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L’essor du cinéma d’animation en Israël (Variety)

Publié le 14 avril 2009 par Yguerda

PRESSE. Voici la traduction d’un article paru le 26 novembre 2008, sur l’essor de l’animation en Israël dans la revue américaine Variety. L’occasion de dresser une petite étude comparative entre Valse avec Bachir et Le Sens de la vie pour 9,99$.  Signé Ali Jaafar.

L’essor de l’animation israélienne

On attend pendant des années qu’un film d’animation israélien soit créé, et voilà qu’il en apparaît deux au même moment…

Valse avec Bachir d’Ari Folman et Le Sens de la vie pour 9,99$ de Tatia Rosenthal, vont probablement faire un carton dans les salles américaines dans les prochaines semaines. [...] Les deux films figurent sur la liste des 14 nommés pour les Oscar dans la catégorie film d’animation. Impressionnant pour un pays qui n’avait jamais produit la moindre animation avant cette année (2008, ndlr).

Je n’ai pas souvenir qu’il y ait eu des films d’animations avant ces deux-là“, affirme Etgar Keret, qui co-écrit  Le Sens de la vie pour 9,99$ avec Rosenthal. Les deux films, du moins en apparence, ne pourraient pas être plus différents.

Valse avec Bachir est un récit autobiographique réprobateur sur l’invasion du Liban en 1982. Invasion qui a conduit au massacre de milliers de civils palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, par la main des phalangistes chrétiens, avec l’aide de l’armée israélienne.

Le Sens de la vie pour 9,99$, en revanche, est une fable surréélle, tentaculaire,  sur la signification de l’existence dans lequel évoluent des personnages disparates, dont un ange gardien renfrogné.

Pourtant, les deux films ont des points communs bien au-delà du fait qu’il s’agisse de deux animations.

Le film d’Ari (Folman, ndlr) est un documentaire situé spécifiquement dans l’espace et le temps ; Le Sens de la vie pour 9,99$ est au contraire très surréaliste et se déroule dans une ville archétypale hors du temps. Mais nous racontons tous les deux des histoires de jeunes gens qui cherchent ce qu’ils sont dans un monde qu’ils n’ont pas créé“, remarque Etgar Keret. “Nous sommes tous les deux de la même génération, celle qui cherche un meilleur avenir mais est entourée de gens trop pessimistes pour penser qu’un tel avenir soit possible“.

Keret a longtemps rejeté les propositions des producteurs pour adapter ses nouvelles, dont la longueur n’excède souvent pas cinq pages. Il avait le sentiment que les voir mises en action ne leur rendait pas justice.

“Il s’est passé quelque chose de spécial entre le travail d’Etgar et la technique de stop-motion que nous avons choisi d’utiliser”, précise Tatia Rosenthal pour expliquer comment elle a finalement convaincu Keret de collaborer au projet.

Autre point commun, les deux films ont vu le jour difficilement. Keret et Rosenthal ont passé huit ans à tenter de trouver des fonds pour Le Sens de la vie pour 9,99$. Finalement, ils ont trouver des financements en Australie et en Israël. Le film a été tourné en Australie et la post-production du film s’est faite en Israël.

De la même façon, il a fallu beaucoup d’années à Ari Folman pour faire Valse avec Bachir. L’absence d’infrastructures destinées à l’animation en Israël, l’ont même conduit à créer son propre studio en 2003, le Bridgit Folman Film Gang. Il a aussi inventé des techniques d’animation spécifiques : un mélange de Flash, 3-D, et des techniques classiques.

Valse avec Bachir, qui zigzague entre passé et présent, scènes de rêves hallucinatoires, et parfois des scènes de bataille spectaculaires, a été un succès mondial (…). 100 000 entrées en Israël, un chiffre d’autant plus impressionnant qu’il n’a été diffusé que dans neuf salles du pays.

Et bien que l’animation du film soit visuellement sublime, c’est la fin, atroce (images d’archives du massacre de Sabra et Chatila) qui oblige le spectateur à affronter l’horreur de ce drame.

Je ne voulais pas qu’on sorte de la salle en se disant que c’était un film chouette, avec de beaux dessins et une superbe bande originale“, déclare Ari Folman. “Je voulais qu’on réalise que derrière ces dessins, des hommes avaient été abattus. Des enfants, des femmes, des vieillards, par milliers. De vraies personnes sont mortes là-bas.”

>>>  Lire l’article en version originale : Israel animation blooms, by Ali Jaafar (Variety)


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