Et pour les éditeurs australiens, si l'on se prépare nécessairement à cette mutation, le marché sur l'île est encore lent. Chez Allen & Uwin, on tente de se raccrocher à ce qu'est le marché de l'ebook, mais pour l'heure plusieurs problèmes se posent. D'abord, on trouverait principalement des PDF, pas toujours les plus intéressants et les lecteurs d'ebooks coûtent cher, très cher. Le Sony Reader approche de l'Australie, mais reste encore lointain. Et en outre, le prix des livres numériques est le même que celui des versions papier. Un frein décisif.
Livre d'art contre livre...
Alors Elizabeth Weisse, la directrice de la maison fait un tour d'horizon : la concurrence arrive, est déjà là, avec des livres chez Amazon à moins de 10 $, mais comment faire pour un éditeur ? L'auteur doit encore être payé, et si certains frais disparaissent, d'autres viendront.
Alors quel avenir pour le livre papier ? Pour elle, c'est celui d'objet d'art, que seules les personnes argentées pourront s'offrir. La fonction esthétique ne saurait être rendue avec un ebook et Elizabeth ne connaît pas beaucoup d'ouvrages qu'elle aimerait lire en version électronique. Il est à la fois insensé de résister à la numérisation, mais trop tôt pour élaborer des schémas économiques... « Les consommateurs sont plus lents à s'emparer des ebooks, car il reste une certaine haute idée de la version imprimée. »
D'un continent à l'autre, les problèmes changent-ils réellement ?

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