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"Poezibao a reçu", n° 79 (dimanche 10 mai 2009)

Par Florence Trocmé


Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.

Parmi les livres récemment reçus par Poezibao :
°Claire Malroux, traces, sillons, José Corti
°Kostas Axelos, ce qui advient, Encre marine
°Jean-Michel Maulpoix, pour un lyrisme critique, José Corti
°Elizabeth Barrett Browning, Sonnets portugais, Le Bruit du Temps Alexis °Alexis °Alexis Pelletier, 51 partitions de Dominique Lemaître, Tarabuste
°Jean-Pierre Colombi, Les Choses dicibles, Gallimard
°Dana Shishmanian, Exercices de résurrection, Hélices
°Tomislav Dretar, Aux portes de l’inaccessible, M.E.O.
°Alain Dantinne, Petit Catéchisme à l’usage des désenchantés, Finitude

Présentation complète de ces livres dans la suite de note

•Claire Malroux
traces, sillons
José Corti, coll. En lisant, en écrivant, 2009
19 €

« Traces. Ce sont, avant de devenir le mot associé à René Char et pour ainsi dire la signature de tout écrivain, les empreintes laissées par une bête sauvage, loup traversant un bois, ou les marques semées par un être humain afin, non seulement de se repérer dans l’univers obscur, mais de retrouver le chemin du retour aux origines. L’écrivain, en même temps qu’il crée les siennes, déchiffre celles qui jalonnent la littérature. Il creuse ainsi des sillons, cherchant sous la végétation qui a levé au passage l’élan initial profond imprimé en lui, sa permanence, son mystère. A ces deux dimensions, lire et écrire, d’une même poursuite, j’en ai joint une troisième qui m’est familière, traduire. Chacune de ces activités fait écho aux autres, j’ai adopté la forme du journal qui les mêle intimement, en me fiant à l’apport par ailleurs indispensables des rencontres et du hasard. «  (Claire Malroux, dos du livre)

•Kostas Axelos
ce qui advient
fragments d’une approche
Encre Marine, 2009
21 € - site de l’éditeur

 

« Il y va principalement de ce qui advient et non pas de tel ou tel advenir, de tel ou tel devenir ou du devenir en général. Le même advenir contient les possibilités de différencier ce qui advient. Advenu, advenant et à venir, en chacun de ses lieux, en chacun de ses moments, il reste non-dit, impliqué dans le vide et l'impliquant, animant le dire et l'agir qui également le façonnent.
Ce qui advient se tient aussi lié avec toutes nos actions et nos omissions quotidiennes et transquotidiennes, la fiction lui prêtant ses vêtements qui finissent par faire corps avec lui.
Depuis les temps immémoriaux, sans le savoir ou sciemment, l'humanité cherche le secret de l'« être » et l'enjeu du « devenir ». Des maîtres-mots agissant furent prononcés et suivirent leur cours. L'advenir lui-même ne peut pas être surplombé ni dans le présent ni dans le futur. Il provoque et inclut questions et réponses, interprétations et actions qui restent toutes en suspens. » (dos du livre)
Né le 26 juin 1924 à Athènes, Kostas Axelos, suit, parallèlement à ses études dans un lycée grec, l'enseignement de l’Institut Français d’Athènes et de l’École allemande. La Faculté dite de philosophie ne dispensant pas un enseignement de philosophie satisfaisant, il s’inscrit à la Faculté de droit. Mas, la guerre l’oriente vers la politique : sous l’occupation allemande et italienne il prend une part active à la Résistance et ensuite à la guerre civile comme organisateur, journaliste et théoricien communiste (1941-1945). Axelos se fait exclure du P.C. et est condamné à mort par une cour martiale. Il s’installe fin 1945 à Paris et poursuit des études de philosophie à la Sorbonne. De 1950 à 1957, il est chercheur au Centre national de la recherche scientifique (section philosophie). Ensuite, jusqu’en 1959, il continue à travailler à ses thèses, comme attaché de recherches à l’École pratique des hautes études. De 1962 à 1973, il enseigne la philosophie à la Sorbonne. Il publie – d’abord en grec, ensuite et principalement en français, mais en allemand aussi – des écrits, traduits au total en seize langues, et donne des conférences un peu partout dans le monde. La plupart de ses textes et de ses conférences sont incorporés dans ses livres.

Jean-Michel Maulpoix
pour un lyrisme critique
José Corti, 2009, coll. En lisant, en écrivant
19 € - site de l’éditeur

« Lyrisme critique : l’expression peut surprendre, tant il s’attache d’ordinaire au lyrisme une idée d’emportement peu propice à la réflexion. Et pourtant cette parole poétique fiévreuse et débordante, qui volontiers se nourrit de crises, ne saurait se réduire à l’épanchement d’une émotion. Elle porte de longue date la méditation à même le chant. Sous ses formes les plus modernes, elle constitue ce lieu critique où la poésie s’examine et se redéfinit elle-même. En vers comme en prose, elle se pose des questions essentielles qui touchent à son pouvoir, ses limites et sa valeur. Voici la résistance et le savoir du poème mis en cause, aussi bien que son volume et sa forme, sa musique et son phrasé, son aptitude à la célébration ou son rapport avec le quotidien. Ainsi l’étude du lyrisme engage-t-elle à décrire les enjeux de la poésie et à dénombrer ses biens pour affirmer la continuité et le sens de sa tâche. C’est là une manière de répondre à l’impuissance et au désarroi qui la frappent. »
Ce nouvel essai poursuit la réflexion engagée il y a vingt ans avec La voix d’Orphée (1989) et développée dans Du Lyrisme (2000) puis dans les deux autres volumes parus dans cette même collection, Le Poète perplexe (2002) et Adieux au poème (2005).(dos du livre)

Elizabeth Barrett Browning
Sonnets portugais
Traduction de l’anglais et présentation de Claire Malroux
Le Bruit du Temps, 2009
13 € - sur le site de l’éditeur

« Elizabeth Barrett écrit les Sonnets portugaispendant les vingt mois qui séparent la première lettre reçue de Robert Browning, le 10 janvier 1845, de leur mariage en septembre 1846. Elle attendra plusieurs années avant de les montrer à son mari. Aussi célèbres en Angleterre que les sonnets de Shakespeare, ces poèmes d’amour appartiennent pleinement au mythe, et c’est à ce titre que Rilke ira jusqu’à apprendre l’anglais pour les traduire. Claire Malroux écarte le voile de la légende, et montre que l’authentique poète qu’était Elizabeth Barrett « ne s’est pas perdu dans la femme ». Ces Sonnets sont le lieu d’une conversion : elle doit y chasser la mort et la résignation dans laquelle se complaisait jusque-là sa poésie, pour faire place à l’avènement d’un sentiment vrai, partagé, charnel. D’où la modernité de ces poèmes, traversés de nombreux mouvements, interrogations, contradictions sous le frémissement desquels la rigidité de la forme se défait, le langage corseté se délie. Le goût de la sensation vraie, qui se traduit par une grande liberté et audace de parole, fait d’elle une iconoclaste consciente (Virginia Woolf). (site de l’éditeur)

Alexis Pelletier
51 Partitions de Dominique Lemaître
Tarabuste Editeur, 2009
13 €

Sur ce livre, voir la note de lecture d’Antoine Emaz. En lire aussi deux extraits.

Jean-Pierre Colombi
Les choses dicibles
(1994-2004)
Gallimard, 2009
19 €

Après Leçons de Ténèbres, 1980, Allégories de l’automne et des autres saisons, 1985 et La Sorte d’ombre, 1996, un nouvel opus de Jean-Pierre Colombi, aux éditions Gallimard. « Je sens la saveur de ma vie se perdre/et que rien n’aura duré de la mer/sauf un rêve indu que les vagues meuvent » (p. 195)

Dana Shishmanian
Exercices de résurrection
Hélices, coll. poètes ensemble, 2008
9 €

Le premier recueil de Dana Shishmanian, construit à partir d’un choix opéré par Emmanuel Berland : « puis-je en vouloir à ma mère de m’avoir mise au monde/d’avoir ouvert ce puits-là de larmes.. » (Dos du livre)

Tomislav Dretar
Aux portes de l’inaccessible
Na vratima nedostupnog

Poèmes – Pjesme
Traduit du croate par l’auteur et Gérard Adam
éditions Mode Est-Ouest, 2009

Poète et critique, Tomislav Dretar est né en Croatie en 1945. Il est aussi traducteur (Baudelaire, Perec, Cayrol, Cliff, Celan, etc.). Menacé de mort par les ultranationalistes durant la guerre, il a été contraint de fuir en Belgique, où il vit encore aujourd’hui. Les poèmes de ce livre datent de 1980-1984 et ont été publiés dans trois recueils séparés, disparus dans la tourmente de la guerre.

Alain Dantinne
Petit Catéchisme à l’usage des désenchantés
Editions Finitude (Bordeaux), 2009
11, 50 € - sur le site de l’éditeur

Recueil d’aphorismes, dans la lignée de Marcel Mariën ou Louis Scutenaire, pastichant, par sa forme, les livres pieux d’antan : couverture imprimée à l’encre argentée, encadrements à toutes les pages et images pieuses nées de l’imagination de Claude Ballaré.
Les 182 aphorismes du Petit catéchisme, divisés en 14 sections (religion, amour, suicide, morale, égotisme, métaphysique...), sont accompagnés de superbes collages dus au talent de Claude Ballaré.


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