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la ligne ferroviaire Paris-Granville non électrifiée ou comment nos anciens responsables politiques locaux ont raté le train

Publié le 21 avril 2009 par Avranches.infos @avranches_infos

Le TGV en Normandie ce n'est pas pour demain et l'électrification de la ligne Paris-Granville encore moins pour après-demain.
Telles sont les conclusions qui peuvent être tirées de la visite du secrétaire d'Etat au transport Dominique Bussereau à Caen le 6 avril dernier.
Des (grandes?) annonces ont été faites : projet de travaux sur la ligne Paris-Cherbourg pour gagner de 20mn en 2020 d'un montant de 4 milliards d'euros, reste que les financements sont encore à trouver ...
Sur l'autre ligne majeure bas-normande le Paris-Granville il est prévu d'aménager des doubles voies sur des tronçons entre Argentan et Folligny ... «à l'horizon 2015». Par contre rien d'officiel quant à l'électrification de la ligne.
Laurent Beauvais, président du Conseil Régional de Basse-Normandie, sur la question attend «d’ici l’été, un calendrier et un programme plus précis notamment pour l’électrification et l’accès à Montparnasse.»
Mais il faut pas s'attendre à des miracles vu l'état des finances publiques dans le pays.
Le réseau ferré en Basse-Normandie représente 700km de voies dont seulement un tiers est électrifié (237km). 
Ne sont pas encore électrifiés les tronçons Dreux-Granville (ligne Paris-Granville), Saint-Lô-Dol-de-Bretagne (ligne Caen-Rennes), Mézidon-Le Mans (ligne Caen-Tours) et Serquigny-Oissel (ligne Caen-Rouen).
Le coût de l’électrification à faire est évalué à environ 560M € (dont 160M€ pour des tronçons hors BN).
Les avantages de l’électrification seraient multiples : baisse des coût d’énergie (de 3 à 5 fois), réduction de l’impact environnemental (bruit, rejet de gaz à effet de serre), rapidité et fiabilité supérieure des trains à motorisation électrique.

Sur la ligne Paris-Granville, des trains électriques permettraient d’entrer directement en gare Montparnasse au lieu de Vaugirard distante de plusieurs centaines de mètres; les "diesel" sont interdits de séjour à la gare Montparnasse en raison de la pollution occasionnée dans les logements et les bureaux situés aux abords de la gare..
L’acquisition envisagée par la région Basse-Normandie de nouveau matériel roulant type bimode (propulsion diesel / électrique) sur la ligne Paris-Granville montre sa volonté et sa détermination dans cette voie. 

Mais sera-ce suffisant? 
Une double question se pose : celui de l’opportunité et du financement. 

Eut égard au nombre de voyageurs transportés chaque année, l’investissement est-il rentable?

Si oui qui financera? Quand on voit la difficulté de boucler le financement de la ligne Paris-Cherbourg qui transite par la capitale régionale, on peut s’interroger sur celui du Paris-Granville.
Cela met en relief les investissements non réalisés hier et qui pénalise la région et ses habitants aujourd’hui et demain.
A de nombreuses reprises sur ce blog, j’ai rappelé qu’à mon sens les élus bas-normands n’avaient pas été à la hauteur de leur tâche depuis les années soixante.

Pour faire simple. 


La Basse-Normandie et plus particulièrement le département de la Manche ont accueilli depuis les années 1960 de nombreuses installations nucléaires (centre de retraitement de la COGEMA>AREVA à la Hague, le centre d’enfouissement à Digulleville, les centrales de Flamanville). 


Alors que le territoire était sous équipé en infrastructures autoroutières et ferroviaires (électrique) et sous-industrialisé, nos responsables politiques de l’époque n’ont pas su «monnayer» avec l’Etat ces installation atomiques, potentiellement dangereuses et peu valorisantes en matière touristique.

La construction de voies modernes de communication en contre-partie de ces centrales auraient permis l’installation de grandes entreprises dans la région limitant l’effet de l’exode rural en gardant les jeunes au «pays».

Ces investissements réalisés par l’Etat pendant les «30 glorieuses» auraient été par ailleurs facilement supportés par la collectivité nationale.



La région et ses habitants payent cash l’absence de projection de ces élus, vraisemblablement plus attaché à leur intérêt personnel (conserver leur «baronnie») qu’à l’intérêt général (développement économique et social du territoire).

Un tout petit exemple près de chez nous. Il y a quelques décennies, Citroën envisageait de construire une usine automobile à Avranches. Le projet a vite été abandonné par le sénateur-maire de l’époque Léon Jozeau-Marigné trop inquiet des conséquences électorales avec une population ouvrière locale trop importante.


Les conséquence dans la Manche et dans la Basse-Normandie sont aujourd'hui tristement visibles :
 peu de lignes ferroviaires électrifiés alors que l’on dispose de deux centrales électro-nucléaires (peut-être un 3ème avec l'EPR), un réseau autoroutier constitué sur le tard et non terminé, ...

Dans la Manche, il existe peu de grosses entreprises à l’exception des installations nucléaires qui contribuent à 50% des recettes du Conseil Général, mettant le département dans une dépendance financière dangereuse ... 
Il va sans dire que les investissements non effectués dans le passé par l’Etat sont aujourd’hui principalement assurés par les collectivités locales et reposent donc donc sur moins de contribuables ...
L’effet social est terrible puisque faute de travail (qualifié) sur place, les jeunes diplômés quittent la Manche pour les métropoles régionales (Caen, Rennes, ..), la région parisienne voire l’étranger. 

On ne s’étonnera pas du vieillissement de la population dans le département, qui ne sera pas sans poser d’autres problèmes ...
Voilà le résultat simplifié, peut-être simpliste, de la situation liée à l’incompétence ou le manque de projection de nos anciens responsables et élus politiques.


On peut regretter de ne pas avoir eu sur le territoire normand un gars de la trempe d’Alexis Gourvennec, ce syndicaliste agricole et chef d’entreprise breton qui a su fédérer la classe politique régionale pour exiger de l’Etat le désenclavement de la Bretagne. 

On voit le résultat : des voies expresses traversant de part en part la Bretagne, des voies ferrées électrifiées qui accueillent depuis le TGV.
Pour conclure il existe une région en France où le TGV est absent : la Basse-Normandie.

Pas pour longtemps, car le TGV viendra à Avranches.
On peut le croire, c’est le maire d’Avranches qui l’a dit ...



sites internet utiles :


vidéo : le plan de transport ferroviaire en Basse-Normandie présenté lors de la visite de Dominique Bussereau à Caen (interviews du sénateur, président du CG de l'Orne Alain Lambert et de Laurent Beauvais, pdt du CR de Basse-Normandie) (source : France3 Basse-Normandie)


plan de transport SNCF en Basse-Normandie 2009-2020
envoyé par francois50300


dossier de presse des assises du transport ferroviaire : la région Basse-Normandie bouge les lignes

   

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