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Dans la peau d'un juré du Challenge International du Vin

Par Eric Bernardin

challengeSi vous êtes acheteur de vin, vous avez forcément vu cette étiquette apposée sur une bouteille. Personnellement, je n'ai eu à ce jour que des bonnes surprises en achetant des médailles d'Or provenant de ce concours. Jusqu'à samedi dernier, je n'avais pas vraiment idée de la façon dont elles étaient attribuées. Maintenant, je sais, puisque je faisais partie des quelques 900 jurés de ce concours. Récit.

L'histoire démarre il y a un peu plus d'un an. Un ami me dit qu'il est juré à ce concours.  Il me dit que je pourrais également l'être. Le problème, c'est qu'à l'époque, je suis chômeur, et que je ne sais pas si je vais trouver du travail dans trois jours, dix jours ou deux mois. Et si je vais travailler le samedi ou non (étant donné que je recherche avant tout un travail dans le commerce). Difficile de s'engager tout en n'étant pas sûr de pouvoir assurer. J'y renonce donc.
Depuis, j'ai retrouvé du travail. Et je suis libre le samedi. Du coup, j'ai pu m'inscrire sans arrière-pensée.  Tout en faisant bien attention de ne prendre aucun autre rendez-vous pour ce samedi 18. Deux jours plus tôt, je commence à me faire un post-it sur l'ordinateur, histoire de bien me le rappeler. Ce qui fait que la veille au soir, je pense à mettre le réveil à 5h45 pour être sûr d'arriver à l'heure. Le concours se passe à Bourg sur Gironde qui se trouve à 1H30 de la maison. En partant à  6h30, j'espère arriver à 8h15 sans problème. C'est normalement l'heure où tous les jurés doivent arriver. En fait à 9h, il manquait encore du monde à l'appel...

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A peine sorti de ma voiture, je vois cette nigelle de damas en fleur, encore couverte de rosée. Pas franchement à la bourre - je suis arrivé à 8h00 - je prends le temps de sortir mon appareil et de photographier cette beauté. Je remarque alors le voyant indiquant que la batterie est déchargée. Il va falloir que je sois économe en photos...

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L'évènement se passe au gymnase de Bourg. Celui-ci n'étant pas assez grand pour accueillir tout le monde, un grand chapiteau a été rajouté. C'est assez impressionnant. Je trouve ma table assez facilement. Nous sommes regroupés 4 par 4. Il y a en fait à chaque fois un technicien viti-oeno (ou un oenologue), un producteur, un caviste (ou grossiste, ou négociant) et un amateur. Bref, cela fait un petit "panel" avec un regard assez différent sur le vin dégusté.

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En face de moi, une viticultrice de Blaye et un amateur saint-émilionais. Il y avait à ma droite un courtier bordelais, certainement le plus expansif de mes 3 collègues (l'une était d'un sérieux un peu mortel et l'autre un brin intimidé). Contrairement aux années précédentes, il n'y avait pas besoin se se mettre d'accord sur la note à attribuer (et qui engendre ou non une médaille). Et c'était très bien ainsi, car je me suis aperçu que ce n'était pas évident d'arriver à une certaine harmonie. Chacun a donc noté de son côté, chargeant l'ordinateur à lecture optique de faire la moyenne et trancher...

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Pour chaque vin, il fallait cocher des cases permettant de caractériser le vin (fruité, épicé, bois, charpenté, vif, etc...) puis lui attribuer une note : entre 0 et 11, pas de médaille. A 12 ou 13 (vin agréable) : médaille de bronze. A 14 ou 15 (bon vin) : médaille d'argent. Au delà (très bon ou excellent) : médaille d'or. Pour finir, vu que nous avions une idée de son prix, dire si on conseillait de l'acheter ou non (pour faire court : il y avait plusieurs catégories intérmédiaires).

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Notre première série avait pour thème les vins blancs sud-américains. Il y avait trois cépages de représentés : chardonnay, sauvignon et viognier. Et trois pays différents : Argentine, Brésil et Chili. Dans l'ensemble, de bien belles surprises. Pour moi, aucun n'était indigne : ils ont donc eu au minimum 12. Et plus souvent 14. Un seul a obtenu 16. Mais comme mes collègues ne l'ont pas apprécié plus que cela, il aura l'argent, je pense. Pour les autres vins, je crois qu'ils étaient d'accord pour leur qualité. Ils ont donc dû tous donner les 12 point minimum. Bref, pour notre première série : 12 médailles pour 12 vins ;o)
La deuxième série, après un petit déjeuner qui nous a empêcher d'avoir la tête qui tourne avait pour thème les Côtes du Rhone Sud : Lirac, Gigondas et Châteauneuf du Pape. Le Lirac était bon (14). Les 3 Gigondas aussi (14 ou 15 selon les vins). Et j'ai adoré tous les Châteauneuf. Contrairement à mes collègues, très bordelais dans leur goût et qui ont noté sévèrement certains vins, je n'ai mis que des notes entre 16 et 18!!!
J'ai passé donc une bonne matinée, n'ayant bu que des vins agréables, voire très bons. Ce n'est pas le cas d'autres collègues que j'ai rencontrés, qui ont fait la soupe à la grimace sur beaucoup de vins (meilleure note de la matinée pour l'un de ceux-ci : 13 ! )Contrairement à ce que l'on pourrait penser, un jury peut donc donner plein de médailles à une série et aucune à une autre. Un vin est jugé pour sa valeur réelle et non pas par rapport à la valeur des autres vins. Un vin moyen au milieu de vins nuls n'aura donc normalement pas de médaille d'or.

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Nous avons fait ensuite une marche à travers Bourg pour rejoindre le lieu de restauration. Ce n'est vraiment qu'à ce moment-là que l'on prend conscience du nombre de personnes présentes à cette manifestation car tout le monde est regroupé au même endroit.

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Je suis avec mon ami Antoon et quelques uns des ses amis. L'ambiance est très animée et chaleuse. J'ai passé un bon moment en leur compagnie, d'autant que le repas tenait la route, ce qui est remarquable vu le nombre de convives.

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Tartare de Saint-Jacques à la crème verte
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Cuisse confite de canard
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Sablé au caramel

Evidemment, il y avait à boire : en fait les lauréats de l'année dernière. J'ai testé pas mal de choses (je me suis servi de l'herbe environnante pour cracher et vider mes verres), et je n'ai pas accroché sur grand chose. Ce qui m'a le plus plu est un vin portugais : un Touriga Nacional 2005 de Cortes de Cima. J'ai plutôt bon goût puisqu'il coûte tout de même 50€ la bouteille à la propriété (et plus de 60€ en France).

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Comment le décrire? Il est d'une densité assez impressionnante, et surtout d'une rare pureté de fruit. C'est velouté, charnel, avec un goût de revienzy assez impressionnant. Antoon l'a autant apprécié que moi. On a du se boire au moins la moitié de la bouteille. Une photo témoigne de l'effet produit par ce vin...

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La journée s'est finie ainsi. Je suis ensuite rentré à la maison en faisant un détour à Libourne pour faire quelques courses, n'ayant pu faire le marché le matin (certains produits fermiers vont me manquer cette semaine...).

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