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DEPECHE MODE STORY : Ultra

Publié le 19 mai 2009 par Devotionall

DEPECHE MODE STORY Part 12 : Ultra (1997)




ULTRA, l’album de la rédemption ? Ou simplement l’album de la continuation, celui que l’on attendait plus, et qui a pour tâche principale de poser de nouveaux jalons, pour la suite de notre histoire de « Depeche Mode » ? Enfin délivré de son addiction à l’héroïne, Dave Gahan trouve le temps et la force de poser sa voix sur les morceaux écrits, comme à l’habitude, par Martin Gore ( qui lui boit de plus en plus, au point de flirter avec le coma éthylique chaque semaine ) et prend même des cours de chant pour être à la hauteur. Le groupe recourt à Tim Simenon pour être le producteur du disque. Bonne nouvelle, Tim est un grand fan des Mode dont il connait par cœur la carrière ( il a d’ailleurs remixé Strangelove en 1989 ) et un excellent musicien qui verse dans l’electro ( ne me dites pas que vous ignorez qu’il est le démiurge de « Bomb the bass », tout de même ! ). Comme dans toutes ses productions, il va insuffler un tempo lent et lourd, un beat poisseux et inquiétant, aux compositions de Martin, dénaturant peut être l’aspect pop de l’esprit Depeche Mode (encore que…) mais trouvant de la sorte le compromis idéal pour relancer la carrière d’un groupe qui est passé bien près de l’implosion et a perdu en route un autre de ses membres ( Alan ). Le premier single extrait de ULTRA est « Barrel of a gun », ou Gahan narre une descente aux enfers presque régie et voulue par le destin, sans qu’il ne puisse s’opposer à une décadence inévitable. Voix distordus, ambiance étouffante, vidéo remarquable et malsaine, c’est un coup de maître artistique qui prend le risque de dérouter les fans d’antan mais qui artistiquement parlant donne d’emblée une crédibilité intouchable au nouveau Lp.

La douceur relative, le romantisme voilé de beaucoup de morceaux, cachent toujours un fond noir et tourmenté sur Ultra. Ainsi de Home, cette balade signée Gore et rehaussée par des violons, qui a en fait pour sujet la mort, dernière demeure par excellence. Comme ce superbe « Sister of night », d’une beauté électro glaciale, qui se réfère à une forme non déterminée, mais facilement imaginable, d’addiction mortifère. « Useless » est une claque aux leçons faciles dotée d’une batterie martiale et d’accents rocks sans fards. Le ton s’apaise juste sur des titres comme « The love thieves » et son final lumineux, avec sa guitare que ne renierait pas Robert Smith des Cure. Ou sur « The bottom line » ou apparait naturellement ( et pourtant nous parlons bien de DM, figure synthétique s’il en est… ) la « pedal steel » qui propulse le morceau au rang d’ovni folk. Les deux titres les plus Modesques sont en fait « It’s no good », single évident et ironique qui se gausse du succès du groupe, avec notamment un clip parodique à souhait. Et « Insight » en guise de final, où les voix de Gore et Gahan se cherchent et se trouvent pour une sorte de confession intime des plus touchantes. Ultra, mais Ultra quoi, pour conclure ? Peut être Ultra authentique, tant il semble évident que rien, aucune épreuve, ne semble pouvoir entamer la rigueur et l’inventivité d’un groupe qui se renouvelle sans cesse sans la moindre faute de goût. La note est très personnelle et beaucoup auront à y redire, mais je considère ce disque comme une réussite totale et sans conteste, un pur joyau noir. (8/10)

DEPECHE MODE STORY : Ultra


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