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Attraction-répulsion

Publié le 28 avril 2009 par Menear
J'ai souvent vu le plan mental de Coup de tête (partie un, partie deux, partie trois, partie quatre) comme une série de trajectoires (em)mêlées à diriger en vue panoramique hors champ. Le narrateur anonyme en est la tête, il dirige le mouvement, souvent aléatoire, parfois anarchique, mais il dirige, ça oui, en bon dysfonctionnant paroxystique transitoire qu'il est. Et dans sa quête de changement il s'évertue à trouver autre chose, à s'orienter vers d'autres horizons. Transitoire (il est), c'est important.
Se pose alors la question des autres. Les autres personnages rencontrés ne le sont pas, ils sont croisés plutôt. Ils vivent à côté de lui un moment, en périphérie, puis ils s'éclipsent, plus ou moins rapidement en fonction du rythme cardiaque qui anime le narrateur, en fonction de ses mouvements propres, de l'amplitude de ses pas. Personne ne restera (pourra rester) dans son sillage trop longtemps.
La trajectoire changeante de ses pas (narrateur) dépend beaucoup de ses interactions successives avec les autres personnages, croisés l'espace d'un quart de page ou plus, cinq pages ou moins. La gestion d'un tel parcours est juste chaotique. Le double-plan fixé noir sur blanc par l'imprimante n'aide pas vraiment à ce niveau là. Les pointillés sont bien là, esquissés critérium dans les marges papier, mais au centre, dans l'axe de ses pas, c'est une impulsion qu'il faut donner, c'est vers le mouvement qu'il faut tendre. Ce n'est pas (simplement) une histoire d'évènements à enchaîner les uns aux autres, c'est (surtout) une question de dynamique à tenir. Il faut la tenir.
A ce jour la partie I est terminée. La partie II en travaux, j'en ai terminé une version (laquelle ?) ce week-end, je vais probablement passer le mois de mai par dessus pour la revoir, la corriger, la reprendre. Jusque-là, je pensais être juste ; sans doute que je l'étais. Maintenant que la trajectoire n'est plus régulière, l'écriture est plus compliquée. Qu'est-ce qui pousse un corps à en poursuivre un autre ? Jusqu'où peut-il aller, pour combien de temps ? Lorsque la filature lâche, pour une raison ou une autre, qu'est-ce qui se déclenche à l'intérieur de la tête et des jambes ? Comment justifier qu'on puisse se laisser traîner par une ombre sur des kilomètres pour finalement rompre le fil d'un coup de regard (ailleurs) ? Comment suivre les dérives intérieures d'un personnage autre et les articuler naturelles sur la page ? C'est l'un des enjeux du texte. Peut-être (peut-être) que je passerai à côté. Pour l'instant, au vu de la version II actuelle, je sens que je n'y suis pas, pas tout à fait. A suivre.

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