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La critique de la morale

Publié le 22 mai 2009 par Jcgbb

On appelle moral ce qui est digne d’être fait, ce qui est noble, élevé — est moral ce qui a de la valeur. La morale en ce sens ne décrit pas ce que les hommes font, mais ce qu’ils devraient faire. La morale n’est pas descriptive, mais prescriptive. Or, généralement, est considéré comme bon ou bien ce que l’on fait pour les autres. Est bon celui qui pense aux autres, agit pour les autres. L’homme moral est altruiste.

Comment critiquer la plus belle chose qu’on soit capable de faire ? Qu’y a-t-il de mal à être bon avec les autres ? La critique de Nietzsche se résume à deux arguments fondamentaux : la morale est immorale, d’une part parce qu’elle est fausse, d’autre part parce qu’elle est nuisible. Soit elle est mensongère, soit elle est mauvaise.

L’action morale le plus souvent est immorale — elle n’est pas faite pour l’autre mais pour soi. L’altruiste est égoïste, l’homme apparemment désintéressé travaille à son intérêt. Nietzsche montre qu’il y a au moins deux raisons d’être altruiste pour de mauvaises raisons : un excès d’amour de soi, un excès de haine de soi.

Les hommes, bien souvent, sont moraux parce qu’ils sont faibles et qu’ils ont peur — gentillesse, solidarité, charité, bienveillance, prévenance : nous essayons d’être tout cela, parce que nous avons besoin qu’on le soit avec nous en retour. Penser aux autres, en ce cas, c’est penser à soi ; être bon c’est vouloir qu’on le soit avec soi. Etre désintéressé, c’est penser à ses intérêts — la morale a pour fondement l’amour de soi.

Mais penser aux autres est souvent, aussi, fuite de soi, désir d’échapper à soi, manque de courage de se prendre en charge ou de prendre en main sa destinée. Ici, la morale a pour fondement la haine de soi. Je ne suis alors proche des autres qu’en me fuyant ; je pense aux autres pour ne pas penser à moi. Un des préceptes de la morale de Nietzsche sera à l’inverse d’être ami de soi.

Nietzsche craint enfin que nos biens ne soient parfois des maux. Bonté, gentillesse, pitié, que nous croyons bonnes pour l’autre, efficaces, consolatrices, sont pour lui nuisibles, perverses, amollissantes. La morale a des effets pervers sur les hommes : elle les rend égoïstes, douillets, tyranniques — en étant bons avec eux, on les rend méchants et faibles… Paradoxe : il faut être immoral pour rendre les hommes moraux…

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