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Morceau choisi N°23 : l'andante con moto du 4ème concerto pour piano et orchestre en sol de Beethoven

Publié le 28 avril 2009 par Philippe Delaide

Je viens de m'apercevoir qu'il m'a fallu attendre la 23ème note sur le thème "Morceau choisi" pour évoquer ce qui constitue pour moi un des chefs d'œuvres absolus, à savoir l'andante con moto du concerto en sol pour piano de Beethoven (le 4ème).

Ce mouvement d'une audace inouie a une portée métaphysique considérable. Je ne peux m'empêcher de faire référence à celui qui constitue selon moi le meilleur interprète de ce mouvement, à savoir Wilhelm Backhaus qui, à son propos citait Hans Richter. Ce dernier appelait le 4ème de Beethoven le "concerto grec". Dans le cas précis du mouvement lent, il mentionne l'image de la conversation d'Orphée avec Hadès pour la libération d'Eurydice puis... l'ouverture des portes de l'Enfer...

Concernant l'opposition très marquée entre la véhémence de l'orchestre et la sérénité implacable du piano qui préside dans la première partie du mouvement, on évoque volontiers la confrontation de l'homme, mortel mais à la rectitude souveraine, avec la colère des Dieux. On peut aussi, ce qui est un leitmotiv des concertos de Beethoven, se référer à une certaine vision panthéiste, avec le rapport de force entre l'homme et le déchaînement d'un nature divine aux forces surnaturelles.

Les deux moments forts de ce mouvement sont indéniablement quand le piano remporte cette confrontation délaissant l'orchestre (minutage 2' 28" de la version ci-dessous) avant d'engager les célèbres trilles et arpèges effrayants (2' 55"). Martha Argerich évoque dans ses conversations nocturnes (cf. note du 27 décembre 2008), que c'est l'écoute de ce passage précis de l'andante qui lui a procuré de tels frissons en concerts (elle devait avoir 8 ou 10 ans) qu'elle eut alors la révélation de ce que serait sa vocation de pianiste.

Une autre particularité de ce mouvement est un final qui n'est absolument pas conclusif mais conduit, au contraire, avec la reprise de l'orchestre, à une gamme dont les huit notes jouées par le piano conduisent à une interrogation angoissante.

Faute d'une version par Whilhlem Backhaus complète, je vous propose celle-ci enregistrée par Maurizio Pollini avec Claudio Abbado à la tête de l'Orchestre du Festival de Lucerne.

Le grand pianiste italien est un des interprètes majeurs de ce 4ème concerto (cf. sa version de référence avec Karl Böhm) avec également Claudio Arrau (Direction : Colin Davis à la tête du Staastskapelle de Dresde).

Sinon, je recommande chaudement la magistrale version de Wilhelm Backhaus et Karl Böhm, rééditée récemment chez  Unitel en DVD et dont j'avais parlé dans la note du 7 mars 2007.


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