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Hubert Nyssen, lettre à un ami et interview

Publié le 02 mai 2009 par Irigoyen
Hubert Nyssen, lettre à un ami et interview

Cher Hubert Nyssen,

Me voici arrivé à la fin de cette série. Durant ces douze chroniques, j'ai essayé de faire partager aux lecteurs du poing et de la plume l'estime que je vous porte depuis si longtemps. Douze chroniques qui pourraient être les douze mois de l'année. La démarche, au départ, n'était pas de copier la structure de Quand tu seras à Proust, la guerre sera finie parce qu'à l'époque je n'avais pas lu ce roman. Il s'agit donc d'une pure coïncidence. Et je sais combien ces simultanéités fortuites vous posent question.

La fin d'une série n'est pas la fin d'une histoire. Celle qui m'unit à vous par des liens d'amitié - comme vous le dites vous-même dans vos carnets du mois d'avril 2009 (lien) - va se poursuivre. Une partie de votre très conséquente bibliographie me demeure inconnue, ce dont je me réjouis car toute nouvelle entrée dans votre univers est un émerveillement.

Jamais je n'oublierai cette date du 2 avril 2009, lorsque Christine et vous m'avez accueilli dans votre merveilleux mas.

Hubert Nyssen, lettre à un ami et interview

Je crois être à même, désormais, de comprendre les lignes ci-dessous.

« En vérité, ce que m'a révélé ce mas, me persuadant ainsi qu'il était ma première et ma dernière demeure, c'est qu'il était complice d'une palpitation dont j'ai toujours pensé qu'elle était essentielle à la vie, celle qui fait alterner le clair et l'obscur, l'ouvert et le fermé, le bruyant et le silencieux. Depuis que nous y sommes installés, j'ai visité sous tous les climats maints pays, des grands qui ont des frontières et des petits qui n'en ont pas, et jamais je n'ai trouvé, au détour d'un chemin ou à la corne d'un bois, une maison pour les charmes et la complicité de laquelle j'aurais pu être infidèle au mas où je suis né, assez tard dans ma vie. »

Ce 2 avril 2009, j'étais donc dans mes petits souliers, heureux qu'un homme comme vous accepte, le plus simplement du monde, le principe d'une interview pour mon blog. L'idée, croyez-le bien, n'était pas de chercher quelqu'un d'important – ce que vous êtes à mes yeux –, susceptible d'attirer l'attention sur Le poing et la plume. Non, il s'agissait plutôt de rencontrer quelqu'un dont je sentais, à travers ses romans, ses essais, ses dialogues radiophoniques qu'il parlait à mon coeur.

Cette interview fut, comme je l'ai dit ensuite à Christine, un moment bouleversant. Oui, bouleversant parce que j'ai découvert un esprit vif, rigoureux, altruiste. Vous pourriez donner des leçons à de nombreux semblables revenus de tout.

Votre parcours, votre démarche méritent tellement qu'on s'y attarde. Mon plus grand souhait serait que les lecteurs de ce blog puissent méditer sur vos propos. L'audace de la curiosité me semble être le fil rouge de cet entretien. Alors que la pensée unique se diffuse partout, je crois qu'il y a là, plus que jamais, matière à réflexion.

Oui, Hubert Nyssen, vous êtes un grand Monsieur, ce terme que vous m'avez interdit d'utiliser parce que, comme vous me l'avez écrit dans un de vos mails, « il y a longtemps que je ne porte plus la cravate ». Ce sera donc Hubert, tout simplement !

Cet entretien, je le crois sincèrement, est une mine d'anecdotes que l'on pourrait écouter en boucle. D'autant que le timbre de votre voix – celle d'un homme de radio aussi – envoûte son auditeur à tout moment comme ici lorsque vous embrayez sur Cesare Pavese ou que vous nous parlez de ce vous lisez en ce moment.

A la fin de cet entretien, vous m'avez fait un cadeau que je garde précieusement à la maison: deux livres de Wallace Stegner. Deux opus d'une maison concurrente à la vôtre. C'est bien vous, ça ! Je n'ai pas encore découvert cet auteur, dont j'ignorais le nom avant de vous rendre visite. Mais je vous promets d'en faire une lecture aussi minutieuse que possible comme j'ai essayé de le faire avec vos écrits.

J'ai tout aimé dans cette rencontre. Aimé vous entendre lire Samuel Pepys – que je ne connaissais pas non plus, décidément -. Aimé vous entendre honorer la langue française, vous, le citoyen né belge qui nourrissait un complexe énorme vis-à-vis d'un idiome pourtant commun. Aimé vous entendre me parler d'Albert Cohen, ce formidable conteur mais visiblement imbuvable personnage.

Cher Hubert, je suis heureux de vous avoir rencontré et pouvoir vous compter au nombre de mes amis.

Portez-vous le mieux du monde.

A très vite,

William IRIGOYEN


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Marilyn
posté le 15 août à 07:20
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oui à condition de lui passer de la pommade, Hubert Nyssen est un grand monsieur en fait c'est un tout petit bonhomme sans talent qui cherche juste à gonfler son ego en recevant dans son grenier tout ce qui lui tombe sous la main pour le flatter c'est un bel imposteur

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