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Cannes 2009, Jour 1 : Un voyage en ballons...

Publié le 14 mai 2009 par Boustoune


Le 62ème festival de Cannes a pris son envol ce soir, au sens propre comme figuré. Déjà avec la présentation du jury et des festivités, lors d'une cérémonie d'ouverture assez sobre et placée sous le signe de l'émotion. Mais surtout avec un impressionnant lâcher de ballons sur la Croisette, pour accompagner la projection en avant-première de Là-Haut.
Comme son nom l'indique, le nouveau film de Pete Docter, déjà auteur de Monstres & Cie, tutoie les sommets, tout près des étoiles de l'animation.

Le studio Pixar démontre qu'il a toujours une longueur d'avance sur ses concurrents en terme de textures et de fluidité d'animation. Une fois n'est pas coutume, tout est soigné jusque dans les moindres détails, des brins d'herbe aux pelages des animaux, des paysages extérieurs, sublimes, aux plus infimes éléments du décor. Le relief, loin de rechercher à tout prix l'effet choc et les objets qui sortent de l'écran, joue au contraire intelligemment sur la profondeur de l'image, et cherche à communiquer aux spectateurs une certaine sensation de vertige. Mais attention, on est loin, quand même de l'exceptionnelle introduction de Volt, star malgré lui et ce relief qui refuse le sensationnel risque fort de décevoir les amateurs de 3D pure et dure.

L'histoire risque aussi de décontenancer par rapport aux autres oeuvres Pixar, car elle est assez inhabituelle et prend plusieurs virages inattendus. Son point de départ ? Un vieillard sur le point d'être placé de force en maison de retraite décide de faire décoller sa maison à l'aide de centaines de ballons gonflés à l'hélium, et part à l'aventure, réalisant son rêve d'enfant. En parlant de mioche, il va devoir en supporter un pendant tout le voyage, un jeune scout un peu collant et bavard. Celui-ci, ainsi qu'un étrange duo animalier rencontré en chemin, vont lui redonner le goût à la vie.
Il en résulte une oeuvre au rythme assez étrange, alternant péripéties un peu forcées, comme les passages obligés d'un jeu vidéo – d'ailleurs il en sortira un en même temps que le film... - et séquences plus lentes, plus banales.
Alors raté, le nouveau Pixar? Non, pas vraiment... Moins réussi que WALL-E, Toy Story ou Ratatouille, assurément. Mais supérieur à bien des films en terme d'inventivité et de sensibilité.
On admirera la façon dont les animateurs parviennent à rendre émouvants, voire même bouleversants, des personnages virtuels, entièrement constitués de pixels. Et pourtant, ce n'était pas gagné... De prime abord, il n'est pas particulièrement attachant, ce Carl Frederiksen, vieux ronchon vivant seul avec ses souvenirs. Mais justement, le début du film, qui retrace toute sa vie, ses occasions manquées, les petites joies et petits tracas du quotidien, les blessures insurmontables, le deuil, etc... est une petite merveille de subtilité qui parvient à parfaitement définir le personnage et ses frustrations.
Ce portrait d'une grande finesse, et la relation qui se noue entre le vieil homme et l'enfant, sont les deux qualités principales du film. Pas sûr que les plus jeunes adhèrent à cet univers assez adulte, teinté d'une certaine amertume. Ils se rabattront sur les personnages secondaires, sur quelques gags et sur les péripéties finales du récit.

Il est donc probable que
La-Haut n'atteigne pas les hauteurs espérées au box-office, mais il n'en demeure pas moins un film d'animation très plaisant et plus profond que bien des divertissement. En somme, une oeuvre tout à fait de circonstance pour lancer un festival aussi prestigieux que celui de Cannes.



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