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Anthologie permanente : Paul de Brancion

Par Florence Trocmé

L’eau ne coule plus
dans la source du bas
et j’ai peur de ne plus
jamais la voir revenir.
Les éléments ont inversé le cours des choses
en haut de la montagne tout en haut
entre les rochers
érodés roulés d’absence
le ruisseau est revenu.
Il a rempli son lit
               de cailloux
asséché depuis tant d’années.
Où va-t-elle ?
Où s’en va-t-elle
l’eau soudain réanimée
et le temps des choses révolues
s’éveille-t-il d’un vieux cauchemar
comme si l’envers incohérent
avait tari un instant le désespoir
de ce passage de l’eau claire
qui descend mais se perd
               n’arrive pas.
               Il ne reste rien.
Alors j’ai saisi un
roseau plein de sève caduque
accroupi, je bats le sol tout doucement
en appelant la pluie.

•••

Il y a des chemins
qui ne seront plus utilisés
quand le berger
qui passe chaque jour
sera mort.
Lentement la nature se refermera
sur eux
les allées et venues
cesseront.
Ceux qui passent là
depuis des millénaires
seront oubliés.

Paul de Brancion, Le Marcheur de l’oubli, avec un enregistrement du Marcheur de l’oubli, Cantates Profanes de Gilles Cagnard. Lanskine, 2006, pp. 16 et 21

isbn : 2-9525862-0-9 ; 18 €

bio-bibliographie de Paul de Brancion

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