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Pandore au Congo

Par Liliba

Albert SANCHEZ PINOL

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A Londres en 1914, Thommy Thomson est nègre pour un écrivain populaire quand il est contacté par un avocat pour écrire l'histoire de son client, Marcus Garvey, un gitan accusé du meurtre de ses maîtres lors d'une expédition au Congo. Thommy pense avoir trouvé enfin sa chance d'assouvir ses espoirs de gloire littéraire et se jette à corps perdu dans le récit de la vie de cet homme, à qui il rend visite en prison pour recueillir son témoignage. Marcus raconte et Thommy écrit, sans prendre conscience auparavant de l'importance que le témoignage de Garvey aura sur sa propre vie.

Nous partons de Londres pour la jungle angoissante du Congo, puis pour le centre de la terre, avant de revenir vers Londres et le voyage qui se déroule dans ce roman n'est pas de tout repos. Comme dans La peau froide, extrêmement dérangeant mais que j'avais adoré de bout en bout, cette épopée, plus que de nous faire voyager géographiquement, nous emmène au plus profond de l'être humain, au coeur des hommes, là où se nichent les âmes et les sentiments : violence, cruauté, soif de vengeance ou de pouvoir, bêtise, lâcheté se révêlent à cause des évènements étranges qui se déroulent dans cette jungle hostile, mais aussi la curiosité, la générosité, la bravoure, l'attention aux autres et l'amour. Ainsi ce roman est à la fois un voyage et un portrait de l'âme humaine, avec tout ce qu'elle peut offrir de bon ou d'innommable... L'auteur nous emmène à la rencontre une fois de plus de créatures repoussantes, hostiles au premier abord, mais toute la réflexion de ces deux livres est là : sommes-nous capables, nous les hommes, forts de notre intelligence et de nos connaissances, de communiquer avec d'autres espèces vivantes, avec une race d'êtres différente de la notre mais possédant également intelligence, réflexion, technique sans les cataloguer au premier abord comme des ennemis et sans chercher à leur nuire ou à les exterminer ? L'homme, certains hommes arrivent-ils à surmonter leurs peurs primales, leur dégoût de la différence physique (ou leur attirance dans ces deux romans pour la femme, une femme terriblement belle et désirable bien que monstrueuse) pour tenter de comprendre d'autres créatures ? Est-il possible de vivre côte-à-côte en bonne intelligence, ou les différences culturelles et physiques empêchent-elles tout contact à jamais ?

Une lecture passionnante, et un auteur à découvrir pour sa réflexion et l'originalité des ses livres. Mais je comprends parfaitement que ce roman puisse impressionner et ne pas plaire, tant on est plongé dans un univers dérangeant et tant on se sent mal à l'aise tout au long de la lecture (moins cependant dans celui-ci que dans La peau froide, que j'ai trouvé de qualité supérieure -et encore plus angoissant- et que je vous suggère de lire en premier si vous voulez découvrir cet auteur.


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