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Saint Chamond : l'avenir de l'église soumis aux verdict des urnes

Par Benoit De Sagazan

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Lors de la campagne électorale, Philippe Kizirian, Maire de Saint-Chamond, avait annoncé qu'il solliciterait l'avis des habitants sur l’avenir de l’église Notre-Dame. Un an après, le dimanche 26 avril 2009, ils sont appelés à se rendre aux urnes pour répondre par oui ou par non à une seule question : Êtes-vous favorable à ce que la commune de Saint-Chamond achève la restauration de l’église Notre-Dame ?

Nouveau ! La Croix a consacré une page à l'événement le 20 avril :
Le sort de Notre-Dame à Saint-Chamond se règlera dans les urnes la Croix 20 avril 2009 (doc pdf)

Une consultation qui peut paraitre étrange mais qui, pour le moins, pose le problème sur la table. Aux Saint-Chamonais d'y répondre en leur âme et conscience. Mais coté chiffres, on ne nous dit pas le coût de la reconstruction d'une église ni par qui sa construction sera financée, par la Ville ou par le diocèse ? On notera par ailleurs le coût colossal de la "déconstruction". Il apparait un différentiel de 600 000 euros entre restauration, 3, 3 millions d'euros) et démolition (2,7 millions d'euros, sans compter le cout d'une nouvelle construction sur l'endroit dit "libéré")...

L'église a-t-elle un intérêt artistique ?

Outre le caractère affectif, qui n'est pas l'un des moindres critères, que peuvent avoir les habitants pour ce monuments, voici ce qu'on peut souligner des caractéristiques artistiques et patrimoniales de l'édifice :
Construite sur les plan de l’architecte Etienne Journoud, l'église a été consacrée en 1881 par le cardinal Caverot
Ses vitraux sont des œuvres d’art du maître verrier de Chartres Nicolas Lorin et son orgue, inauguré en 1883, est signé par Michel Mercklin,. La tour est équipée d’un carillon monumental composé de 10 cloches fondues par Charles Arragon et inauguré en 1892.
Notre -Dame est l’une des plus grandes églises de la région, elle est longue de 60 m et peut contenir 1000 personnes. La flèche s’élève à 67 mètres de hauteur. Les derniers travaux d’embellissement datent de 1925-1930
(certaines sculptures de la façade, tambour d’entrée)

Trois hypothèses d'avenir pour l'édifice cultuel sont avancés :

1ère hypothèse :

La démolition de l’église par déconstruction des parties hautes et démolition de l’ensemble bas
Elle met fin à de lourdes charges d’entretien et >> libère un espace à requalifier.
De lourdes contraintes urbaines sont à prévoir qui affecteront la vie en centre ville : 18 000 tonnes de matériaux à évacuer ( 900 rotations de camions) dans une période d’un an et demi (9 mois de travaux effectifs). Le stockage des vitraux, cloches, pinacles, angelots est à prévoir.
D’autre part, l’église, pour être démolie, doit être désaffectée par un arrêté préfectoral après consentement écrit de l’autorité diocésaine (l’évêque). Celui-ci n’accepterait cette démolition que si la commune s’engageait à construire une église nouvelle dans le centre ville (sur le même emplacement ou sur un autre lieu à proximité). Mais il y a
une incertitude, du point de vue de la jurisprudence, sur la possibilité que la commune puisse financer avec de l’argent public les travaux de construction d’un nouvel édifice destiné au culte, compte tenu de la loi du 9 décembre1905 (article 2).
Par ailleurs, l’église Notre-Dame se trouvant dans le périmètre d’un bâtiment classé (Hôtel de Ville), l’avis de l’architecte des bâtiments de France doit être sollicité.
Le coût prévu de la démolition est de 2 758 000 € TTC à budgéter sur une ou deux années.
Le coût d’une nouvelle église plus petite dépend de sa taille et de ses qualités architecturales.
la restauration extérieure de l’église est poursuivie (toiture, rue du Presbytère), l’intérieur est remis en état, l’édifice sécurisé est remis à la disposition du diocèse et reste totalement affecté au culte catholique.
La réhabilitation est achevée dans 3 ou 4 ans. >> La commune propriétaire assure l’entretien de l’édifice. C’est le
retour à la situation antérieure aux travaux de restauration.
Le coût prévu est de 3 306 000 € TTC.

2ème hypothèse :

La restauration extérieure de l’église est poursuivie (toiture, rue du Presbytère), l’intérieur est remis en état, l’édifice sécurisé est remis à la disposition du diocèse et reste totalement affecté au culte catholique.
La réhabilitation est achevée dans 3 ou 4 ans.
La commune propriétaire assure l’entretien de l’édifice. C’est le
retour à la situation antérieure aux travaux de restauration.
Le coût prévu est de 3 306 000 € TTC.

3ème hypothèse :

La solution mixte. La restauration de l’église est poursuivie (toiture, rue du Presbytère), l’intérieur est remis en état, une partie de l’église est désaffectée.
L’espace intérieur de l’église est réaménagé de manière à conserver une petite église de 200 places environ pour l’exercice du culte catholique. Le reste ( 7 à 800m2) fait l’objet d’une désaffectation, il est mis à la disposition de la commune.
Le Diocèse n’est pas opposé à cette solution. Des discussions devront se poursuivre pour étudier une répartition possible de l’espace intérieur. D’autre part, la commune ne sait pas encore quelle utilisation elle pourrait faire de l’espace désaffecté et n’envisage pas son utilisation, pour des raisons financières, avant la prochaine mandature.
Le coût prévu est de 3 306 000 € TTC.
Auquel il faut ajouter le coût du réaménagement de l’espace intérieur difficilement chiffrable aujourd’hui.

Consulter le dossier sur l'avenir de l'église Notre-Dame de Saint-Chamond

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d'autres notes sur des thèmes voisins dans les rubriques Quel avenir pour nos églises ?, Eglises en préil et Patrimoine de la Loire


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